Traduction française : luxure
Traduction anglaise : luxury, lust
Grammaire : nom. f. (1st declension)
Exemple d'utilisation
Luxuria perniciosa est.
Étymologie
From luxus 'excess'. racine de 'luxury', 'luxurious'.
Contexte linguistique
Le mot latin luxuria appartient à la riche tradition-platon-aristote-boece) de la langue latine, langue liturgique et classique qui a façonné la culture occidentale pendant plus de deux millénaires.
Importance dans la tradition
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Utilisé dans les textes liturgiques et doctrinaux
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Racine de nombreux mots français et européens
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Témoin de l'évolution linguistique indo-européenne
Mots apparentés
- lux : lumière
Utilisation dans la liturgie
Le latin luxuria peut apparaître dans les prières, les hymnes et les textes liturgiques de l'Église catholique-catholique-partie-1-leglise-catholique), témoignant de la richesse du patrimoine linguistique chrétien.
Références
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Latin ecclésiastique
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Tradition liturgique
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Étymologie indo-européenne
Luxuria est vitium carnis contra castitatem.
(La luxure est un vice de la chair contre la chasteté.)
```latin
Fugite fornicationem. Omne peccatum quodcumque fecerit homo, extra corpus est; qui autem fornicatur, in corpus suum peccat.
(Fuyez la luxure. Tout péché que commet l'homme est extérieur au corps ; mais celui qui se livre à la luxure pèche contre son propre corps - 1 Co 6,18)
Étymologie
Le terme luxuria dérive du latin luxus signifiant "excès, luxe, débauche", lui-même peut-être apparenté à luctus (dislocation) ou formé sur la racine lux- (croître excessivement). Le sens originel évoque le déploiement excessif, l'abandon au plaisir sans retenue.
En latin classique, luxuria désignait d'abord le luxe et l'excès en général (luxe vestimentaire, banquets somptueux), puis spécifiquement la débauche sexuelle. La tradition chrétienne restreindra progressivement le terme à la sphère de la sexualité désordonnée. Il a donné en français "luxure", et curieusement "luxe" et "luxueux", témoignant du lien originel entre excès matériel et moral.
Définition théologique de la luxure
La tradition catholique définit la luxuria comme l'un des sept péchés capitaux, vice opposé à la vertu de chasteté.
Nature du vice
Saint Thomas d'Aquin définit la luxure comme "le désir désordonné ou la jouissance désordonnée du plaisir vénérien" (Summa Theologiae II-II, q. 153, a. 3). Le plaisir sexuel en soi n'est pas mauvais, puisque créé par Dieu, mais son usage hors de l'ordre voulu par le Créateur constitue le péché de luxure.
Péché capital
La luxuria est dite "capitale" non parce qu'elle serait le péché le plus grave (ce rang revient à l'orgueil), mais parce qu'elle engendre de nombreux autres péchés. Saint Grégoire le Grand énumère ses "filles" : l'aveuglement de l'esprit, la précipitation, l'inconstance, l'amour de soi, la haine de Dieu, l'attachement au monde présent, l'horreur ou le désespoir face à l'avenir éternel.
Distinction entre concupiscence et luxure
La théologie morale distingue soigneusement la concupiscence naturelle du péché de luxure.
Concupiscence suite au péché originel
Depuis la chute originelle, l'homme subit la concupiscentia carnis (convoitise de la chair), mouvement désordonné de l'appétit sensible vers le plaisir charnel. Cette concupiscence, conséquence du péché originel, n'est pas elle-même péché tant qu'elle n'est pas consentie par la volonté.
Consentement et péché
Le péché de luxuria survient lorsque la volonté consent délibérément aux mouvements désordonnés de la concupiscence, soit en actes extérieurs, soit en pensées et désirs intérieurs. Saint Augustin affirme : "Non est peccatum habere concupiscentiam, sed consentire concupiscentiae" (Ce n'est pas un péché d'avoir la concupiscence, mais d'y consentir).
Les espèces de luxure
La tradition morale catholique distingue différentes manifestations de la luxuria, de gravité variable.
Luxure simple (fornicatio)
La fornicatio désigne les relations sexuelles entre personnes non mariées, sans circonstances aggravantes. Bien que péché grave contre le sixième commandement, elle est moins grave que les formes qui ajoutent d'autres malices.
Adultère (adulterium)
L'adulterium viole simultanément la chasteté et la justice, puisqu'il lèse le conjoint dans ses droits sacrés. Il constitue donc une double faute, particulièrement grave du fait de la violation du sacrement de mariage.
Inceste (incestus)
L'inceste ajoute à la malice de la luxure la violation du respect dû aux liens de parenté naturelle ou spirituelle. Il représente un désordre particulièrement grave dans l'ordre familial établi par Dieu.
Sacrilège (sacrilegium)
Le sacrilège vient de la violation d'un vœu de chasteté ou de la profanation d'un lieu, temps ou personne consacrés à Dieu. C'est l'espèce la plus grave de luxuria, car elle offense directement Dieu dans ce qui lui est spécialement dédié.
Péchés contre nature
La tradition morale, suivant saint Paul (Rm 1,26-27), reconnaît certains actes comme "contre nature" (contra naturam) parce qu'ils contredisent radicalement la finalité naturelle de la sexualité. Saint Thomas les classe comme les plus graves espèces de luxure après le sacrilège.
Gravité théologique de la luxure
L'enseignement catholique situe précisément la luxuria dans l'échelle de gravité des péchés.
Péché mortel
Les actes complets de luxure, accomplis avec pleine connaissance et entier consentement, constituent des péchés mortels qui privent l'âme de la grâce sanctifiante. Saint Paul avertit explicitement : "Les impudiques n'hériteront pas du royaume de Dieu" (luxuriosi regnum Dei non possidebunt, 1 Co 6,9-10).
Circonstances atténuantes
Certaines circonstances peuvent diminuer l'imputabilité : violence de la passion qui atténue le consentement volontaire, ignorance invincible, habitude contractée qui réduit la liberté. Toutefois, la matière demeure intrinsèquement grave.
Péchés véniels connexes
Les pensées, regards, paroles lascives, lorsqu'ils ne vont pas jusqu'au consentement plein aux actes, peuvent constituer des péchés véniels, péchés de moindre gravité mais qui disposent à la chute mortelle.
Remèdes spirituels contre la luxure
La tradition ascétique catholique a développé une pédagogie complète de lutte contre la luxuria.
Vertu de chasteté
La chasteté (castitas) est la vertu morale qui intègre harmonieusement la sexualité dans la personne. Elle requiert l'acquisition de la maîtrise de soi, œuvre de toute une vie. Selon saint Thomas, elle est une vertu potentielle de la tempérance.
Mortification et vigilance
Les Pères spirituels recommandent la mortification des sens (jeûne, discipline du regard, fuite des occasions), la vigilance sur les pensées, et l'occupation constante de l'esprit. Saint Benoît prescrit le travail manuel et la prière comme antidotes à la luxure.
Prière et sacrements
La grâce obtenue par la prière fervente et la réception fréquente des sacrements (confession, communion) demeure le moyen le plus efficace. L'invocation de la Vierge Marie, modèle de pureté, est particulièrement recommandée.
Pureté d'intention
Saint François de Sales enseigne qu'il faut garder "une douce violence" sur soi-même et cultiver la pureté d'intention dans toutes ses actions. L'amour de Dieu, désir suprême, affaiblit progressivement les désirs désordonnés.
La luxure dans la culture contemporaine
L'enseignement de l'Église sur la luxuria entre en tension avec la mentalité moderne.
Révolution sexuelle
La "révolution sexuelle" du XXe siècle a rejeté la morale traditionnelle, promouvant une sexualité libérée de toute norme objective. L'Église maintient que cette prétendue libération est en réalité un nouvel esclavage des passions.
Pornographie et culture
La pornographie, forme moderne de luxuria, constitue une pollution massive de l'imaginaire contemporain. Jean-Paul II, dans sa Théologie du corps, montre comment elle déshumanise la personne en la réduisant à objet de consommation.
Appel à la vraie liberté
L'enseignement catholique propose une libération authentique : non la licence des passions, mais la liberté des enfants de Dieu, capables de se donner dans l'amour véritable. La chasteté n'est pas répression mais intégration harmonieuse de la sexualité dans une vie unifiée par l'amour.
La luxure et le mariage chrétien
La doctrine catholique enseigne une vision positive de la sexualité dans le cadre du mariage sacramentel.
Fin du mariage
La sexualité conjugale a pour fins naturelles la procréation et l'union des époux. Lorsqu'elle respecte ces fins voulues par Dieu, elle est non seulement licite mais sainte, participant à l'œuvre créatrice.
Peut-il y avoir luxure dans le mariage ?
Saint Thomas enseigne qu'il peut y avoir luxuria même dans le mariage lorsque les actes conjugaux sont détournés de leurs fins naturelles ou pratiqués avec une concupiscence désordonnée qui traite le conjoint comme objet de plaisir plutôt que comme personne.
Chasteté conjugale
La chasteté conjugale ne signifie pas abstinence mais usage ordonné de la sexualité selon la raison éclairée par la foi. Elle requiert le respect mutuel, la générosité, et l'ouverture à la vie.
Enseignement magistériel récent
Le Magistère moderne a développé une anthropologie renouvelée de la sexualité.
Catéchisme de l'Église Catholique
Le CEC (§§ 2351-2356) situe la luxure dans le contexte plus large de la vocation à la chasteté. Il insiste sur la dignité de la personne humaine, créée à l'image de Dieu, et appelée à l'amour authentique dans le don de soi.
Théologie du corps
Jean-Paul II, dans ses catéchèses sur la Théologie du corps, propose une vision personnaliste où le corps exprime la personne. La luxuria est dénoncée comme réduction de la personne à son corps et du corps à instrument de plaisir.
Articles connexes
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castitas : chasteté
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temperantia : tempérance
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concupiscentia : concupiscence
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fornicatio : fornication
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adulterium : adultère
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vitium : vice
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peccatum : péché
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caritas : charité
Références
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Latin classique
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Latin ecclésiastique
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Tradition liturgique
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Saint Thomas d'Aquin, Summa Theologiae II-II, qq. 153-154
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Catéchisme de l'Église Catholique (§§ 2351-2356)
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Saint Grégoire le Grand, Moralia in Job
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Jean-Paul II, Théologie du corps
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Concile de Trente, Catéchisme Romain
Étymologie
From luxus 'excess'. racine de 'luxury', 'luxurious'.
Contexte linguistique
Le mot latin luxuria appartient à la riche tradition de la langue latine, langue liturgique et classique qui a façonné la culture occidentale pendant plus de deux millénaires.
Importance dans la tradition
- Utilisé dans les textes liturgiques et doctrinaux
- Racine de nombreux mots français et européens
- Témoin de l'évolution linguistique indo-européenne
Mots apparentés
- lux : lumière
Utilisation dans la liturgie
Le latin luxuria peut apparaître dans les prières, les hymnes et les textes liturgiques de l'Église catholique, témoignant de la richesse du patrimoine linguistique chrétien.
Références
- Latin classique
- Latin ecclésiastique
- Tradition liturgique
- Étymologie indo-européenne
Ce mot fait partie du glossaire latin complet de l'encyclopédie Tradiland, qui recense les principaux termes latins utilisés dans la tradition chrétienne et classique.