Summa Theologiae, Prima Secundae, Q. 15
Présentation
Cette question traite de : Du consentement
Structure scolastique
La réponse à cette question suit la méthode scolastique traditionnelle :
- Objections : Arguments contre la position qu'on défendra
- Sed Contra : Arguments en faveur de la position défendue
- Corpus : La réponse développée de Saint Thomas
- Responsiones : Réfutations des objections
Contenu détaillé
Définition du consentement
Le consentement, selon Saint Thomas d'Aquin, est l'acte par lequel la volonté accepte et choisit délibérément une action ou un bien particulier. C'est un acte volontaire qui engage la responsabilité morale du sujet. Le consentement se distingue de la simple intention en ce qu'il suppose non seulement de vouloir une fin, mais aussi d'adhérer aux moyens qui y conduisent.
Les degrés du consentement
Saint Thomas identifie plusieurs degrés progressifs du consentement dans l'acte humain :
- L'appétition des sens ou passion initiale
- La délibération rationnelle sur les moyens
- Le jugement de la raison pratique
- Le choix volontaire de l'action
- Le consentement à l'exécution de l'acte
Chaque degré constitue une étape dans la formation de l'acte moral, et c'est le consentement final qui détermine pleinement la moralité de l'action.
Relations avec la volonté et l'intention
Le consentement entretient des rapports étroits avec la volonté et l'intention. La volonté est la faculté qui pose l'acte de consentement, tandis que l'intention spécifie la fin vers laquelle le consentement se porte. Le consentement représente l'adhésion de la volonté à un objet particulier, après délibération et jugement rationnel.
Le rôle du consentement dans le péché
Dans la doctrine thomiste du péché, le consentement joue un rôle fondamental. C'est par le consentement que la volonté adhère au mal connu et délibéré. Sans consentement, il ne peut y avoir de véritable culpabilité morale. Le consentement transforme une passion ou une tentation en acte pécheur véritable, engageant pleinement la responsabilité du sujet.
Applications morales contemporaines
Le consentement demeure une notion centrale pour comprendre les obligations morales et la culpabilité dans les questionnements éthiques contemporains. Il s'applique à des domaines comme le consentement dans les relations interpersonnelles, les engagements contractuels et la participation consciente aux actions. La doctrine thomiste du consentement offre un cadre conceptuel pour évaluer la légitimité morale des actes humains.
Connexions thématiques
Cette question s'inscrit dans la Première Partie de la Seconde Partie de la Somme Théologique, qui traite de la moralité, des vertus, des passions et de la loi.
Références
- Saint Thomas d'Aquin, Summa Theologiae, Prima Secundae, Question 15
Q. 15 - Du consentement
Saint Thomas examine le consentement (consensus), l'acte par lequel la volonté approuve ce que le conseil a déterminé comme moyen convenable.
Introduction
Cette question traite du consentement comme acte de la volonté qui précède immédiatement le choix. Le consentement unit la volonté aux moyens que la raison a jugés appropriés pour atteindre la fin.
La nature du consentement
Le consentement est l'application de l'appétitif mouvant (la volonté) à ce qui a été ordonné par le conseil. Consentir, c'est littéralement "sentir ensemble avec" (cum-sentire), c'est-à-dire se joindre affectivement à ce que la raison propose. C'est un acte de la volonté, non de l'intellect.
Le consentement porte-t-il sur la fin ou sur les moyens
Le consentement porte proprement sur les moyens. Concernant la fin ultime, il n'y a pas à proprement parler consentement mais simple volition ou intention. On consent aux moyens en tant qu'on les approuve pour la fin, mais on veut la fin elle-même absolument.
Le consentement est-il un acte de la volonté
Le consentement est essentiellement un acte de la volonté, bien qu'il présuppose l'acte de l'intellect qu'est le conseil. C'est la volonté qui consent ou refuse, qui accepte ou rejette ce que la raison propose. La connaissance intellectuelle est une condition, mais l'adhésion est volontaire.
Distingue-t-on le consentement du choix
Le consentement se distingue du choix comme l'imparfait du parfait. Dans le consentement, la volonté s'unit aux moyens considérés en général ; dans le choix, elle se détermine à tel moyen particulier préférentiellement aux autres. Le consentement peut porter sur plusieurs moyens, le choix ne retient que l'un d'eux.
Le consentement concerne-t-il seulement l'acte ou aussi le plaisir
Le consentement peut porter non seulement sur l'acte extérieur, mais aussi sur la délectation intérieure que cet acte pourra procurer. Consentir à la délectation du péché est déjà pécher, même si l'acte extérieur n'est pas posé. C'est pourquoi la morale catholique enseigne que le consentement aux pensées mauvaises est coupable.
Le consentement peut-il être forcé
Le consentement intérieur ne peut être forcé, car la volonté est intrinsèquement libre et ne peut être contrainte de l'extérieur. Cependant, la crainte ou la violence peuvent influer sur le consentement en le rendant conditionnel ou relatif aux circonstances. D'où les débats sur la validité du consentement matrimonial donné sous contrainte.
Le consentement et la liberté humaine
Le consentement manifeste la liberté de la volonté humaine. Pouvoir consentir ou refuser est le propre de la créature raisonnable. Cette liberté fonde la responsabilité morale : nous sommes responsables de ce à quoi nous consentons. La grâce ne force pas le consentement mais l'attire et le fortifie.
Cet article est mentionné dans
- Q. 15 - Du consentement mentionne ce concept
- Question 42 : De la cause efficiente du Mariage (le consentement) mentionne ce concept
- Question 45 : Du consentement simulé ou forcé mentionne ce concept