Traduction française : volonté, désir
Traduction anglaise : will, wish, desire
Grammaire : noun, f., 3rd declension
Exemple d'utilisation
Voluntas dei fiat.
Étymologie
From volo (wish) + -untas, abstract noun suffix
Contexte linguistique
Le mot latin voluntas appartient à la riche tradition de la langue latine, langue liturgique et classique qui a façonné la culture occidentale pendant plus de deux millénaires.
Importance dans la tradition
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Utilisé dans les textes liturgiques et doctrinaux
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Racine de nombreux mots français et européens
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Témoin de l'évolution linguistique indo-européenne
Mots apparentés
- voluptas : plaisir
Utilisation dans la liturgie
Le latin voluntas peut apparaître dans les prières, les hymnes et les textes liturgiques de l'Église catholique, témoignant de la richesse du patrimoine linguistique chrétien.
Références
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Latin ecclésiastique
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Tradition liturgique
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Étymologie indo-européenne
Le terme voluntas est formé à partir du verbe volo, velle, volui (vouloir, désirer) avec le suffixe abstrait -untas (variante de -tas), qui sert à former des substantifs exprimant une qualité ou un état. La racine verbale vel- remonte au proto-indo-européen *welh₁-, signifiant "choisir, désirer". Ce même radical a donné en anglais "will" et en allemand "wollen".
La voluntas désigne donc la faculté de vouloir, l'acte de la volonté, mais aussi l'intention, le désir, le bon plaisir. Le terme a donné en français "volonté", "volontaire", "bénévole" (de bene volens, qui veut bien), et de nombreux dérivés philosophiques et juridiques. Le latin connaissait également l'adjectif voluntarius (volontaire, spontané) et le verbe volo avec ses composés: nolo (ne pas vouloir), malo (préférer).
Signification théologique et philosophique
La volonté dans l'anthropologie philosophique
Dans la tradition philosophique gréco-latine, la voluntas est reconnue comme l'une des deux facultés supérieures de l'âme humaine, avec l'intellect (intellectus). Aristote avait distingué la partie rationnelle de l'âme, capable de délibération et de choix. Les penseurs latins, particulièrement Cicéron et Sénèque, développèrent une réflexion approfondie sur la volonté comme faculté spécifiquement humaine, siège de la liberté et de la responsabilité morale.
Les Stoïciens, notamment Marc Aurèle, placèrent la volonté au centre de la vie morale: ce qui dépend de nous, c'est notre volonté, notre assentiment intérieur. La sagesse consiste à conformer sa volonté à l'ordre rationnel de l'univers. Cette conception influencera profondément la pensée chrétienne ultérieure.
La volonté humaine dans la théologie chrétienne
Saint Augustin développa une théologie de la volonté qui marquera définitivement la pensée occidentale. Dans les Confessions et le De libero arbitrio, il analyse la volonté (voluntas) comme le siège de la liberté humaine, mais aussi comme marquée par le péché originel. La volonté déchue ne peut, par ses seules forces, se tourner vers Dieu: elle a besoin de la grâce prévenante qui guérit et élève.
Saint Thomas d'Aquin, dans la Somme théologique (Ia, q. 19 pour la volonté divine; Ia, q. 82-83 pour la volonté humaine), définit la volonté comme "l'appétit rationnel", la faculté qui tend vers le bien connu par l'intellect. La volonté est naturellement ordonnée au bien universel, qui est Dieu. Toutefois, elle peut se détourner de sa fin par un choix désordonné des biens particuliers.
La théologie distingue plusieurs actes de la volonté: la velléité (simple désir), la volonté efficace (qui met en œuvre les moyens), la volonté antécédente (qui voudrait si...), la volonté conséquente (qui prend effectivement la décision compte tenu de toutes les circonstances).
La volonté divine
La voluntas Dei (volonté de Dieu) est un concept central de la théologie chrétienne. Dieu possède une volonté parfaitement libre et souveraine, cause première de toute réalité créée. Saint Thomas enseigne que "la volonté de Dieu est cause de toutes choses" (voluntas Dei est causa rerum) (Somme théologique, Ia, q. 19, a. 4).
La théologie distingue la volonté antécédente de Dieu, par laquelle Il veut le salut de tous les hommes (1 Timothée 2, 4: "Deus vult omnes homines salvos fieri" - "Dieu veut que tous les hommes soient sauvés"), et sa volonté conséquente, qui prend en compte la liberté humaine et permet la damnation de ceux qui refusent obstinément sa grâce.
On distingue également:
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La voluntas signi (volonté de signe): la volonté divine manifestée par les préceptes, les conseils, les interdictions
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La voluntas beneplaciti (volonté de bon plaisir): la volonté efficace et cachée de Dieu, qui s'accomplit infailliblement
Le Christ enseigne à prier: "Fiat voluntas tua sicut in caelo et in terra" (Matthieu 6, 10) - "Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel". Cette conformité à la volonté divine est l'essence même de la sainteté.
Le libre arbitre
Le concept de liberum arbitrium (libre arbitre) est intimement lié à celui de voluntas. La volonté humaine est libre, capable de choisir entre le bien et le mal, entre Dieu et la créature. Cette liberté est un don inestimable qui fait la dignité de l'homme, créé à l'image de Dieu.
Toutefois, après le péché originel, la liberté humaine est blessée: elle conserve son pouvoir de choix mais est inclinée au mal. Seule la grâce peut guérir cette blessure et restaurer la pleine liberté, qui consiste non dans la simple capacité de choisir, mais dans la capacité d'adhérer au bien véritable.
Le Concile de Trente a défini contre Luther que "le libre arbitre n'a pas été éteint" par le péché originel, mais "affaibli et incliné" (Session VI, canon 5). La grâce ne détruit pas la liberté mais la perfectionne, permettant à la volonté humaine de coopérer librement à l'œuvre du salut.
Usage liturgique et scripturaire
Dans la prière du Seigneur
La formule "Fiat voluntas tua" du Notre Père est l'expression la plus parfaite de la soumission à la volonté divine. Cette prière, enseignée par le Christ lui-même, demande que la volonté de Dieu s'accomplisse pleinement sur la terre comme elle s'accomplit déjà dans le ciel, où les anges et les saints exécutent parfaitement le vouloir divin.
Saint Cyprien, dans son traité De oratione dominica, commente: "Nous ne prions pas pour que Dieu fasse ce qu'Il veut, mais pour que nous puissions faire ce que Dieu veut." La prière ne change pas la volonté de Dieu, mais dispose notre volonté à se conformer à la sienne.
L'agonie de Gethsémani
Le Christ au jardin des Oliviers manifeste l'union parfaite de la volonté humaine et de la volonté divine dans sa personne: "Pater, si vis, transfer calicem istum a me; verumtamen non mea voluntas sed tua fiat" (Luc 22, 42) - "Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe; cependant, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui se fasse".
Cette prière révèle que le Christ possède véritablement une volonté humaine, distincte de sa volonté divine, mais parfaitement accordée à elle. Le Troisième Concile de Constantinople (680-681) a défini contre le monothélisme qu'il y a dans le Christ deux volontés, divine et humaine, sans division ni confusion, la volonté humaine suivant librement la volonté divine.
Dans la liturgie
La liturgie romaine emploie constamment le vocabulaire de la voluntas. L'offertoire de la messe traditionnelle prie: "Suscipe, sancta Trinitas, hanc oblationem... pro innumerabilibus peccatis, et offensionibus, et negligentiis meis... et pro omnibus circumstantibus, sed et pro omnibus fidelibus christianis vivis atque defunctis: ut mihi et illis proficiat ad salutem in vitam aeternam" - offrant le sacrifice selon la volonté salvifique de Dieu.
La consécration religieuse implique l'offrande totale de sa volonté propre à Dieu par le vœu d'obéissance. Les constitutions religieuses prescrivent l'abandon de la volonté propre pour embrasser la volonté divine manifestée par les supérieurs.
Doctrine spirituelle
L'abandon à la volonté divine
La spiritualité catholique a développé une riche doctrine de l'abandon à la volonté de Dieu. Saint François de Sales, dans le Traité de l'amour de Dieu, enseigne que "l'indifférence" spirituelle - c'est-à-dire le parfait abandon de notre volonté propre - est le sommet de la charité: ne vouloir que ce que Dieu veut, au moment et de la manière qu'Il veut.
Le P. Jean-Pierre de Caussade, dans L'abandon à la Providence divine, développe cette spiritualité: "Le moment présent est toujours comme un ambassadeur qui déclare l'ordre de Dieu." Accueillir chaque instant comme expression de la volonté de Dieu, telle est la voie de la sainteté.
Sainte Thérèse de Lisieux enseignait: "Ma vocation, c'est l'amour... Dans le cœur de l'Église, ma Mère, je serai l'amour." Cet amour se manifeste par la conformité totale à la volonté divine, dans les petites choses comme dans les grandes.
Les deux volontés
La tradition spirituelle distingue:
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La voluntas propria (volonté propre): l'attachement à notre vouloir particulier, souvent désordonné par l'amour-propre
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La voluntas Dei (volonté de Dieu): le vouloir divin, toujours bon, sage et aimant
Le combat spirituel consiste à mourir à sa volonté propre pour ne vivre que de la volonté de Dieu. C'est là le sens du renoncement évangélique: "Si quis vult post me venire, abneget semetipsum" (Matthieu 16, 24) - "Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renonce lui-même".
La pureté d'intention
La pura intentio ou recta voluntas désigne la droiture de l'intention, la pureté du vouloir orienté vers Dieu seul. Saint Bernard dans le De diligendo Deo enseigne que l'amour parfait de Dieu implique de n'aimer que Dieu pour Dieu, et toutes choses en Dieu et pour Dieu.
Le Catéchisme de l'Église catholique affirme: "La fin ne justifie pas les moyens" (CEC 1759), rappelant que la moralité de l'acte humain dépend de l'objet choisi, de l'intention de la volonté et des circonstances. Une volonté droite recherche toujours le bien véritable, conforme à la loi divine.
Enseignement des Pères et Docteurs
Saint Augustin écrit dans les Confessions: "Toute notre occupation dans cette vie consiste à guérir l'œil du cœur, afin qu'il puisse voir Dieu" (I, 6). Cette guérison passe par la purification de la volonté, détournée du créé pour se tourner vers le Créateur.
Saint Bernard affirme: "L'enfer, c'est vouloir et ne pas pouvoir; le purgatoire, c'est pouvoir et ne pas vouloir parfaitement; le ciel, c'est vouloir et pouvoir parfaitement" - soulignant l'importance capitale de la volonté dans la destinée éternelle.
Saint Thomas enseigne que "l'amour suit la connaissance" (amor sequitur cognitionem), mais que c'est la volonté qui meut toutes les facultés vers leur fin: "La volonté meut l'intellect à son acte" (Somme théologique, Ia-IIae, q. 9, a. 1).
Articles connexes
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libertas : liberté, perfection de la volonté
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obedientia : obéissance, soumission de la volonté
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caritas : charité, perfection de la volonté aimante
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gratia : grâce, qui guérit et élève la volonté
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peccatum : péché, désordre de la volonté
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intellectus : intellect, faculté sœur de la volonté
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desiderium : désir, mouvement de la volonté
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electio : choix, acte de la volonté libre
Références
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Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ia, q. 19, 82-83
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Saint Augustin, De libero arbitrio et Confessions
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Concile de Trente, Session VI, Décret sur la justification
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Concile de Constantinople III, définition des deux volontés du Christ
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Saint François de Sales, Traité de l'amour de Dieu
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Catéchisme de l'Église catholique, n° 1730-1748, 1987-2005
Contexte linguistique
Le mot latin voluntas appartient à la riche tradition de la langue latine, langue liturgique et classique qui a façonné la culture occidentale pendant plus de deux millénaires.
Importance dans la tradition
- Utilisé dans les textes liturgiques et doctrinaux
- Racine de nombreux mots français et européens
- Témoin de l'évolution linguistique indo-européenne
Mots apparentés
- voluptas : plaisir
Utilisation dans la liturgie
Le latin voluntas peut apparaître dans les prières, les hymnes et les textes liturgiques de l'Église catholique, témoignant de la richesse du patrimoine linguistique chrétien.
Références
- Latin classique
- Latin ecclésiastique
- Tradition liturgique
- Étymologie indo-européenne
Ce mot fait partie du glossaire latin complet de l'encyclopédie Tradiland, qui recense les principaux termes latins utilisés dans la tradition chrétienne et classique.