Traduction française : figure
Traduction anglaise : figure of speech, shape
Grammaire : noun, f, 1st declension
Exemple d'utilisation
Figurae rhetoricae ornatae sunt.
Étymologie
from fingere (shape, form)
Contexte linguistique
Le mot latin figura appartient à la riche tradition de la langue latine, langue liturgique et classique qui a façonné la culture occidentale pendant plus de deux millénaires.
Importance dans la tradition
-
Utilisé dans les textes liturgiques et doctrinaux
-
Racine de nombreux mots français et européens
-
Témoin de l'évolution linguistique indo-européenne
Utilisation dans la liturgie
Le latin figura peut apparaître dans les prières, les hymnes et les textes liturgiques de l'Église catholique, témoignant de la richesse du patrimoine linguistique chrétien.
Références
-
Latin ecclésiastique
-
Tradition liturgique
-
Étymologie indo-européenne
La figure dans l'exégèse biblique
Le terme figura (figure, forme, image, type) occupe une place centrale dans l'exégèse chrétienne traditionnelle. Il désigne une réalité de l'Ancien Testament qui préfigure et annonce une réalité plus pleine du Nouveau Testament. Cette méthode d'interprétation, appelée "typologie" ou "lecture figurative", permet de comprendre l'unité profonde des deux Testaments et de voir comment le mystère du Christ était déjà annoncé dans les institutions, les personnages et les événements de l'histoire d'Israël.
Typologie biblique
Saint Paul affirme que les événements de l'Ancien Testament "sont arrivés pour nous servir de figures" (1 Co 10,6). Adam est "la figure de celui qui devait venir" (Rm 5,14), c'est-à-dire du Christ, nouvel Adam. Le sacrifice d'Isaac préfigure le sacrifice du Fils unique du Père. Le passage de la Mer Rouge est une figure du baptême. La manne du désert préfigure l'Eucharistie, vrai pain descendu du ciel.
Cette lecture typologique ne supprime pas le sens littéral historique des événements de l'Ancien Testament, mais le dépasse et le complète. Les figures vétérotestamentaires possédaient une réalité historique propre tout en annonçant prophétiquement les mystères du Christ et de l'Église.
Les quatre sens de l'Écriture
La tradition patristique et médiévale distingue quatre sens de l'Écriture, résumés par le distique médiéval : "Littera gesta docet, quid credas allegoria, moralis quid agas, quo tendas anagogia" (La lettre enseigne les faits, l'allégorie ce qu'il faut croire, le sens moral ce qu'il faut faire, l'anagogie vers quoi il faut tendre).
Le sens figuratif ou allégorique désigne particulièrement le sens typologique où les réalités de l'Ancien Testament préfigurent le Christ et l'Église. Par exemple, le déluge est une figure du baptême (1 P 3,20-21), Jérusalem est une figure de l'Église, le Temple préfigure le Corps du Christ (Jn 2,21).
Sacrements et figures
La théologie sacramentaire emploie largement le concept de figura. Les sacrements de la Loi ancienne (circoncision, sacrifices, purifications) étaient des figures des sacrements de la Loi nouvelle institués par le Christ. Saint Thomas d'Aquin enseigne que les sacrements anciens "figuraient" la grâce sans la conférer, tandis que les sacrements nouveaux la contiennent et la communiquent réellement.
L'Eucharistie est particulièrement riche en figures vétérotestamentaires : le sacrifice d'Abel, celui de Melchisédech, l'agneau pascal, la manne, les pains de proposition. Toutes ces réalités étaient des ombres et des figures de la réalité parfaite qu'est le sacrifice eucharistique du Christ.
Figure et réalité
La relation entre la figure et ce qu'elle préfigure (la réalité ou "vérité") structure toute l'histoire du salut. L'Ancien Testament est le temps des figures, des ombres, des promesses. Le Nouveau Testament est le temps de l'accomplissement, de la réalité, de la plénitude. Saint Paul écrit : "Ces choses ne sont que l'ombre des biens à venir ; la réalité, c'est le Christ" (Col 2,17).
Toutefois, même dans le Nouveau Testament, nous ne possédons pas encore la plénitude absolue. Les sacrements eux-mêmes sont des figures de la gloire céleste. L'Eucharistie est signe et figure (signum et figura) du banquet éternel. Ainsi, toute l'économie sacramentelle terrestre est figurative de la réalité céleste, selon l'Épître aux Hébreux qui présente le culte terrestre comme "figure et ombre des réalités célestes" (Hb 8,5).
Figures rhétoriques dans la prédication
Le terme figura désigne également les figures de style utilisées dans la rhétorique classique et adaptées à la prédication chrétienne. Saint Augustin, dans son traité De doctrina christiana, enseigne comment l'orateur sacré doit user des figures rhétoriques pour rendre la parole de Dieu persuasive et touchante.
L'Écriture elle-même emploie de nombreuses figures de style : métaphores, allégories, paraboles, hyperboles. Le Christ est appelé "agneau de Dieu" (métaphore), "vigne véritable" (allégorie), "lumière du monde" (image). Ces figures ne sont pas de simples ornements, mais des moyens d'exprimer des vérités spirituelles qui dépassent le langage littéral.
Les Pères de l'Église et l'exégèse figurative
Les Pères de l'Église, tant orientaux qu'occidentaux, ont largement développé l'interprétation figurative de l'Écriture. Origène, Saint Augustin, Saint Jean Chrysostome ont découvert dans les moindres détails de l'Ancien Testament des figures du Christ et des mystères chrétiens. Cette exégèse spirituelle, loin d'être arbitraire, s'appuie sur le Nouveau Testament lui-même qui identifie explicitement certaines figures.
Saint Augustin résume cette vision dans sa formule célèbre : "Novum Testamentum in Vetere latet, Vetus in Novo patet" (Le Nouveau Testament est caché dans l'Ancien, l'Ancien est manifesté dans le Nouveau).
Articles connexes
-
Typus - Le type, la préfiguration
-
Signum - Le signe sacramentel
-
Sacramentum - Le sacrement
-
Mysterium - Le mystère révélé
-
Umbra - L'ombre qui préfigure
-
Veritas - La vérité figurée
-
Allegoria - L'allégorie biblique
-
Prophétia - La prophétie figurative
Utilisation dans la liturgie
Le latin figura peut apparaître dans les prières, les hymnes et les textes liturgiques de l'Église catholique, témoignant de la richesse du patrimoine linguistique chrétien.
Références
- Latin classique
- Latin ecclésiastique
- Tradition liturgique
- Étymologie indo-européenne
Ce mot fait partie du glossaire latin complet de l'encyclopédie Tradiland, qui recense les principaux termes latins utilisés dans la tradition chrétienne et classique.