La nécessité de la préparation spirituelle
Fondement scripturaire et théologique
La participation au Saint Sacrifice de la Messe, acte le plus sacré et le plus sublime de la religion catholique, exige de notre part une préparation sérieuse. Saint Paul avertit : "Que chacun s'éprouve soi-même, et qu'ainsi il mange de ce pain et boive de ce calice ; car celui qui mange et boit indignement, mange et boit son propre jugement" (1 Co 11, 28-29). Cette parole concerne directement la communion eucharistique, mais s'applique analogiquement à toute participation à la Messe.
Nature sublime du Saint Sacrifice
Nous nous présentons devant le Roi des rois, devant le Saint des saints ; nous assistons au renouvellement du sacrifice du Calvaire ; nous nous tenons au pied de la Croix avec Marie et saint Jean. Une telle assistance ne peut être machinale, distraite ou superficielle sans constituer un grave manquement de respect envers Dieu. La Messe n'est pas un simple rassemblement communautaire ni une cérémonie folklorique, mais la participation au mystère central de notre rédemption.
L'examen de conscience
Méthode de l'examen
Avant d'entrer dans l'église, il convient d'examiner brièvement sa conscience pour identifier les péchés commis depuis la dernière confession. Cet examen ne doit pas être scrupuleux ni prolongé, mais sincère. Il s'agit de passer en revue les commandements de Dieu et de l'Église, nos devoirs d'état, et d'identifier humblement nos manquements.
État de grâce et communion
Si nous avons conscience d'un péché mortel, nous ne devons absolument pas communier avant de nous en être confessés sacramentellement. La confession est le moyen ordinaire et obligatoire de retrouver l'état de grâce après un péché mortel. Celui qui communie en état de péché mortel commet un sacrilège grave qui, loin de lui donner la grâce, ajoute un péché supplémentaire et augmente sa damnation s'il meurt dans cet état. Si nous n'avons conscience que de péchés véniels, nous pouvons communier, mais il est bon de faire un acte de contrition pour exciter en nous le repentir et disposer notre âme à recevoir la grâce divine.
Le détachement du monde
Orientation intérieure vers Dieu
La préparation à la Messe exige un certain détachement des préoccupations mondaines. Depuis notre réveil, nous devrions nous efforcer d'orienter notre esprit vers Dieu et vers le Saint Sacrifice auquel nous allons assister. Cela implique d'éviter les conversations futiles, les lectures profanes, les divertissements qui dissipent l'esprit avant la Messe.
Discipline du silence et du recueillement
Les saints recommandaient de garder le silence ou de ne s'entretenir que de sujets édifiants avant la Messe, afin de conserver le recueillement intérieur. Dans notre monde moderne si bruyant et si agité, cette discipline est particulièrement difficile mais d'autant plus nécessaire. Il est sage d'arriver à l'église plusieurs minutes avant le début de la Messe pour se recueillir dans le silence et la prière, plutôt que d'arriver au dernier moment, essoufflé et distrait.
La modestie dans la tenue vestimentaire
Principes de décence
La manière dont nous nous habillons pour assister à la Messe manifeste extérieurement le respect que nous portons à Dieu et au lieu sacré. Traditionnellement, l'Église a toujours demandé aux fidèles de porter leurs meilleurs vêtements le dimanche et les jours de fête pour aller à la Messe, non par vanité, mais pour honorer Dieu. La tenue doit être décente et modeste : les hommes doivent se présenter proprement vêtus, les femmes doivent éviter les vêtements provocants, trop courts, trop décolletés ou trop moulants.
Tradition du voile féminin
La tradition prescrit également que les femmes se couvrent la tête dans l'église, en signe d'humilité et de soumission à Dieu, conformément à l'enseignement de saint Paul (1 Co 11, 5-6). Cette prescription, bien que non imposée strictement par le droit canon actuel, reste une pieuse coutume que beaucoup de fidèles attachés à la forme traditionnelle continuent d'observer par amour de la tradition et respect de l'enseignement apostolique.
Le jeûne eucharistique
Tradition et discipline actuelle
L'Église a toujours prescrit un jeûne avant la réception de la sainte communion, pour manifester extérieurement le respect dû au Saint Sacrement et pour préparer l'âme à recevoir le Christ. Traditionnellement, ce jeûne était total (nourriture et boisson, même l'eau) depuis minuit jusqu'au moment de communier. Cette discipline magnifique favorisait grandement le recueillement et donnait toute sa solennité à la communion.
Observance volontaire du jeûne intégral
Malheureusement, les réformes modernes ont considérablement réduit cette exigence : aujourd'hui, le droit canon ne prescrit qu'une heure de jeûne avant la communion (nourriture et boisson autres que l'eau). Cependant, les fidèles soucieux de mieux honorer le Saint Sacrement peuvent volontairement observer l'ancien jeûne eucharistique depuis minuit. Les malades et les personnes âgées sont dispensés de ce jeûne, manifestant ainsi la miséricorde maternelle de l'Église.
La prière préparatoire
Prières traditionnelles
Il est excellent de réciter quelques prières spécifiques en préparation à la Messe. Les prières traditionnelles de préparation à la communion, que l'on trouve dans les anciens missels et livres de piété, sont particulièrement recommandées. On peut méditer sur la Passion du Christ, sur l'amour infini qui l'a conduit à instituer l'Eucharistie et à se sacrifier pour nous, sur notre propre indignité à recevoir un tel Dieu dans notre âme.
Ressources spirituelles
Une prière très recommandée est celle de saint Ambroise : "Je m'approche de Toi, Seigneur, avec crainte et tremblement, car je suis un pécheur... Je ne présume pas de mes mérites, mais je me confie en Ta miséricorde..." Les Psaumes pénitentiels (Ps 6, 31, 37, 50, 101, 129, 142) sont également excellents pour exciter la contrition et l'humilité. Le chapelet, récité avec dévotion sur le chemin de l'église, dispose merveilleusement l'âme au recueillement et place notre participation sous la protection maternelle de Marie.
L'intention droite
Examen de l'intention
Enfin, il faut vérifier notre intention en assistant à la Messe. Allons-nous à la Messe pour plaire à Dieu, pour remplir notre devoir de religion, pour participer au Saint Sacrifice et unir nos prières à celles du Christ ? Ou bien y allons-nous par routine, par respect humain, pour être vu des hommes, pour satisfaire à une obligation qui nous pèse ?
Acte d'intention
L'intention droite transforme nos actes en mérites pour l'éternité ; l'intention mauvaise ou purement naturelle rend nos actes stériles devant Dieu. Avant d'entrer dans l'église, faisons donc un acte d'intention : "Mon Dieu, c'est pour Vous adorer, pour Vous remercier, pour réparer mes péchés et Vous demander Vos grâces que je viens assister à cette Messe. Faites que ma participation soit digne de Vous et profitable à mon âme."