Traduction française : temps
Traduction anglaise : time
Grammaire : noun, n. (3rd decl.)
Exemple d'utilisation
Tempus fugit et non redit.
Étymologie
Gives 'temporal', French 'temps'; PIE *tempos- (stretch)
Contexte linguistique
Le mot latin tempus appartient à la riche tradition-platon-aristote-boece) de la langue latine, langue liturgique et classique qui a façonné la culture occidentale pendant plus de deux millénaires.
Importance dans la tradition
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Utilisé dans les textes liturgiques et doctrinaux
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Racine de nombreux mots français et européens
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Témoin de l'évolution linguistique indo-européenne
Mots apparentés
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temperantia : tempérance
Utilisation dans la liturgie
Le latin tempus peut apparaître dans les prières, les hymnes et les textes liturgiques de l'Église catholique-catholique-partie-1-leglise-catholique), témoignant de la richesse du patrimoine linguistique chrétien.
Références
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Latin ecclésiastique
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Tradition liturgique
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Étymologie indo-européenne
Tempus fugit irreparabile.
*"Le temps fuit de manière irréparable."* (Virgile, *Géorgiques* III, 284)
## Étymologie
Le terme **tempus** provient de la racine proto-indo-européenne *\*temp-* qui évoque l'idée d'étendre, de tendre, suggérant la notion de durée et d'extension. Cette racine a donné en français "temps", "temporel", "temporaire", "tempérer" (car le temps tempère les choses), ainsi que l'anglais "time", "temporal", "temporary". Le lien étymologique avec *temperantia* (tempérance) reflète l'idée d'une juste mesure appliquée au temps.
## Signification philosophique et théologique
### Le temps dans la philosophie classique
Dans la pensée antique, le temps pose une question métaphysique fondamentale. Aristote le définit comme "le nombre du mouvement selon l'avant et l'après" (*Physique*, IV, 11). Cette conception aristotélicienne du temps comme mesure du changement influencera profondément [la scolastique](/wiki/fondements-theologie-sacree) médiévale.
Pour les stoïciens, le temps (*tempus*) est cyclique, tandis que pour les platoniciens, le temps est "l'image mobile de l'éternité immobile", une participation dégradée à l'éternité divine.
### Le temps selon saint Augustin
[Saint Augustin](/wiki/saint-augustin) consacre au temps une réflexion célèbre dans les *Confessions* (Livre XI). Il y médite sur le paradoxe du temps : "Qu'est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; si je cherche à l'expliquer à celui qui m'interroge, je ne le sais plus." Pour Augustin, le temps n'existe que dans l'âme humaine comme distension (*distentio animi*) entre la mémoire du passé, l'attention au présent et l'attente de l'avenir.
Le temps créé s'oppose à l'éternité divine. Dieu a créé le monde *cum tempore* (avec le temps), non *in tempore* (dans le temps), car le temps lui-même fait partie de [la création](/wiki/creation). L'éternité divine est un présent absolu, un *nunc stans* (maintenant permanent), sans succession ni changement.
### La doctrine thomiste du temps
[Saint Thomas d'Aquin](/wiki/saint-thomas-aquin), suivant Aristote, définit le temps comme "la mesure du mouvement selon l'avant et l'après" (*Somme Théologique*, Ia, q. 10, a. 4). Il distingue soigneusement :
- **Tempus** : le temps, succession mesurable qui affecte les créatures matérielles
- **Aeternitas** : l'éternité, possession simultanée et parfaite d'une vie sans limite, propre à Dieu seul
- **Aevum** : l'évitérnité, mode d'être des anges et des âmes séparées, sans succession mais avec une certaine mutabilité
Le temps, pour Thomas, est réel mais relatif : il dépend du mouvement des créatures et de l'intelligence qui le mesure. Sans créatures mobiles et sans intelligence pour compter, il n'y aurait pas de temps.
## Le temps liturgique
Dans la tradition liturgique catholique, **tempus** désigne les différents temps de l'année ecclésiastique. L'Église sanctifie le temps par le cycle liturgique qui actualise les mystères du Christ à travers les saisons :
- **Tempus Adventus** : le temps de l'Avent, préparation à Noël
- **Tempus Nativitatis** : le temps de la Nativité
- **Tempus Quadragesimae** : le temps du Carême, les quarante jours de préparation à Pâques
- **Tempus Paschale** : le temps pascal, cinquante jours de Pâques à la Pentecôte
- **Tempus per annum** : le temps ordinaire
Cette sanctification du temps manifeste que toute la durée de l'histoire humaine est ordonnée au Christ, "Alpha et Oméga, celui qui est, qui était et qui vient" (Ap 1, 8). Le temps liturgique transforme le *chronos* (temps chronologique) en *kairos* (temps de [la grâce](/wiki/loi-grace)).
## Expressions liturgiques et patristiques
La liturgie latine recourt abondamment au vocabulaire du temps :
- *"Tempore accepto"* : au temps favorable (2 Co 6, 2), formule utilisée dans la liturgie du Carême
- *"Tempus flendi et tempus ridendi"* : un temps pour pleurer et un temps pour rire (Qo 3, 4)
- *"Tempus tacendi et tempus loquendi"* : un temps pour se taire et un temps pour parler (Qo 3, 7)
- *"In tempore opportuno"* : au temps opportun, au moment voulu par Dieu
Les Pères de l'Église méditent constamment sur la brièveté du temps et l'urgence de la conversion. Saint Jérôme exhorte : *"Dum tempus habemus, operemur bonum"* – "Tant que nous avons le temps, faisons le bien" (Ga 6, 10).
## Le temps dans l'eschatologie chrétienne
La conception chrétienne du temps est linéaire et orientée : le temps a un commencement ([la création](/wiki/creation)) et une fin (la parousie). Cette vision s'oppose à la conception cyclique du temps dans les religions païennes.
Saint Paul enseigne que *"la plénitude du temps"* (*plenitudo temporis*) est venue avec l'Incarnation du Verbe (Ga 4, 4). Le Christ est le centre du temps, qui divise l'histoire en "avant" et "après" sa venue. L'expression *Anno Domini* (en l'an du Seigneur) témoigne de cette centralité christologique du temps.
Le temps présent est le *tempus gratiae* (temps de [la grâce](/wiki/loi-grace)), le *tempus salutis* (temps du salut), durant lequel s'opère le mystère de la Rédemption. À la fin des temps, le temps lui-même cessera pour laisser place à l'éternité bienheureuse des élus.
## Réflexions spirituelles sur le temps
La tradition spirituelle chrétienne insiste sur le bon usage du temps. Saint Benoît, dans sa *Règle*, organise minutieusement le temps des moines entre prière (*opus Dei*), travail et lectio divina. Cette sanctification des heures manifeste que tout temps appartient à Dieu.
Les maîtres spirituels enseignent l'importance de vivre dans le présent, ce que le Père Jean-Pierre de Caussade appelle "l'abandon à [la Providence divine](/wiki/summa-q22-de-la-providence-divine)" et "le sacrement du moment présent". Chaque instant est une grâce à accueillir, un don de Dieu à recevoir avec gratitude.
La méditation sur la fuite du temps (*tempus fugit*) sert traditionnellement à stimuler la conversion et le détachement des biens terrestres. Les memento mori médiévaux rappellent que notre temps sur terre est compté et que nous devons en rendre compte à Dieu.
### Étymologie et origine
Le terme trouve son origine dans le latin classique, où il était employé dans des contextes variés de la littérature romaine. L'analyse étymologique révèle les racines indo-européennes et l'évolution sémantique à travers les siècles. Les transformations phonétiques et morphologiques témoignent de la richesse linguistique du latin.
### Usage dans la littérature classique
Les auteurs classiques comme Cicéron, Virgile et Sénèque ont utilisé ce terme avec des nuances spécifiques. Dans les œuvres de Cicéron, notamment dans les discours philosophiques, le mot revêt une dimension particulière. Virgile l'emploie dans l'Énéide pour exprimer des concepts essentiels à la compréhension de l'épopée romaine.
### Évolution sémantique
Cette section développe les aspects essentiels de évolution sémantique. L'analyse approfondie révèle des dimensions importantes pour la compréhension du sujet. Les sources traditionnelles et l'enseignement de l'Église apportent un éclairage précieux. Les implications théologiques et pratiques méritent une attention particulière pour saisir toute la richesse de cette question.
## Articles connexes
- [Aeternitas](/wiki/glossaire-latin-acedia) : L'éternité
- [Chronos](/wiki/glossaire-latin-acedia) : Le temps chronologique
- [Dies](/wiki/glossaire-latin-dies) : Le jour
- [Hora](/wiki/glossaire-latin-hora) : L'heure
- [Adventus](/wiki/glossaire-latin-acedia) : L'Avent
- [Quadragesima](/wiki/glossaire-latin-acedia) : Le Carême
- [Pascha](/wiki/glossaire-latin-acedia) : Pâques
- [Annus](/wiki/glossaire-latin-annus) : L'année
## Étymologie
Gives 'temporal', French 'temps'; PIE *tempos- (stretch)
## Contexte linguistique
Le mot latin **tempus** appartient à la riche tradition de la langue latine, langue liturgique et classique qui a façonné la culture occidentale pendant plus de deux millénaires.
### Importance dans la tradition
- Utilisé dans les textes liturgiques et doctrinaux
- Racine de nombreux mots français et européens
- Témoin de l'évolution linguistique indo-européenne
## Mots apparentés
- [temperantia](/wiki/glossaire-latin-temperantia) : tempérance
- [temperantia](/wiki/glossaire-latin-temperantia) : tempérance
## Utilisation dans la liturgie
Le latin **tempus** peut apparaître dans les prières, les hymnes et les textes liturgiques de l'Église catholique, témoignant de la richesse du patrimoine linguistique chrétien.
## Références
- Latin classique
- Latin ecclésiastique
- Tradition liturgique
- Étymologie indo-européenne
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*Ce mot fait partie du [glossaire latin complet](/wiki/glossaire-latin-index) de l'encyclopédie Tradiland, qui recense les principaux termes latins utilisés dans la tradition chrétienne et classique.*
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[rhetorique-latine](/wiki/latin)
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