Traduction française : bienveillance
Traduction anglaise : benevolence, goodwill
Grammaire : nom. f. (1st declension)
Exemple d'utilisation
Benevolentia conciliat animos.
Étymologie
From bene 'well' + volo 'wish'. racine de 'benevolence'.
Contexte linguistique
Le mot latin benevolentia appartient à la riche tradition de la langue latine, langue liturgique et classique qui a façonné la culture occidentale pendant plus de deux millénaires.
Importance dans la tradition
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Utilisé dans les textes liturgiques et doctrinaux
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Racine de nombreux mots français et européens
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Témoin de l'évolution linguistique indo-européenne
Mots apparentés
- benedictio : bénédiction
Utilisation dans la liturgie
Le latin benevolentia peut apparaître dans les prières, les hymnes et les textes liturgiques de l'Église catholique, témoignant de la richesse du patrimoine linguistique chrétien.
Références
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Latin ecclésiastique
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Tradition liturgique
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Étymologie indo-européenne
Traduction française : bienveillance, bonne volonté
Traduction anglaise : benevolence, goodwill
Grammaire : nom féminin (1ère déclinaison, genitif : benevolentiae)
Présentation générale
Le terme latin benevolentia désigne la disposition intérieure favorable envers autrui, la bonne volonté, la bienveillance. Composé de bene (bien) et volo (vouloir), il exprime littéralement le fait de "vouloir du bien" à quelqu'un. Dans la tradition morale catholique, la benevolentia constitue une vertu importante qui dispose à la charité et facilite les relations humaines harmonieuses. Elle se distingue de la simple courtoisie extérieure par son caractère intérieur et sincère : elle procède d'une disposition habituelle de l'âme à souhaiter authentiquement le bien d'autrui. La bienveillance chrétienne s'enracine dans la reconnaissance de la dignité de toute personne créée à l'image de Dieu.
Étymologie et nuances sémantiques
Formation du terme
Le mot benevolentia se compose de bene (bien, adverbe) et du verbe volo, velle (vouloir). Cette construction souligne que la bienveillance n'est pas d'abord un sentiment spontané mais un acte de volonté délibéré. On peut vouloir le bien de quelqu'un même sans éprouver d'affection naturelle pour cette personne. Cette dimension volontaire de la benevolentia la rend possible même envers ceux qui nous sont étrangers ou difficiles.
Le terme a donné en français "bienveillance" et "bénévole" (celui qui veut le bien, qui agit gratuitement), en anglais "benevolence", en italien "benevolenza". Ces dérivés témoignent de la fécondité du concept dans les langues modernes et de son importance dans l'éthique occidentale.
Distinction avec d'autres vertus
La benevolentia se distingue de la caritas (charité) qui est plus élevée et englobe l'amour de Dieu et du prochain pour l'amour de Dieu. La bienveillance peut exister au niveau naturel, tandis que la charité est une vertu théologale infuse. Elle diffère également de l'amicitia (amitié) qui implique réciprocité et choix mutuel. La bienveillance peut être unilatérale et s'exercer même envers ceux qui ne nous le rendent pas.
La benevolentia s'apparente à la benignitas (bonté, douceur) mais se distingue par son caractère plus actif : elle ne se contente pas d'être bien disposée, mais cherche effectivement le bien de l'autre. Saint Thomas d'Aquin la mentionne parmi les actes de la charité et les fruits de l'Esprit Saint.
La bienveillance dans l'Écriture
Enseignement évangélique
Bien que le terme latin benevolentia ne soit pas fréquent dans la Vulgate, le concept traverse toute l'Écriture. Le Christ enseigne : "Faites aux autres ce que vous voudriez qu'ils fassent pour vous" (Mt 7, 12), principe qui implique une bienveillance universelle. La parabole du Bon Samaritain (Lc 10, 25-37) illustre magnifiquement la benevolentia en acte : l'homme qui secourt son prochain fait preuve d'une bienveillance qui dépasse les frontières ethniques et religieuses.
Saint Paul exhorte les chrétiens à la bienveillance mutuelle : "Soyez bons les uns envers les autres, compatissants" (estote invicem benigni, misericordes, Ep 4, 32). Cette vertu caractérise les relations fraternelles dans la communauté ecclésiale et témoigne de la transformation opérée par l'Esprit Saint.
La bienveillance divine
L'expression "hommes de bonne volonté" (hominibus bonae voluntatis) dans le Gloria (Lc 2, 14) peut se comprendre comme désignant soit les hommes qui ont une bonne volonté, soit les hommes objets de la bienveillance divine. L'Écriture révèle constamment la benevolentia Dei (bienveillance de Dieu) envers l'humanité, manifestée suprêmement dans l'Incarnation. Dieu veut authentiquement le bien de sa créature et prend l'initiative de son salut.
Cette bienveillance divine fonde et motive la bienveillance humaine. Nous sommes appelés à imiter la benevolentia du Père céleste qui "fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons" (Mt 5, 45). La bienveillance chrétienne participe ainsi de la nature même de Dieu qui est bonté et miséricorde.
La bienveillance dans la vie morale
Vertu dans les relations humaines
La benevolentia facilite et embellit toutes les relations humaines. Dans la vie familiale, elle crée un climat de confiance et de sécurité. Dans les relations professionnelles, elle favorise la collaboration et l'entraide. Dans la vie sociale, elle contribue à la cohésion et à la paix. La bienveillance s'oppose à la malveillance (malevolentia), à l'envie, à la jalousie, qui sont autant de poisons des relations interpersonnelles.
La doctrine sociale de l'Église souligne l'importance de la bienveillance pour le bien commun. Sans cette disposition fondamentale à vouloir le bien d'autrui, la vie sociale devient un champ de rivalités et de conflits. La benevolentia constitue ainsi une vertu civique majeure qui rend possible la vie commune et la coopération entre les personnes.
Formation et croissance
La bienveillance, bien qu'elle puisse exister naturellement chez certaines personnes de tempérament doux, doit être cultivée et perfectionnée. L'éducation chrétienne) vise à former des cœurs bienveillants qui voient en tout homme un frère. La prière, la méditation de l'Évangile, la pratique des œuvres de miséricorde disposent l'âme à la bienveillance authentique.
Les obstacles à la bienveillance sont nombreux : l'égoïsme, l'orgueil, les préjugés, les blessures non guéries. La vie spirituelle consiste en partie à surmonter ces obstacles par la grâce de Dieu et l'effort ascétique. La confession régulière et l'examen de conscience permettent d'identifier les manquements à la bienveillance et de progresser dans cette vertu.
Usage liturgique et spirituel
Dans la prière liturgique
La liturgie demande fréquemment à Dieu de nous accorder sa bienveillance et de nous rendre bienveillants. Les oraisons implorent la benevolentia divine pour que les fidèles puissent accomplir leur vocation. Cette prière liturgique reconnaît que la véritable bienveillance, dépassant les limites de la nature déchue, est un don de Dieu qui doit être demandé humblement.
Spiritualité de la bienveillance
Certains maîtres spirituels ont particulièrement insisté sur la bienveillance. Saint François de Sales, dans l'Introduction à la vie dévote, recommande la douceur et la bienveillance comme marques distinctives de la sainteté authentique. Il oppose la bienveillance patiente à la colère et à l'aigreur qui défigurent souvent même les personnes pieuses.
Sainte Thérèse de Lisieux a pratiqué une bienveillance héroïque, particulièrement envers les sœurs les plus difficiles de sa communauté. Sa "petite voie" inclut cette attention bienveillante aux autres qui ne cherche jamais son intérêt mais toujours le bien d'autrui, même dans les plus petites choses.
Exemple d'utilisation
Benevolentia mutua vinculum caritatis est.
La bienveillance mutuelle est le lien de la charité.
Articles connexes
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caritas : charité
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benignitas : bonté, bénignité
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misericordia : miséricorde
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mansuetudo : douceur, mansuétude
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patientia : patience
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clementia : clémence
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benedictio : bénédiction
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bonus : bon
Ce mot fait partie du glossaire latin complet de l'encyclopédie Tradiland, qui recense les principaux termes latins utilisés dans la tradition chrétienne et classique.