Traduction française : plaisir
Traduction anglaise : pleasure, delight
Grammaire : noun, f., 3rd declension
Exemple d'utilisation
Voluptas non est summum bonum.
Étymologie
From velle (wish), indicating what un desires
Contexte linguistique
Le mot latin voluptas appartient à la riche tradition de la langue latine, langue liturgique et classique qui a façonné la culture occidentale pendant plus de deux millénaires.
Importance dans la tradition
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Utilisé dans les textes liturgiques et doctrinaux
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Racine de nombreux mots français et européens
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Témoin de l'évolution linguistique indo-européenne
Mots apparentés
Utilisation dans la liturgie
Le latin voluptas peut apparaître dans les prières, les hymnes et les textes liturgiques de l'Église catholique, témoignant de la richesse du patrimoine linguistique chrétien.
Références
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Latin ecclésiastique
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Tradition liturgique
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Étymologie indo-européenne
Le substantif voluptas dérive du verbe volo, velle (vouloir, désirer) avec le suffixe -ptas (variante de -tas), désignant ce qui est désiré, ce qui plaît. La racine exprime l'idée de satisfaction des désirs, de plaisir obtenu par la réalisation de ce qu'on veut. Le terme est apparenté à voluntas (volonté), mais tandis que voluntas désigne la faculté de vouloir, voluptas désigne la satisfaction, le plaisir résultant de l'obtention de ce qu'on désire.
Le mot voluptas a donné en français "volupté", avec une connotation souvent sensuelle, ainsi que "voluptueux". En latin classique, le terme pouvait désigner tout plaisir, des plus spirituels aux plus sensuels, mais il fut progressivement associé plus particulièrement aux plaisirs corporels et sensuels.
Signification philosophique et morale
Le plaisir dans la philosophie antique
La philosophie épicurienne faisait de la voluptas le souverain bien, identifiant le bonheur à l'absence de douleur (aponia) et au plaisir modéré. Épicure enseignait cependant que les plaisirs de l'âme sont supérieurs à ceux du corps, et que la vraie volupté consiste dans l'ataraxie, la tranquillité de l'esprit.
Les Stoïciens, au contraire, rejetaient le plaisir comme fin de la vie morale, lui préférant la vertu comme seul bien véritable. Cicéron, dans les Tusculanes, critique l'hédonisme qui fait du plaisir le but de l'existence. Cette tension entre recherche légitime du bonheur et méfiance envers les plaisirs sensuels marquera profondément la réflexion chrétienne ultérieure.
La doctrine chrétienne du plaisir
La théologie catholique adopte une position nuancée sur la voluptas. Elle ne rejette pas le plaisir en soi, reconnaissant qu'il fait partie de la création divine et qu'il a sa place légitime dans la vie humaine. Cependant, elle subordonne le plaisir à des fins supérieures et met en garde contre la recherche désordonnée des plaisirs qui détourne de Dieu.
Saint Thomas d'Aquin, dans la Somme théologique (Ia-IIae, q. 31-34), traite longuement de la delectatio (délectation, plaisir). Il distingue les plaisirs corporels (voluptates corporales) et les plaisirs spirituels (delectationes spirituales). Les seconds sont supérieurs et plus parfaits que les premiers. Le plaisir n'est pas mauvais en soi, mais il doit être ordonné selon la raison et la vertu.
Le péché ne consiste pas dans le plaisir lui-même, mais dans sa recherche désordonnée, détachée de la fin véritable de l'homme qui est Dieu. Saint Augustin enseigne que "le péché, c'est l'abus des biens créés", c'est-à-dire leur usage désordonné, recherchés pour eux-mêmes plutôt que rapportés à Dieu.
Les plaisirs ordonnés et désordonnés
La morale catholique distingue les plaisirs légitimes des plaisirs illicites. Sont légitimes les plaisirs qui accompagnent les actes vertueux ordonnés à leur fin propre: le plaisir de manger et boire avec tempérance, le plaisir conjugal dans le mariage ordonné à l'union des époux et à la procréation, le plaisir de l'amitié vertueuse, les plaisirs esthétiques élevés.
Sont désordonnés les plaisirs recherchés en dehors de leur contexte légitime ou de manière excessive: la gourmandise (gula), la luxure (luxuria), l'ivrognerie, tous les plaisirs sensuels séparés de leur finalité naturelle. Le Catéchisme enseigne: "Les passions sont moralement bonnes quand elles contribuent à une action bonne, et mauvaises dans le cas contraire" (CEC 1768).
Usage spirituel et ascétique
La mortification et le renoncement
La tradition spirituelle chrétienne, particulièrement dans le monachisme, a développé une pratique de mortification visant à maîtriser les appétits désordonnés du plaisir. Le renoncement aux plaisirs illicites, voire parfois à des plaisirs licites, fait partie de l'ascèse chrétienne ordonnée à la purification du cœur.
Saint Paul écrit: "Castigo corpus meum et in servitutem redigo" (1 Corinthiens 9, 27) - "Je traite durement mon corps et le tiens assujetti", exprimant la nécessité de discipliner les appétits corporels. Le jeûne, l'abstinence, la continence volontaire sont des moyens traditionnels de maîtrise des plaisirs sensibles.
Cependant, l'Église a toujours condamné le manichéisme qui considère la matière et le corps comme intrinsèquement mauvais. La mortification chrétienne n'est pas mépris du corps, mais éducation des appétits sensibles pour les ordonner à la charité.
Les plaisirs spirituels
La spiritualité chrétienne enseigne que les plus hauts plaisirs sont spirituels: la joie de la contemplation divine, la consolation de la prière, la paix intérieure de la bonne conscience, la délectation dans la méditation des Écritures. Ces delectationes spirituales surpassent infiniment les plaisirs corporels en intensité et en durée.
Saint Augustin confesse dans les Confessions: "Tard je t'ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle! Tard je t'ai aimée! Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors, et c'est là que je te cherchais." Il découvre que la vraie joie se trouve en Dieu, non dans les créatures.
Saint François de Sales, dans le Traité de l'amour de Dieu, décrit les "saintes délectations" de l'amour divin qui comblent l'âme au-delà de toute mesure. La contemplation mystique procure une suavité spirituelle qui éclipse tous les plaisirs terrestres.
La béatitude éternelle
La théologie enseigne que la béatitude éternelle inclura une voluptas parfaite, délectation suprême dans la vision et la possession de Dieu. Saint Thomas écrit que la vision béatifique sera accompagnée d'une joie parfaite (gaudium) et d'une délectation sans mélange.
Cette joie céleste ne sera pas l'abolition du plaisir mais son accomplissement parfait et spiritualisé. Même les corps ressuscités participeront à cette béatitude, les sens glorifiés jouissant de leur objet propre de manière transfigurée.
Doctrine morale
La tempérance
La vertu de tempérance (temperantia) règle l'appétit des plaisirs selon la raison droite. Elle modère l'attraction vers les plaisirs sensibles, particulièrement ceux du toucher (plaisirs de la table et plaisirs sexuels). La tempérance ne supprime pas le plaisir mais l'ordonne, permettant de jouir des biens créés sans en devenir esclave.
Le Catéchisme enseigne: "La tempérance est la vertu morale qui modère l'attrait des plaisirs et procure l'équilibre dans l'usage des biens créés" (CEC 1809). Elle assure la maîtrise de la volonté sur les instincts et maintient les désirs dans les limites de l'honnêteté.
Contre l'hédonisme
La morale catholique rejette l'hédonisme contemporain qui fait du plaisir la fin ultime de l'existence. Cette recherche effrénée du plaisir conduit à l'asservissement aux passions, à l'épuisement dans la jouissance, au désespoir final devant l'impossibilité de satisfaire pleinement le désir humain qui est fait pour l'infini.
Seul Dieu peut combler le cœur humain. Les plaisirs créés, même légitimes, ne sont que des reflets imparfaits de la béatitude divine. Augustin le formule magnifiquement: "Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu'il ne repose en toi."
Articles connexes
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voluntas : volonté, désir, racine commune
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delectatio : délectation, plaisir
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gaudium : joie spirituelle
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temperantia : tempérance, modération des plaisirs
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concupiscentia : convoitise désordonnée
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castitas : chasteté, maîtrise des plaisirs sexuels
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sobrietas : sobriété, modération
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beatitudo : béatitude, bonheur parfait
Références
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Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ia-IIae, q. 31-34
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Saint Augustin, Confessions
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Catéchisme de l'Église catholique, n° 1768, 1809
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Philosophie antique: Épicure, Stoïciens, Cicéron
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Tradition spirituelle et ascétique chrétienne
Contexte linguistique
Le mot latin voluptas appartient à la riche tradition de la langue latine, langue liturgique et classique qui a façonné la culture occidentale pendant plus de deux millénaires.
Importance dans la tradition
- Utilisé dans les textes liturgiques et doctrinaux
- Racine de nombreux mots français et européens
- Témoin de l'évolution linguistique indo-européenne
Mots apparentés
- voluntas : volonté, désir
Utilisation dans la liturgie
Le latin voluptas peut apparaître dans les prières, les hymnes et les textes liturgiques de l'Église catholique, témoignant de la richesse du patrimoine linguistique chrétien.
Références
- Latin classique
- Latin ecclésiastique
- Tradition liturgique
- Étymologie indo-européenne
Ce mot fait partie du glossaire latin complet de l'encyclopédie Tradiland, qui recense les principaux termes latins utilisés dans la tradition chrétienne et classique.