Summa Theologiae, Prima Secundae, Q. 34
Présentation
Cette question traite de : De la bonté ou malice des plaisirs
Structure scolastique
La réponse à cette question suit la méthode scolastique traditionnelle :
- Objections : Arguments contre la position qu'on défendra
- Sed Contra : Arguments en faveur de la position défendue
- Corpus : La réponse développée de Saint Thomas
- Responsiones : Réfutations des objections
Contenu détaillé
Nature et essence du plaisir
Le plaisir (delectatio en latin) est un acte de l'appétit sensible qui accompagne l'appréhension d'un bien sensible. Saint Thomas distingue le plaisir purement sensitif du plaisir intellectuel et spirituel. Selon la Summa, le plaisir n'est pas mauvais en soi, car il accompagne naturellement l'acquisition de tout bien. La question fondamentale n'est donc pas d'éliminer le plaisir, mais d'évaluer sa moralité selon l'objet, les circonstances et l'intention.
Principes de moralité des plaisirs
La bonté ou malice d'un plaisir dépend de plusieurs facteurs. D'abord, de l'objet du plaisir : un plaisir tiré d'une action vertueuse sera bon, tandis qu'un plaisir tiré d'une action vicious sera mauvais. Ensuite, de la fin que se propose celui qui éprouve le plaisir : la complaisance dans le bien est louable, tandis que la complaisance qui détourne du bien est blâmable. Enfin, de la modération : l'excès de plaisir peut émousser la raison et entraver l'exercice de la vertu. Voir aussi De l'accord de la raison et du plaisir pour mieux comprendre cette problématique.
Le plaisir et l'exercice des vertus
Saint Thomas affirme que les plaisirs honnêtes et ordonnés à la vertu sont non seulement permis mais fortement souhaités. Le sage trouve du plaisir dans ses actes vertueux, ce qui perfectionne encore sa vertu. Cette conception rejette aussi bien l'hédonisme (qui cherche le plaisir pour lui-même) que l'ascétisme excessif (qui condamnerait tout plaisir). Le plaisir légitime, tempéré par la prudence et la modération, est un signe de la rectitude de la volonté. Découvrez comment cela s'inscrit dans les passions de l'âme.
Distinctions importantes
Il existe plusieurs distinctions essentielles pour bien comprendre cette question. On doit distinguer entre les plaisirs naturels (boire, manger, le repos) et les plaisirs artificiels. Entre les plaisirs corporels et les plaisirs de l'âme. Entre le plaisir comme acte (qui accompagne une action) et comme habitus (disposition à être agréablement affecté). La moralité varie considérablement selon ces distinctions. Un plaisir naturel peut être bon ou mauvais selon comment il est poursuivi.
Application pratique et discernement
Pour discerner la bonté ou malice d'un plaisir, le chrétien doit examiner : l'objet de ce plaisir est-il bon ou mauvais ? Pourquoi recherche-t-il ce plaisir ? Cela le détourne-t-il du bien véritable ? Le plaisir que je recherche m'aide-t-il à grandir dans la vertu ? Cette question revient souvent en matière de vie spirituelle, notamment en morale conjugale et dans l'exercice de la tempérance.
Connexions thématiques
Cette question s'inscrit dans la Première Partie de la Seconde Partie de la Somme Théologique, qui traite de la moralité, des vertus, des passions et de la loi.
Références
- Saint Thomas d'Aquin, Summa Theologiae, Prima Secundae, Question 34
Q. 34 - De la bonté ou malice des plaisirs
De la bonté ou malice des plaisirs - Question 34 de la Summa Theologiae, Prima Secundae
Introduction
De la bonté ou malice des plaisirs - Question 34 de la Summa Theologiae, Prima Secundae
Cet article est mentionné dans
- Les Attributs Divins mentionne ce concept
- Q. 6 - De la bonté de Dieu mentionne ce concept
- Q. 20 - De la bonté et de la malice de l'acte extérieur mentionne ce concept
- Q. 19 - De la bonté et de la malice de l'acte intérieur de la volonté mentionne ce concept
- Q. 39 - De la bonté et de la malice de la tristesse mentionne ce concept
- Q. 34 - De la bonté ou malice des plaisirs mentionne ce concept
- Q. 74 - De la cause du péché du côté de la malice mentionne ce concept
- Q. 63 - De la malice des anges déchus (démons) mentionne ce concept
- Q. 21 - Des conséquences des actes humains quant à leur bonté et malice mentionne ce concept
- Q. 19 - De la bonté et de la malice de l'acte intérieur de la volonté mentionne ce concept