Traduction française : utilité, avantage
Traduction anglaise : usefulness, advantage
Grammaire) : noun, f., 3rd declension
Exemple d'utilisation
Utilitas rei maxima est.
Utilitas rei maxima est.
## Étymologie
From utilis (useful) + -itas, from uti (use)
## Contexte linguistique
Le mot latin **utilitas** appartient à la riche tradition de la langue latine, langue liturgique et classique qui a façonné la culture occidentale pendant plus de deux millénaires.
### Importance dans la tradition
- Utilisé dans les textes liturgiques et doctrinaux
- Racine de nombreux mots français et européens
- Témoin de l'évolution linguistique indo-européenne
## Utilisation dans la liturgie
Le latin **utilitas** peut apparaître dans les prières, les hymnes et les textes liturgiques de l'Église catholique, témoignant de la richesse du patrimoine linguistique chrétien.
## Références
- Latin classique
- Latin ecclésiastique
- Tradition liturgique
- Étymologie indo-européenne
(L'utilité de la chose est très grande)
```latin
Omnia licent, sed non omnia expediunt.
(Tout est permis, mais tout n'est pas utile - 1 Co 6,12)
Étymologie
Le terme utilitas dérive de l'adjectif utilis (utile, profitable, avantageux) auquel s'ajoute le suffixe abstrait -itas formant un nom féminin de la troisième déclinaison. L'adjectif utilis provient lui-même du verbe déponent utor, uti, usus sum (utiliser, se servir de, employer). La racine indo-européenne *h₃ewt- signifie "prendre, saisir, utiliser". En latin classique, utilitas désigne le caractère utile d'une chose, son avantage, son profit, son intérêt pratique. Le terme a produit en français "utilité", "utile", "utiliser", "utilitaire", ainsi qu'en italien "utilità" et en anglais "utility", "utilitarian".
Utilité et bien commun dans la théologie morale
L'utilité subordonnée au bien moral
La théologie morale catholique refuse l'utilitarisme qui ferait de l'utilité le critère ultime de la moralité. Saint Thomas d'Aquin enseigne que l'utilité (utilitas) ne constitue pas une fin en soi mais doit être ordonnée au bien honnête (bonum honestum). Une action n'est pas bonne simplement parce qu'elle est utile, mais parce qu'elle est conforme à la droite raison et à la loi divine. L'utile (utile) se distingue de l'honnête (honestum) et du délectable (delectabile) comme trois aspects du bien, mais l'honnête possède la primauté dans l'ordre moral.
Critique de l'utilitarisme moderne
L'utilitarisme philosophique de Jeremy Bentham et John Stuart Mill, qui définit le bien moral comme ce qui maximise l'utilité (le bonheur du plus grand nombre), s'oppose radicalement à l'éthique catholique. L'encyclique Veritatis Splendor de Jean-Paul II critique les éthiques téléologiques et proportionnalistes qui jugent de la moralité d'un acte uniquement par ses conséquences utiles, sans considérer sa conformité intrinsèque à la loi morale. Il existe des actes intrinsèquement mauvais (intrinsece mala) qu'aucune circonstance ni intention, même utile, ne peut justifier.
L'utilité dans le droit canonique et la pastorale
Utilitas Ecclesiae
Le droit canonique invoque fréquemment l'utilitas Ecclesiae (utilité de l'Église) ou le bonum commune (bien commun) comme critères pour certaines décisions pastorales et juridiques. Par exemple, le Code de Droit Canonique de 1983 permet certaines dispenses ou adaptations lorsque l'utilité pastorale le requiert. Cependant, cette utilité ecclésiale ne signifie jamais pur pragmatisme mais désigne le bien spirituel authentique des fidèles et la mission d'évangélisation de l'Église.
Principe de subsidiarité
La doctrine sociale de l'Église, développée notamment par Pie XI dans Quadragesimo Anno, articule le principe de subsidiarité selon lequel ce qui peut être accompli par une instance inférieure ne doit pas être assumé par une instance supérieure. Ce principe reconnaît l'utilité et la dignité propre de chaque niveau d'organisation sociale tout en les ordonnant au bien commun supérieur. L'utilité sociale n'écrase pas la personne mais la respecte et la promeut.
Usage classique et expressions
Cui bono?
L'expression latine "Cui bono?" (À qui profite-t-il? À qui cela est-il utile?) attribuée à Cicéron pose la question de l'utilité ou de l'intérêt qu'une personne tire d'une action. Dans un contexte judiciaire, cette question aide à identifier les motifs d'un crime. Plus largement, elle invite à considérer les intérêts en jeu dans toute situation.
Dulce et utile
Horace dans son Art poétique affirme que la poésie doit combiner le dulce (l'agréable) et l'utile (utile). Cette formule esthétique reconnaît que l'art authentique ne se réduit ni au pur divertissement ni à la pure instruction morale, mais harmonise beauté et utilité. La littérature chrétienne a repris ce principe en affirmant que les Écritures sont à la fois douces au palais spirituel et utiles pour l'instruction dans la justice.
Dans la tradition monastique
Ora et labora
La Règle de saint Benoît équilibre prière (ora) et travail (labora), reconnaissant l'utilité du travail manuel pour subvenir aux besoins de la communauté tout en le subordonnant à la finalité contemplative de la vie monastique. Le travail possède une utilitas temporelle mais aussi spirituelle : il combat l'oisiveté, mère de tous les vices, et sanctifie le moine qui l'accomplit en esprit d'obéissance et d'humilité. L'utilité matérielle du travail ne s'oppose pas à sa valeur ascétique et spirituelle.
Articles connexes
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bonum : bien
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finis : fin, but
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opus : œuvre, travail
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commodum : avantage, commodité
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prudentia : prudence
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iustitia : justice
Références
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Somme Théologique de saint Thomas d'Aquin, Ia-IIae, q. 18 (sur la bonté morale)
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Jean-Paul II, Encyclique Veritatis Splendor (1993)
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Pie XI, Encyclique Quadragesimo Anno (1931)
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Code de Droit Canonique (1983)
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Saint Benoît, Règle monastique
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Cicéron, De Officiis (Des devoirs)
Contexte linguistique
Le mot latin utilitas appartient à la riche tradition de la langue latine, langue liturgique et classique qui a façonné la culture occidentale pendant plus de deux millénaires.
Importance dans la tradition
- Utilisé dans les textes liturgiques et doctrinaux
- Racine de nombreux mots français et européens
- Témoin de l'évolution linguistique indo-européenne
Utilisation dans la liturgie
Le latin utilitas peut apparaître dans les prières, les hymnes et les textes liturgiques de l'Église catholique, témoignant de la richesse du patrimoine linguistique chrétien.
Références
- Latin classique
- Latin ecclésiastique
- Tradition liturgique
- Étymologie indo-européenne
Ce mot fait partie du glossaire latin complet de l'encyclopédie Tradiland, qui recense les principaux termes latins utilisés dans la tradition chrétienne et classique.