Traduction française : avarice
Traduction anglaise : greed, avarice
Grammaire : nom. f. (1st declension)
Exemple d'utilisation
Avaritia radix malorum omnium.
Étymologie
From avarus 'greedy'. racine de 'avarice', 'avaricious'.
Contexte linguistique
Le mot latin avaritia appartient à la riche tradition de la langue latine, langue liturgique et classique qui a façonné la culture occidentale pendant plus de deux millénaires.
Importance dans la tradition
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Utilisé dans les textes liturgiques et doctrinaux
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Racine de nombreux mots français et européens
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Témoin de l'évolution linguistique indo-européenne
Utilisation dans la liturgie
Le latin avaritia peut apparaître dans les prières, les hymnes et les textes liturgiques de l'Église catholique, témoignant de la richesse du patrimoine linguistique chrétien.
Références
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Latin ecclésiastique
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Tradition liturgique
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Étymologie indo-européenne
L'avarice comme péché capital
Le terme avaritia désigne l'un des sept péchés capitaux dans la tradition morale catholique. Ce vice se définit comme un attachement désordonné aux richesses et aux biens matériels, poussant l'homme à accumuler et à retenir par-delà ce qui est nécessaire ou raisonnable. L'avarice est qualifiée de "capitale" non parce qu'elle serait le plus grave des péchés, mais parce qu'elle engendre de nombreux autres vices comme autant de "filles spirituelles" : la dureté de cœur, l'inquiétude, la violence, le parjure, la fraude et la trahison.
Enseignement scripturaire
L'Écriture Sainte condamne vigoureusement l'avarice sous diverses formes. Saint Paul affirme catégoriquement que "la racine de tous les maux, c'est l'amour de l'argent" (1 Timothée 6, 10), établissant ainsi la cupidité comme source prolifique de désordres moraux. Dans l'Épître aux Éphésiens, l'Apôtre assimile l'avarice à l'idolâtrie (Éphésiens 5, 5), révélant que l'avare fait de la richesse son dieu, substituant les biens créés au Créateur comme objet ultime de son désir.
Le Christ lui-même met en garde contre ce vice dans l'Évangile : "Nul ne peut servir deux maîtres... Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon" (Matthieu 6, 24). La parabole du riche insensé (Luc 12, 16-21) illustre la folie de celui qui accumule des richesses pour lui-même sans s'enrichir en vue de Dieu. L'épisode du jeune homme riche (Marc 10, 17-27) montre comment l'attachement aux biens temporels peut constituer un obstacle insurmontable à la vie éternelle.
Doctrine de saint Thomas d'Aquin
Dans la Somme Théologique (II-II, q. 118), saint Thomas analyse l'avarice avec la rigueur qui le caractérise. Il distingue l'avarice au sens strict, qui concerne spécifiquement l'argent (cupiditas pecuniae), de l'avarice au sens large, qui englobe tout désir immodéré de biens temporels. L'Aquinate identifie l'avarice comme un péché directement opposé à la libéralité ou générosité, vertu qui règle l'usage des richesses selon la droite raison.
Saint Thomas explique que l'avarice est un péché selon deux modalités principales : par excès dans l'acquisition (cherchant à obtenir des biens par des moyens illicites ou avec une ardeur démesurée) et par défaut dans la distribution (refusant de donner ce qui devrait être donné selon la charité et la justice). Le vice de l'avarice réside essentiellement dans le fait d'aimer les richesses plus qu'il ne convient, leur attribuant une valeur excessive et en faisant la fin de son action plutôt qu'un simple moyen ordonné à des fins supérieures.
Gravité morale de l'avarice
L'avarice constitue un péché mortel lorsqu'elle conduit à violer la loi divine dans des matières graves, par exemple en volant, en fraudant, ou en refusant d'accomplir des devoirs stricts de justice ou de charité. Elle devient particulièrement grave quand elle pousse à négliger le salut éternel ou à transgresser directement les commandements de Dieu. Cependant, tout acte d'avarice n'est pas nécessairement un péché mortel : de petits attachements désordonnés aux biens matériels peuvent constituer des péchés véniels.
L'avarice présente un danger spirituel particulier car elle tend à obscurcir le jugement moral. L'avare devient progressivement incapable d'évaluer correctement la valeur relative des choses, plaçant les réalités temporelles au-dessus des biens spirituels et éternels. Cette inversion de l'ordre des valeurs conduit à une forme d'aveuglement spirituel qui peut durcir le cœur et éteindre la charité.
Filles de l'avarice
La tradition morale identifie six "filles" ou vices découlant de l'avarice. La dureté de cœur rend l'avare insensible aux besoins d'autrui et aux motions de la grâce. L'inquiétude ronge l'âme perpétuellement préoccupée par l'acquisition et la conservation des richesses. La violence surgit lorsque la convoitise pousse à s'emparer par la force des biens d'autrui. Le parjure et la fraude manifestent le mépris de la vérité au profit du gain matériel. La trahison représente le sommet de la dégradation morale, sacrifiant la fidélité et l'amitié pour l'argent, comme l'illustre tragiquement Judas Iscariote.
Remèdes et vertus opposées
La vertu directement opposée à l'avarice est la libéralité ou générosité, qui dispose à user des richesses selon la droite raison, donnant volontiers ce qu'il convient de donner. À un degré plus héroïque, la magnificence ordonne les grandes dépenses en vue du bien commun et de l'honneur de Dieu. La pauvreté évangélique, conseil de perfection, libère radicalement du joug de l'avarice en renonçant volontairement à la propriété des biens temporels.
La charité constitue le remède suprême à l'avarice, car elle ordonne l'amour à Dieu comme bien suprême et enseigne à voir dans les biens matériels de simples instruments au service de Dieu et du prochain. La pratique de l'aumône guérit progressivement le cœur de l'attachement désordonné aux richesses. La méditation sur les réalités éternelles et le détachement des biens périssables fortifie l'âme contre les tentations de la cupidité.
Usage dans la tradition spirituelle
Les Pères du désert considéraient l'avarice comme un obstacle majeur à la vie contemplative. Saint Jean Cassien, dans ses Institutions cénobitiques, décrit longuement ce vice et ses manifestations dans la vie monastique. Saint Bernard de Clairvaux dénonce avec véhémence l'avarice qui corrompait certains milieux ecclésiastiques de son temps. Sainte Catherine de Sienne, dans son Dialogue, rapporte les paroles du Père céleste condamnant l'avarice des pasteurs comme une plaie de l'Église.
Le Catéchisme de l'Église Catholique enseigne que "le détachement des richesses est nécessaire pour entrer dans le Royaume des cieux" (CEC 2544) et que "le désir du vrai bonheur dégage l'homme de l'attachement immodéré aux biens de ce monde" (CEC 2548).
Articles connexes
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Glossaire Latin : Caritas - Charité, remède à l'avarice
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Glossaire Latin : Cupiditas - Convoitise, désir désordonné
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Glossaire Latin : Liberalitas - Générosité, libéralité
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Glossaire Latin : Paupertas - Pauvreté évangélique
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Glossaire Latin : Vitium - Vice, défaut moral
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Sept péchés capitaux - Doctrine morale
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Vertus cardinales - Justice et tempérance
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Béatitudes - Pauvreté en esprit
Références
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Saint Thomas d'Aquin, Somme Théologique, II-II, q. 118
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Catéchisme de l'Église Catholique, nn. 2536-2557
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1 Timothée 6, 6-10 - Racine de tous les maux
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Saint Grégoire le Grand, Morales sur Job - Péchés capitaux
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Saint Jean Cassien, Institutions cénobitiques, Livre VII
Utilisation dans la liturgie
Le latin avaritia peut apparaître dans les prières, les hymnes et les textes liturgiques de l'Église catholique, témoignant de la richesse du patrimoine linguistique chrétien.
Références
- Latin classique
- Latin ecclésiastique
- Tradition liturgique
- Étymologie indo-européenne
Ce mot fait partie du glossaire latin complet de l'encyclopédie Tradiland, qui recense les principaux termes latins utilisés dans la tradition chrétienne et classique.