Traduction française : donner
Traduction anglaise : to give
Grammaire : verb, 1st conjugation, dare, dedī, datum
Traduction anglaise : to give
Grammaire : verb, 1st conjugation, dare, dedī, datum
Exemple d'utilisation
Do panem pauperi.
Étymologie
Du proto-indo-européen *deh₃- (donner). racine de 'donate', 'data', 'tradition'.
Contexte linguistique
Le mot latin do appartient à la riche tradition de la langue latine, langue liturgique et classique qui a façonné la culture occidentale pendant plus de deux millénaires.
Importance dans la tradition
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Utilisé dans les textes liturgiques et doctrinaux
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Racine de nombreux mots français et européens
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Témoin de l'évolution linguistique indo-européenne
Utilisation dans la liturgie
Le latin do peut apparaître dans les prières, les hymnes et les textes liturgiques de l'Église catholique, témoignant de la richesse du patrimoine linguistique chrétien.
Références
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Latin ecclésiastique
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Tradition liturgique
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Étymologie indo-européenne
Grammaire : verbe de la 1ère conjugaison - dare, dedī, datum
Exemple d'utilisation
Do panem pauperi.
"Je donne le pain au pauvre."
Étymologie et morphologie
Le verbe do, dare appartient à la famille de verbes latins les plus anciens, remontant au proto-indo-européen *deh₃- qui signifie "donner". Cette racine primitive se retrouve dans de nombreuses langues indo-européennes : grec didōmi, sanskrit dadāti, slave dati.
La conjugaison de do présente des particularités notables. Bien que classé dans la première conjugaison (thème en -a), il conserve des formes archaïques témoignant de son ancienneté : le parfait dedi (avec redoublement) et le supin datum sont à l'origine d'innombrables dérivés. De datum proviennent les mots français "date" (ce qui est donné, fixé), "données" (data), "édition" (action de donner au public), et "tradition" (ce qui est transmis, littéralement "donné à travers").
Les composés de do sont extrêmement nombreux : reddo (rendre), trado (transmettre), perdo (perdre, donner complètement), abdo (cacher, donner loin), condo (fonder, mettre ensemble), addo (ajouter), dedo (livrer, se donner).
Dimension théologique du don
Le don dans la Révélation biblique
Le concept de don traverse toute l'Écriture Sainte comme une manifestation fondamentale de la nature divine. Dès la Genèse, Dieu se révèle comme Celui qui donne : il donne l'existence à toute créature, donne le jardin à l'homme, donne la vie. Le Psaume 104 célèbre Dieu comme donateur universel : "Tu leur donnes, ils recueillent ; tu ouvres ta main, ils se rassasient de biens" (Ps 104, 28).
Dans la Nouvelle Alliance, le mystère du don atteint sa plénitude. Saint Jean résume toute l'économie du salut dans la formule : "Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique" (Jn 3, 16). Le verbe grec edōken traduit parfaitement le latin dedit. Le don du Fils constitue le paradigme de tout don authentique : gratuit, total, définitif.
Saint Paul développe une théologie du don dans ses épîtres. Toute grâce (charis) est don de Dieu : "Qu'as-tu que tu n'aies reçu ?" (1 Co 4, 7). Le salut lui-même est pure grâce, don immérité : "C'est par la grâce que vous êtes sauvés, moyennant la foi. Ce salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu" (Ep 2, 8).
La théologie thomiste du don
Saint Thomas d'Aquin, dans la Somme théologique (Ia, q. 38), consacre une question au don comme nom propre de l'Esprit Saint. Suivant saint Augustin, Thomas explique que l'Esprit est "Don" (Donum) par excellence car il procède comme Amour du Père et du Fils, et l'amour authentique a raison de don premier.
Dans sa réflexion sur la grâce, Thomas distingue le don créé (donum creatum) – la grâce sanctifiante qui perfectionne l'âme – et le Don incréé (Donum increatum) qu'est l'Esprit Saint lui-même, donné aux justes. Cette distinction fondamentale structure toute la théologie de la grâce.
Thomas analyse également l'acte de donner dans sa dimension morale. Dans le traité de la justice (IIa-IIae, q. 106), il étudie la gratitude ou reconnaissance (gratia), vertu qui répond au bienfait reçu. Le don crée une relation entre donateur et donataire, relation qui appelle la gratitude comme perfection.
Le don eucharistique
La liturgie latine de la messe multiplie les occurrences de do et ses composés, particulièrement dans le récit de l'institution eucharistique. Les paroles du Christ "Hoc est corpus meum quod pro vobis datur" ("Ceci est mon corps qui est donné pour vous") et "Hic est calix sanguinis mei... qui pro vobis effundetur" constituent le sommet du mystère du don divin.
L'Eucharistie réalise sacramentellement le don que le Christ fait de lui-même. Le Catéchisme (CEC 1382) enseigne que "la messe est à la fois et inséparablement le mémorial sacrificiel dans lequel se perpétue le sacrifice de la croix, et le banquet sacré de la communion au Corps et au Sang du Seigneur." Le Christ se donne en nourriture, actualisant le don de sa vie.
La prière eucharistique romaine exprime cette dynamique du don : "Par lui, avec lui et en lui, à toi, Dieu le Père tout-puissant, dans l'unité du Saint-Esprit, tout honneur et toute gloire" (per ipsum, et cum ipso, et in ipso est tibi Deo Patri omnipotenti... omnis honor et gloria). Les fidèles s'unissent au don du Christ pour se donner eux-mêmes avec lui au Père.
L'éthique chrétienne du don
L'aumône et la charité fraternelle
Le Sermon sur la Montagne établit la pratique du don comme obligation du disciple : "À qui te demande, donne" (Da petenti te, Mt 5, 42). Cette radicalité évangélique ne prescrit pas une charité désordonnée, mais révèle l'esprit de générosité qui doit animer le chrétien.
Les Pères de l'Église développent une doctrine exigeante sur le devoir de l'aumône. Saint Basile le Grand enseigne que les biens superflus appartiennent aux pauvres ; les retenir constitue un vol. Saint Jean Chrysostome proclame : "Ne pas faire part de ses biens aux pauvres, c'est les voler et leur enlever la vie. Ce ne sont pas nos biens que nous détenons, mais les leurs" (In Lazarum, 2, 5).
La tradition latine reprend cet enseignement. Saint Ambroise affirme : "Ce n'est pas de ton bien que tu fais largesse au pauvre, tu lui rends ce qui lui appartient" (non tua largiris pauperi, sed tua reddis). Le vocabulaire du don (do) se conjugue avec celui de la restitution (reddo) : donner aux pauvres, c'est rendre à Dieu ce qui vient de lui.
La gratuité du don authentique
La spiritualité chrétienne insiste sur la gratuité du don véritable. Le Christ enseigne : "Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement" (gratis accepistis, gratis date, Mt 10, 8). Le don qui cherche une récompense immédiate ou la reconnaissance humaine perd sa valeur spirituelle.
Saint François d'Assise incarne cette spiritualité du dépouillement total. Sa pauvreté radicale manifeste que tout est don de Dieu. Le Cantique des créatures exprime cette reconnaissance : tout est reçu, donc tout peut être rendu dans l'action de grâce.
L'enseignement pontifical contemporain, notamment l'encyclique Caritas in Veritate de Benoît XVI, redécouvre la logique du don comme alternative à la pure logique marchande. Le don gratuit crée des liens sociaux que le seul échange équivalent ne peut produire. La culture du don construit une civilisation de l'amour.
Expressions liturgiques et formules
Le Missel romain contient de nombreuses formules construites sur do :
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Da nobis, quaesumus, Domine : "Donne-nous, nous t'en prions, Seigneur" (formule d'ouverture fréquente)
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Da pacem, Domine, in diebus nostris : "Donne la paix, Seigneur, en nos jours"
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Corpus Christi custodiat te in vitam aeternam : "Que le Corps du Christ te garde pour la vie éternelle" (formule de communion)
Le Pater Noster inclut la demande : Panem nostrum quotidianum da nobis hodie ("Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien"), prière qui englobe tous les besoins matériels et spirituels, culminant dans le pain eucharistique.
Articles connexes
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donum : don, cadeau
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gratia : grâce, don gratuit
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caritas : charité, amour qui se donne
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oblatio : offrande, don sacrificiel
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eleemosyna : aumône
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largitas : largesse, générosité
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misericordia : miséricorde
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traditio : tradition, transmission
Étymologie
Du proto-indo-européen *deh₃- (donner). racine de 'donate', 'data', 'tradition'.
Contexte linguistique
Le mot latin do appartient à la riche tradition de la langue latine, langue liturgique et classique qui a façonné la culture occidentale pendant plus de deux millénaires.
Importance dans la tradition
- Utilisé dans les textes liturgiques et doctrinaux
- Racine de nombreux mots français et européens
- Témoin de l'évolution linguistique indo-européenne
Utilisation dans la liturgie
Le latin do peut apparaître dans les prières, les hymnes et les textes liturgiques de l'Église catholique, témoignant de la richesse du patrimoine linguistique chrétien.
Références
- Latin classique
- Latin ecclésiastique
- Tradition liturgique
- Étymologie indo-européenne
Ce mot fait partie du glossaire latin complet de l'encyclopédie Tradiland, qui recense les principaux termes latins utilisés dans la tradition chrétienne et classique.