Summa Theologiae, Tertia Pars, Q. 49
Présentation
Cette question traite de : De la sépulture du Christ
Structure scolastique
La réponse à cette question suit la méthode scolastique traditionnelle :
- Objections : Arguments contre la position qu'on défendra
- Sed Contra : Arguments en faveur de la position défendue
- Corpus : La réponse développée de Saint Thomas
- Responsiones : Réfutations des objections
Contenu détaillé
La convenance de la sépulture du Christ
Saint Thomas examine d'abord s'il convenait que le Christ fût enseveli. Certains pourraient objecter que la sépulture semble incompatible avec la dignité divine du Sauveur. Cependant, l'Aquinate démontre que la sépulture était tout à fait convenable pour plusieurs raisons théologiques profondes.
Premièrement, la sépulture authentifie la réalité de la mort du Christ. Si son corps n'avait pas été enseveli selon les coutumes, des doutes auraient pu subsister sur la vérité de sa mort corporelle. La mise au tombeau confirme que le Christ est vraiment mort, réfutant ainsi toute hérésie docète qui nierait la réalité de son humanité et de sa passion.
Deuxièmement, la sépulture préfigure notre propre résurrection. Comme le Christ est descendu dans le tombeau pour en ressortir glorieux, ainsi nous qui sommes ensevelis avec lui par le baptême, nous ressusciterons avec lui à la vie nouvelle. Saint Paul l'enseigne : "Nous avons été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle" (Rm 6, 4).
Le mode de la sépulture
La question examine également les circonstances particulières de l'ensevelissement du Seigneur. Le Christ fut placé dans un sépulcre neuf, taillé dans le roc, appartenant à Joseph d'Arimathie. Cette circonstance n'est pas fortuite mais révèle une profonde signification symbolique.
Le tombeau neuf signifie que le Christ inaugure une création nouvelle. Comme il naquit d'une vierge dont le sein n'avait jamais connu d'homme, il repose dans un tombeau où aucun mort n'avait été déposé. Cette nouveauté manifeste la nouveauté radicale de la résurrection qui s'accomplira.
Le fait que le sépulcre soit taillé dans le roc assure qu'aucune supercherie n'a pu être commise. Personne ne pouvait entrer ou sortir secrètement par un passage dérobé. La garde romaine et le sceau apposé sur la pierre garantissent l'intégrité du tombeau, rendant le miracle de la résurrection indubitable.
La durée au tombeau
Saint Thomas s'interroge sur la durée que le Christ passa au tombeau : un jour et deux nuits, selon le calcul inclusif hébraïque. Cette durée n'est pas arbitraire mais correspond à un dessein salvifique précis.
Le Christ demeura au tombeau assez longtemps pour que sa mort soit certaine, mais pas trop longtemps pour que la corruption ne commence. La tradition juive considérait qu'après trois jours, la décomposition s'amorçait irréversiblement. Le Christ ressuscite donc avant ce terme, accomplissant la prophétie : "Tu ne laisseras pas ton Saint voir la corruption" (Ps 16, 10).
Cette durée symbolise également les trois jours de Jonas dans le ventre du poisson, que le Seigneur lui-même invoqua comme figure de sa résurrection. Elle manifeste le pouvoir du Christ sur la mort : il y demeure le temps qu'il veut, puis la quitte souverainement par sa propre puissance.
Les effets spirituels de la sépulture
La sépulture du Christ produit des fruits spirituels pour les croyants. Elle sanctifie nos propres sépultures et transforme le sens de la mort chrétienne. Le tombeau, lieu de corruption et d'effroi, devient pour le chrétien un lieu d'espérance et de repos dans l'attente de la résurrection.
Par sa sépulture, le Christ accompagne l'homme dans toutes les étapes de son existence terrestre, y compris la mort et le temps qui sépare la mort de la résurrection finale. Il n'est aucun état humain, même le plus humble et le plus angoissant, que le Verbe incarné n'ait assumé et sanctifié.
Connexions thématiques
Cette question s'inscrit dans la Troisième Partie de la Somme Théologique, qui traite de l'Incarnation, des sacrements et des dernières fins.
Références
- Saint Thomas d'Aquin, Summa Theologiae, Tertia Pars, Question 49
Articles connexes
- La Passion du Christ
- La Résurrection du Christ
- La Descente aux Enfers
- Le Baptême
- Les Mystères de la Vie du Christ
Q. 49 - De la sépulture du Christ
De la sépulture du Christ - Question 49 de la Summa Theologiae, Tertia Pars
Introduction
De la sépulture du Christ - Question 49 de la Summa Theologiae, Tertia Pars
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