Introduction
L'état de grâce désigne la condition de l'âme qui possède la grâce sanctifiante, c'est-à-dire qui participe à la vie divine et se trouve en amitié avec Dieu. C'est l'état normal du chrétien baptisé qui n'a pas commis de péché mortel, ou qui, l'ayant commis, s'en est relevé par le sacrement de Pénitence.
Nature de l'état de grâce
L'état de grâce implique plusieurs réalités:
La grâce sanctifiante
La grâce sanctifiante est une qualité surnaturelle qui inhère à l'âme et la rend agréable à Dieu. Elle fait participer l'âme à la nature divine (2 P 1, 4) et l'élève à l'ordre surnaturel. Cette grâce est appelée "habituelle" parce qu'elle demeure dans l'âme comme un habitus permanent, contrairement à la grâce actuelle qui passe.
La filiation divine
Par la grâce sanctifiante, le chrétien devient véritablement enfant adoptif de Dieu, héritier du ciel et cohéritier du Christ (Rm 8, 17). Cette adoption divine n'est pas une simple faveur juridique, mais une transformation ontologique qui configure l'âme au Christ.
L'inhabitation de la Trinité
L'âme en état de grâce devient le temple vivant de la Très Sainte Trinité. Le Père, le Fils et le Saint-Esprit habitent réellement dans cette âme comme dans leur sanctuaire. "Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui et nous ferons chez lui notre demeure" (Jn 14, 23).
Les vertus infuses
Avec la grâce sanctifiante sont infuses les vertus théologales (foi, espérance, charité) et les vertus morales (prudence, justice, force, tempérance), ainsi que les dons du Saint-Esprit.
Comment acquérir l'état de grâce
Par le baptême
Le baptême est le premier sacrement qui confère la grâce sanctifiante. Il efface le péché originel et tous les péchés personnels, rendant l'âme pure et agréable à Dieu.
Par le sacrement de Pénitence
Après avoir perdu la grâce par le péché mortel, on la recouvre par la confession avec les dispositions requises : contrition, accusation et satisfaction.
Par la contrition parfaite
En cas d'impossibilité de se confesser, la contrition parfaite (douleur des péchés motivée par l'amour de Dieu) remet immédiatement les péchés mortels, bien qu'elle n'excuse pas de l'obligation de se confesser ensuite.
Comment perdre l'état de grâce
L'état de grâce se perd uniquement par le péché mortel, c'est-à-dire un péché grave commis avec pleine connaissance et entier consentement. Le péché véniel n'enlève pas la grâce sanctifiante, mais il la diminue dans ses effets et dispose au péché mortel.
Importance de l'état de grâce
L'état de grâce est absolument nécessaire:
Pour le salut éternel
"Si quelqu'un ne naît de l'eau et de l'Esprit, il ne peut entrer dans le Royaume de Dieu" (Jn 3, 5). Mourir en état de péché mortel, c'est-à-dire hors de l'état de grâce, conduit à la damnation éternelle.
Pour recevoir dignement l'Eucharistie
Saint Paul avertit sévèrement : "Celui qui mange et boit sans discerner le Corps mange et boit son propre jugement" (1 Co 11, 29). Communier en état de péché mortel constitue un sacrilège.
Pour mériter la vie éternelle
Seules les œuvres accomplies en état de grâce sont méritoires pour la vie éternelle. Les bonnes actions faites hors de l'état de grâce peuvent avoir une utilité naturelle, mais elles ne méritent pas le ciel.
Comment conserver l'état de grâce
La prière
La prière quotidienne, surtout l'oraison mentale, maintient l'âme en contact avec Dieu et obtient les grâces nécessaires pour éviter le péché.
La fréquentation des sacrements
La communion fréquente et la confession régulière fortifient l'âme et la préservent du péché.
La vigilance
Veiller sur ses sens, fuir les occasions de péché, combattre promptement les tentations sont autant de moyens de conserver la grâce.
La mortification
La mortification des passions déréglées et la pratique des vertus chrétiennes maintiennent l'âme dans la fidélité.
Articles connexes
- La grâce - Théologie de la grâce sanctifiante
- Le péché mortel - Ce qui détruit la grâce
- La confession - Moyen de recouvrer la grâce
- La communion - Nécessité de l'état de grâce
- La vie éternelle - Fruit de la persévérance
- Les vertus théologales - Infuses avec la grâce