Summa Theologiae, Prima Secundae, Q. 13
Présentation
Cette question traite de : Du choix
Structure scolastique
La réponse à cette question suit la méthode scolastique traditionnelle :
- Objections : Arguments contre la position qu'on défendra
- Sed Contra : Arguments en faveur de la position défendue
- Corpus : La réponse développée de Saint Thomas
- Responsiones : Réfutations des objections
Contenu détaillé
La nature du choix
Le choix (electio) est un acte proprement humain qui résulte de la délibération. Saint Thomas définit le choix comme un désir délibéré de ce qui est reconnu comme moyen en vue d'une fin. Il se distingue de la simple volonté en ce qu'il implique une sélection consciente entre plusieurs possibilités. Le choix présuppose la connaissance de plusieurs moyens possibles et la capacité à les évaluer selon la raison. C'est précisément ce qui rend le choix un acte spécifiquement humain, puisqu'il engage à la fois l'intelligence et la volonté.
Les éléments constitutifs du choix
Le processus du choix comporte plusieurs étapes distinctes : d'abord la considération des fins, ensuite la délibération sur les moyens appropriés, puis l'intention d'une fin, et finalement le consentement au moyen délibéré. Saint Thomas souligne que le choix porte toujours sur les moyens, non sur la fin elle-même. La vertu de prudence joue un rôle essentiel dans ce processus en aidant la raison à discerner les meilleurs moyens. Sans cette délibération rationnelle, il ne peut y avoir de véritable choix, mais seulement une impulsion ou une habitude.
Le rôle de la raison et de la volonté
La raison intervient dans le choix en tant qu'elle juge et propose les différents moyens possibles, tandis que la volonté accepte ou rejette ces propositions. C'est un véritable dialogue entre ces deux puissances de l'âme. La volonté libérée par la grâce peut alors choisir conformément à la vertu. Saint Thomas insiste sur le fait que sans la participation de la raison, il ne peut y avoir de choix véritable, car le choix suppose une certaine connaissance du bien à poursuivre et du mal à éviter.
L'importance morale du choix
Le choix est intimement lié à la responsabilité morale de la personne. C'est par le choix que l'homme actualise sa liberté et engage sa responsabilité éthique. Chaque choix reflète l'état de l'âme et contribue à former le caractère moral de la personne. C'est pourquoi Saint Thomas considère que le choix revêt une importance capitale dans la vie morale et spirituelle. Les mauvais choix répétés engendrent les vices, tandis que les bons choix, soutenus par la grâce, édifient les vertus et conduisent vers la perfection morale.
La liberté du choix
Saint Thomas affirme que le choix est essentiellement un acte libre. Cette liberté du choix repose sur la capacité de l'homme libre à délibérer rationnellement. Aucune cause externe ne peut forcer le choix d'une personne sans détruire sa nature d'agent moral. La liberté du choix est donc une condition sine qua non de la moralité, et elle nous permet d'être vraiment responsables de nos actes. C'est ce qui distingue l'homme des créatures dénuées de raison, qui agissent selon leur nature sans pouvoir délibérer ni choisir.
Connexions thématiques
Cette question s'inscrit dans la Première Partie de la Seconde Partie de la Somme Théologique, qui traite de la moralité, des vertus, des passions et de la loi.
Références
- Saint Thomas d'Aquin, Summa Theologiae, Prima Secundae, Question 13
Q. 13 - Du choix
Saint Thomas examine le choix (electio), acte central du libre arbitre par lequel l'homme décide des moyens pour atteindre sa fin.
Introduction
Cette question traite du choix comme acte proprement humain, combinant l'intellect et la volonté. Le choix manifeste essentiellement la liberté humaine et constitue le cœur de la moralité des actes.
La nature du choix
Le choix est l'acte par lequel, après délibération, on préfère un moyen à un autre pour atteindre une fin. Il présuppose la connaissance de la fin et l'examen des moyens. Le choix porte essentiellement sur les moyens, non sur la fin ultime qui est voulue nécessairement.
Le choix est-il un acte de la volonté ou de la raison
Le choix est essentiellement un acte de la volonté éclairée par la raison. Il appartient à la volonté comme à son principe, mais suppose le jugement de l'intellect pratique qui détermine quel moyen est le meilleur. Le choix est donc un "appétit délibératif" (Aristote).
Le choix porte-t-il seulement sur les moyens
Le choix porte proprement sur les moyens ordonnés à la fin, non sur la fin ultime elle-même. Cependant, une fin intermédiaire, en tant qu'elle est moyen pour une fin ultérieure, peut être objet de choix. C'est dans l'ordre des moyens que s'exerce notre liberté.
Le choix porte-t-il seulement sur les actes humains
Le choix porte proprement sur nos propres actes, car ce sont eux que nous contrôlons directement. Nous pouvons cependant choisir certains effets de nos actes dans la mesure où ils dépendent de nous. Mais nous ne choisissons pas à proprement parler ce qui ne dépend pas de notre pouvoir.
Le choix porte-t-il seulement sur le possible
Le choix ne peut porter que sur ce qui est possible et en notre pouvoir. On ne choisit pas l'impossible ni ce qui est absolument nécessaire. Le choix suppose la contingence et la possibilité d'agir autrement. Cette limitation du choix au possible est conforme à la raison.
L'homme choisit-il nécessairement ou librement
L'homme choisit librement, c'est-à-dire sans nécessité absolue. Bien que sa volonté soit naturellement orientée vers le bien et la béatitude, elle n'est pas déterminée nécessairement à choisir tel moyen particulier plutôt que tel autre. Cette liberté du choix est le fondement de la responsabilité morale.
Le choix précède ou suit le jugement de la raison
Le choix suit le jugement pratique ultime de la raison. La raison délibère, juge, et propose à la volonté le meilleur moyen. La volonté accepte ce jugement par le choix. Cependant, la volonté peut aussi mouvoir la raison à juger de nouveau si le premier jugement ne lui plaît pas, tant que le choix final n'est pas posé.
Le rôle du choix dans la vie vertueuse
Le choix droit, guidé par la prudence et ordonné aux vertus, est essentiel à la vie morale. Les vertus morales perfectionnent le choix en disposant la volonté à choisir constamment le bien véritable selon la droite raison éclairée par la grâce.
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- Actes Humains - Volonté, Intention et Choix mentionne ce concept
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