Partie de : L'Imitation de Jésus-Christ - Livre 1
Partie de : L'Imitation de Jésus-Christ - Livre 1
Introduction
La grâce divine, bien qu'elle soit absolument gratuite et ne puisse être méritée par nos propres forces, exige néanmoins certaines dispositions de notre part pour être reçue fructueusement. Thomas à Kempis, dans ce chapitre de l'Imitation de Jésus-Christ, enseigne que l'âme doit se préparer activement à accueillir les dons de Dieu, à l'image du terrain qui doit être labouré avant de recevoir la semence. Cette préparation spirituelle constitue un élément essentiel de la vie chrétienne et détermine largement notre progrès dans la sainteté.
La Nature de la Grâce Divine
Avant d'examiner les dispositions nécessaires pour recevoir la grâce, il convient de comprendre ce qu'est la grâce elle-même. Saint Thomas d'Aquin, dans la Somme Théologique (Ia-IIae, q. 110), définit la grâce comme un don surnaturel de Dieu infusé dans l'âme. Elle élève la nature humaine au-dessus de ses capacités naturelles et la rend capable de connaître et d'aimer Dieu comme il mérite d'être connu et aimé.
On distingue principalement deux types de grâce : la [grâce sanctifiante](wiki/grâce sanctifiante) (ou habituelle), qui demeure dans l'âme et la sanctifie, faisant d'elle le temple de l'Esprit Saint ; et la grâce actuelle, qui est une aide divine temporaire pour accomplir un acte particulier. Les deux sont absolument nécessaires pour le salut et la sanctification, et toutes deux requièrent des dispositions appropriées de la part du récipiendaire.
Les deux types de grâce et leurs opérations
La [grâce sanctifiante](wiki/grâce sanctifiante) est le don permanent de Dieu qui réside dans l'âme, la mettant en état de grâce et l'habilitant à devenir enfant adoptif de Dieu. Elle restaure l'âme blessée par le péché originel et personnel, et infuse en elle les vertus infuses et les dons du Saint-Esprit. C'est cette grâce qui transforme l'âme de l'intérieur et la rend vraiment sainte, c'est-à-dire séparée du péché et destinée à la vie éternelle.
La [grâce actuelle](wiki/grâce actuelle), quant à elle, est l'aide temporaire que Dieu offre pour un acte particulier, une décision cruciale, ou une tentation à surmonter. Elle illumine l'intellect pour discerner la volonté divine et fortifie la volonté pour l'accomplir. Toute bonne action surnaturelle requiert la concurrence de la grâce actuelle, même pour celui qui possède la grâce sanctifiante. Cette distinction fondamentale, clarifiée par les théologiens du Concile de Trente, montre que Dieu ne cesse jamais d'agir dans l'âme du juste, maintenant et augmentant continuellement son amitié divine.
L'Humilité comme Disposition Fondamentale
L'humilité constitue la disposition primordiale pour recevoir la grâce. L'Écriture Sainte l'affirme clairement : "Dieu résiste aux orgueilleux, mais donne sa grâce aux humbles" (Jc 4, 6). L'âme orgueilleuse, se croyant autosuffisante, ferme la porte aux dons divins. Au contraire, l'âme humble reconnaît son néant et sa totale dépendance envers Dieu, s'ouvrant ainsi comme un vase vide prêt à recevoir les torrents de la grâce céleste.
Cette humilité ne se limite pas à une simple reconnaissance intellectuelle de notre petitesse ; elle doit s'enraciner profondément dans notre cœur et se manifester dans nos actes. Elle implique de reconnaître que tous nos dons proviennent de Dieu, que nos vertus ne sont que le fruit de sa grâce, et que sans lui nous ne pouvons rien faire de méritoire pour le salut. Comme l'enseigne saint Paul : "Qu'as-tu que tu n'aies reçu ?" (1 Co 4, 7).
Les saints, malgré l'abondance des grâces qu'ils recevaient, se considéraient toujours comme les derniers des pécheurs et les plus indignes des serviteurs de Dieu. Cette humilité profonde, loin de les décourager, les maintenait dans une dépendance totale envers la [miséricorde divine](wiki/miséricorde divine) et leur attirait des grâces toujours plus grandes. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus déclarait : "Plus nous sommes faibles, plus nous sommes propres aux opérations de cet Amour consumant et transformant".
Le combat contre l'orgueil et ses manifestations
L'orgueil, premier des [vices capitaux](wiki/vices capitaux), se manifeste sous de nombreuses formes souvent subtiles. Il n'apparaît pas seulement dans l'arrogance flagrante, mais aussi dans l'amour-propre, l'ambition cachée, la vanité spirituelle, et même dans la fierté de nos progrès spirituels. Certains âmes se vantent secrètement de leur vertu et de leur ferveur, se comparant favorablement aux autres dans le cœur, ce qui constitue un orgueil spiritual tout aussi dangereux que l'orgueil charnel.
Le véritable combat contre l'orgueil exige une connaissance sincère de soi-même. Saint Benoît d'Aniane recommandait l'examen régulier de conscience pour découvrir les racines cachées de l'orgueil en notre cœur. Cette introspection vigilante, menée dans l'amour divin et non dans l'auto-condamnation, nous permet de discerner comment l'orgueil se glisse même dans nos bonnes intentions. Elle ouvre alors le chemin à une véritable humilité, fondée non sur une dépression morbide mais sur une acceptation joyeuse de notre finitude et de notre dépendance envers le Christ.
La Pureté du Cœur
La pureté du cœur représente une autre disposition essentielle pour recevoir la grâce divine. Notre Seigneur l'a déclaré dans les Béatitudes : "Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu" (Mt 5, 8). Un cœur attaché aux créatures, esclave des passions désordonnées, ou souillé par le péché, ne peut accueillir pleinement la grâce divine. Comme l'eau pure ne peut se mélanger harmonieusement avec l'huile, la grâce divine pénètre difficilement un cœur encombré d'affections terrestres.
La pureté du cœur s'acquiert par un double mouvement : négatif d'abord, en éliminant les attachements désordonnés, les péchés, et les imperfections volontaires ; positif ensuite, en orientant toutes nos affections vers Dieu. [Saint Jean de la Croix](wiki/Saint Jean de la Croix), dans ses écrits mystiques, insiste particulièrement sur cette purification du cœur comme condition préalable aux plus hautes grâces contemplatives.
Cette purification exige un combat spirituel constant et l'usage fidèle des moyens de sanctification que l'Église met à notre disposition : les sacrements, particulièrement la confession régulière et l'Eucharistie, la prière, la mortification, et l'examen de conscience. Le sacrement de pénitence purifie l'âme de ses souillures et la dispose à recevoir de nouvelles grâces, tandis que l'Eucharistie nourrit l'âme et fortifie sa capacité à résister au péché.
La maîtrise des passions et la vertu de tempérance
La pureté du cœur est intimement liée à la tempérance, vertu cardinal qui modère l'usage des biens créés et domine les passions charnelles. Les passions désordonnées constituent un obstacle majeur à la réception de la grâce. Tandis que les passions elles-mêmes ne sont pas mauvaises (le Christ a éprouvé la compunction, la juste colère, l'indignation face au péché), leur désordre les rend contraires au plan divin.
La maîtrise des passions ne s'obtient pas par la répression violente ou l'étouffement du cœur, mais par une réorientation généreuse de nos affections vers Dieu. La mortification, bien comprise, consiste à refuser à nos passions ce qui les détourne de Dieu, non pour les détruire, mais pour les soumettre à la raison illuminée par la foi. Saint Thomas d'Aquin enseignait que les actes vertueux, répétés avec persévérance, créent des habitus (dispositions stables) qui transforment peu à peu notre nature.
L'intempérance, en ses diverses formes (luxure, gourmandise, ivrognerie), ferme le cœur à la délicatesse de la grâce divine. Au contraire, celui qui s'abstient généreusement des satisfactions désordonnées développe en lui une sensibilité spirituelle croissante, capable de discerner les mouvements subtils de l'Esprit Saint. C'est pourquoi les saints ont toujours mis l'accent sur le jeûne, la chasteté, et la sobriété comme dispositions essentielles à la vie de prière.
Le Désir Ardent de la Grâce
Dieu donne sa grâce proportionnellement au désir que nous en avons. Une âme tiède, qui ne recherche que mollement les dons divins, ne recevra que peu de grâces. Au contraire, une âme qui soupire ardemment après Dieu, qui le recherche de tout son cœur, qui "a soif de lui comme une terre aride" (Ps 63, 2), verra ses désirs comblés au-delà de toute espérance.
Ce désir de la grâce doit être authentique et non pas simplement émotionnel. Il se manifeste par des actes concrets : la prière fervente et persévérante, la fréquentation assidue des sacrements, la lecture spirituelle régulière, et la docilité aux inspirations de l'Esprit Saint. Celui qui désire véritablement la grâce prend les moyens nécessaires pour l'obtenir et se rend disponible à l'action de Dieu dans son âme.
Les saints brûlaient d'un désir insatiable des grâces divines. Sainte Catherine de Sienne s'écriait : "Ô Dieu éternel, recevez le sacrifice de ma vie en ce Corps mystique de la sainte Église. Je n'ai rien d'autre à donner que ce que vous m'avez donné. Prenez mon cœur et pressez-le sur la face de cette Épouse". Ce désir ardent de se donner totalement à Dieu et de recevoir ses dons caractérisait tous les grands mystiques.
La ferveur spirituelle et l'amour de Dieu
Le désir de la grâce s'enracine ultimement dans l'[amour de Dieu](wiki/amour de Dieu), qui est le plus grand des commandements et le principe vital de toute vie spirituelle authentique. Saint Jean nous enseigne : "Dieu est amour, et celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu" (1 Jn 4, 16). La ferveur spirituelle n'est donc pas une simple émulation romantique, mais l'expression authentique de cette charité ardente que l'Esprit Saint infuse dans les âmes dociles.
Cette ferveur se distingue de l'enthousiasme naturel ou de l'activisme spirituel. Elle se caractérise par une constance douce et profonde, une persévérance même dans l'aridité, une fidélité qui transcende les sentiments changeants. La charité théologale, infuse avec la grâce sanctifiante, engendre un désir surnaturel de plaire à Dieu et de lui être uni. Cette ardeur spirituelle grandit par les actes répétés : chaque prière sincère, chaque sacrifice consenti, chaque pardon accordé augmente l'intensité de ce désir.
Les états de vie les plus divers peuvent tous être vécus dans une ferveur authentique. Le mariage, la [vie religieuse](wiki/vie religieuse), et le sacerdoce constituent des chemins différents vers une même union transformante avec Dieu. Ce qui détermine la qualité spirituelle, c'est l'intensité du désir brûlant de servir Dieu et l'authenticité de l'amour manifesté dans le devoir d'état.
La Persévérance dans la Prière
La prière constitue le moyen privilégié d'obtenir la grâce divine. Notre Seigneur lui-même nous l'a enseigné : "Demandez et vous recevrez... Car quiconque demande reçoit" (Mt 7, 7-8). Mais cette prière doit être persévérante, confiante, et humble. Dieu éprouve parfois notre foi en différant l'exaucement de nos prières, non pas par indifférence, mais pour fortifier notre désir et notre confiance.
La prière qui dispose à recevoir la grâce n'est pas seulement celle des lèvres, mais celle du cœur. C'est une élévation de l'âme vers Dieu, une conversation intime avec lui, un abandon confiant à sa volonté. Elle peut prendre différentes formes : la [prière vocale](wiki/prière vocale), la méditation, la contemplation, les oraisons jaculatoires. L'essentiel est qu'elle soit sincère et régulière.
Saint Alphonse de Liguori enseignait que celui qui prie se sauve certainement, et celui qui ne prie pas se damne certainement. Cette affirmation, bien que forte, souligne l'importance absolue de la prière pour obtenir les grâces nécessaires au salut. Sans la prière, nous nous coupons du canal par lequel Dieu veut nous communiquer ses dons. Avec la prière, nous ouvrons toutes grandes les écluses du ciel.
La sécheresse spirituelle et la fidélité dans l'aridité
L'une des plus grandes épreuves de la vie de prière consiste en la sécheresse spirituelle, cet état où prière semble vaine, où Dieu paraît absent, où aucun sentiment de consolation spirituelle n'accompagne nos efforts. Beaucoup d'âmes généreuses, rencontrant cette aridité, croient avoir perdu la grâce de Dieu et abandonnent la prière. C'est une grave erreur spirituelle.
La sécheresse spirituelle, loin d'être une punition divine, est très souvent une disposition de la providence pour purifier notre prière de toute recherche égoïste de consolation. Dieu teste notre amour véritable : nous le prions par pur amour, sans attendre en retour une sensation agréable. Saint Jean de la Croix, dans sa description magistrale de la « nuit obscure », montre comment cette aridité constitue paradoxalement une phase profonde de transformation spirituelle, où Dieu opère dans l'âme à un niveau que nos facettes sensibles ne peuvent percevoir.
La persévérance dans la prière pendant la sécheresse développe une foi robuste et une [vertu d'espérance](wiki/vertu d'espérance) qui transcende les sentiments trompeurs. C'est précisément dans ces moments où le priant continue fidèlement sans consolation que s'accomplit l'union mystique la plus profonde avec le Christ crucifix, qui a lui-même crié : "Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?" Celui qui persévère dans la prière pendant l'aridité reçoit des grâces extraordinaires d'établissement dans la volonté divine.
Le Détachement des Créatures
Le détachement des créatures facilite grandement la réception de la grâce divine. Un cœur trop attaché aux biens terrestres, aux honneurs, aux plaisirs sensibles, ou même aux consolations spirituelles, ne peut s'ouvrir pleinement à Dieu. Comme l'enseigne saint Jean de la Croix, "un fil, si mince soit-il, retient l'oiseau aussi efficacement qu'une chaîne". De même, un attachement apparemment minime peut entraver considérablement notre progrès spirituel.
Ce détachement ne signifie pas nécessairement l'abandon matériel de toutes choses, mais plutôt un détachement intérieur, une liberté du cœur qui permet d'utiliser les créatures sans s'y attacher indûment. Il s'agit d'aimer Dieu plus que tout et d'être disposé à renoncer à n'importe quelle créature si elle devient un obstacle à notre union avec lui.
Le détachement s'exerce progressivement, en commençant par les attachements les plus grossiers pour aller vers les plus subtils. Il faut d'abord renoncer aux péchés et aux occasions prochaines de péché, puis aux plaisirs illicites, ensuite aux plaisirs licites mais superflus, et finalement même aux consolations spirituelles quand Dieu le demande. Cette purification graduelle prépare l'âme à l'union transformante avec Dieu.
L'usage divin des créatures et la vertu de justice
Le détachement ne signifie nullement le mépris des créatures ou une attitude de destruction nihiliste. Au contraire, le détachement bien compris permet un usage authentiquement vertueux des biens créés, guidé par la justice qui donne à chacun ce qui lui est dû. La création entière est l'œuvre de Dieu et reflète sa bonté ; méprise les créatures reviendrait à dédaigner cette manifestation divine.
La [vertu de justice](wiki/vertu de justice) dans l'usage des créatures consiste à les utiliser selon l'ordre divin : en priorité pour satisfaire nos besoins légitimes et ceux de notre prochain, puis pour cultiver les beautés spirituelles et intellectuelles que Dieu y a inscrites. Le détachement permet ce jugement equilibré, libéré du désir égoïste de possession. Un cœur véritablement détaché de la richesse peut l'utiliser avec sagesse pour soulager la misère ; celui qui se croit détaché mais la cache avec cupidité se trompe lui-même.
Les grands ordres religieux, notamment les Franciscains, ont illustré cette philosophie du détachement actif : posséder peu pour libérer le cœur, mais servir généreusement la création et les créatures au nom de l'amour divin. C'est ce que Saint François d'Assise appelait la pauvreté heureuse et libératrice, qui dispose l'âme à recevoir les trésors infinis de la grâce divine précisément parce qu'elle ne retient rien pour elle-même.
La Docilité à l'Esprit Saint
La docilité aux inspirations de l'Esprit Saint constitue une disposition cruciale pour recevoir et faire fructifier la grâce. L'Esprit Saint, qui est l'Amour substantiel du Père et du Fils, habite dans l'âme en état de grâce et la guide vers la sainteté par ses inspirations intérieures. Mais ces inspirations, souvent délicates et discrètes, peuvent être facilement étouffées par notre égoïsme, notre attachement à nos propres idées, ou notre résistance à la volonté divine.
Cette docilité exige une attention vigilante aux mouvements intérieurs de notre âme, un discernement pour distinguer les inspirations divines des tentations ou des illusions, et un courage pour suivre promptement les lumières reçues. Saint Paul nous exhorte : "N'éteignez pas l'Esprit" (1 Th 5, 19). Chaque inspiration négligée diminue notre sensibilité spirituelle et rend plus difficiles les inspirations futures.
Les dons du Saint-Esprit, infusés avec la grâce sanctifiante, rendent l'âme particulièrement docile aux inspirations divines. Ces sept dons (sagesse, intelligence, conseil, force, science, piété, crainte de Dieu) perfectionnent les vertus et permettent à l'Esprit Saint de mouvoir l'âme avec une aisance croissante. La vie spirituelle mûre se caractérise par une docilité toujours plus grande à ces mouvements divins.
L'Acceptation des Épreuves
Paradoxalement, l'acceptation généreuse des épreuves et des souffrances constitue une disposition privilégiée pour recevoir de grandes grâces. La croix, loin d'être un obstacle à la grâce, en est souvent le véhicule privilégié. Les plus grands saints ont reçu leurs grâces les plus sublimes dans les moments de plus grande souffrance et d'apparente désolation spirituelle.
Cette acceptation des épreuves ne doit pas être passive ou fataliste, mais active et confiante. Il s'agit de voir dans chaque croix un don de Dieu, un moyen de purification, une opportunité de se configurer au Christ crucifié. Saint Paul pouvait ainsi se glorifier de ses faiblesses, sachant que "la puissance de Dieu se déploie dans la faiblesse" (2 Co 12, 9).
Les épreuves, acceptées avec foi et amour, purifient l'âme de ses scories, détachent le cœur des créatures, humilient l'orgueil, et disposent ainsi l'âme à recevoir des grâces extraordinaires. Sainte Thérèse d'Avila affirmait : "Dieu traite ses amis terriblement mal", mais elle ajoutait aussitôt : "C'est pourquoi il a si peu d'amis". Les vrais amis de Dieu acceptent joyeusement les épreuves qu'il leur envoie, sachant qu'elles sont des gages de son amour particulier.