Le calice : vase sacré par excellence
Nature et dignité du calice
Le calice (du latin calix, coupe) est le vase sacré dans lequel le prêtre consacre le vin qui devient le Sang du Christ. C'est l'objet liturgique le plus vénérable après l'autel lui-même, car il contient directement le Précieux Sang de Notre-Seigneur. Le calice doit être consacré par l'évêque au moyen d'un rite spécial comprenant une onction d'huile sainte, et seul un prêtre ou un diacre peut le toucher.
Matériaux et ornementation
Traditionnellement, la coupe du calice doit être en or pur, ou du moins en métal noble (argent, vermeil) doré à l'intérieur, car aucun métal vil ne doit entrer en contact avec le Sang du Christ. Le pied du calice peut être en métal moins noble, mais l'ensemble doit être d'une facture artistique digne, souvent orné de pierres précieuses, de symboles eucharistiques (grappes de raisin, épis de blé, pélican, ostensoir), ou de représentations du Christ et des saints.
Structure et usage
La forme traditionnelle du calice comprend trois parties : le pied (large base assurant la stabilité), le nœud (renflement au milieu de la tige, permettant une prise ferme), et la coupe (partie supérieure contenant le vin). Les dimensions doivent être appropriées : assez grande pour contenir le vin nécessaire-contingent), mais pas trop pour éviter le risque de renverser. Après chaque Messe, le calice est soigneusement purifié et essuyé, puis rangé dans un endroit sûr, souvent dans la sacristie. Le toucher sans nécessité ou le profaner constitue un sacrilège.
La patène : support de l'hostie
Caractéristiques de la patène
La patène (du latin patena, plat) est un petit disque de métal précieux, généralement en or ou en argent doré, sur lequel repose l'hostie durant la Messe. Comme le calice, la patène doit être consacrée par l'évêque et ne peut être touchée que par les ministres sacrés. Sa surface supérieure doit être parfaitement lisse et légèrement concave, afin que l'hostie y repose de manière stable et qu'aucune parcelle ne puisse s'en échapper.
Forme et ornementation
Le diamètre de la patène doit être légèrement supérieur à celui de l'hostie, mais pas excessif. Traditionnellement, la patène porte souvent une croix gravée au centre, ou les initiales IHS (Iesus Hominum Salvator, Jésus Sauveur des hommes). La face inférieure peut être ornée, mais la face supérieure doit rester simple pour ne pas distraire.
Usage liturgique
Durant la Messe, la patène suit un usage précis : elle est placée sous l'hostie lors de l'Offertoire et de la Consécration ; après la Consécration, elle est placée sous le menton des communiants (maintenue par le servant) pour recueillir toute parcelle qui pourrait tomber ; enfin, après la communion, elle est soigneusement essuyée au-dessus du calice pour que toute parcule soit consommée. Cette minutie manifeste la foi en la présence réelle du Christ, même dans les plus petits fragments de l'hostie consacrée.
Le ciboire et la custode
Le ciboire pour la réserve eucharistique
Le ciboire (du latin ciborium, coupe) est un vase sacré semblable à un calice mais plus grand et muni d'un couvercle, servant à conserver les hosties consacrées dans le tabernacle et à distribuer la communion aux fidèles. Comme le calice, il doit être consacré et fabriqué en métal précieux doré à l'intérieur. Le couvercle du ciboire est souvent surmonté d'une petite croix et peut être incrusté de pierres précieuses. Lorsque le ciboire contient des hosties consacrées, il est recouvert d'un voile blanc en soie ou en lin (appelé pavillon), par respect pour le Saint-Sacrement. Dans le tabernacle, le ciboire repose généralement sur un corporal ou un linge blanc.
La custode pour les malades
La custode (du latin custodia, garde) est un petit reliquaire doré, généralement en forme d'ostensoir miniature, dans lequel on place une hostie consacrée pour la porter aux malades. La custode est transportée avec la plus grande révérence, souvent dans une bourse suspendue au cou du prêtre, et les fidèles qui rencontrent le prêtre portant le Saint-Sacrement s'agenouillent pour adorer.
L'ostensoir pour l'exposition
L'ostensoir (ou monstrance), quant à lui, est un vase sacré en forme de soleil rayonnant, avec une lunule de cristal au centre dans laquelle on expose l'hostie consacrée pour l'adoration eucharistique et la bénédiction du Saint-Sacrement. L'ostensoir, souvent d'une grande beauté artistique, manifeste visuellement la gloire du Christ présent dans l'Eucharistie.
Les burettes et le lavabo
Les burettes pour le vin et l'eau
Les burettes (du vieux français buire, cruche) sont deux petits vases, généralement en verre ou en cristal (parfois en métal précieux), servant à contenir le vin et l'eau nécessaires à la Messe. Elles sont placées sur la crédence (petite table située au côté droit du sanctuaire) et apportées à l'Offertoire par le servant. L'une des burettes, marquée d'un V (vinum) ou d'une étiquette rouge, contient le vin ; l'autre, marquée d'un A (aqua) ou d'une étiquette blanche, contient l'eau.
La matière et sa signification
Le vin doit être du vin de raisin naturel, ni altéré ni vinaigré ; le droit canon exige du vin de vigne pur, sans addition de sucre ou d'alcool. L'eau doit être propre et naturelle. Le servant verse le vin dans le calice (en quantité suffisante pour la communion du prêtre et éventuellement d'autres prêtres concélébrants), puis quelques gouttes d'eau que le prêtre bénit en disant : "Deus, qui humanae substantiae..." Cette mixture d'eau et de vin a une profonde signification théologique : elle symbolise l'union de la nature humaine (l'eau) et de la nature divine (le vin) dans la Personne du Christ, et aussi l'union des fidèles avec le Christ dans le sacrifice.
Le lavabo et la purification
Le lavabo désigne à la fois l'action de se laver les mains et les objets utilisés : un petit bassin (souvent en métal précieux orné) et un linge blanc (manuterge). Après l'Offertoire, le servant verse de l'eau sur les doigts du prêtre au-dessus du bassin, puis lui présente le linge pour les essuyer. Cette purification rituelle exprime le désir de pureté intérieure avant la Consécration.
Les linges sacrés : corporal, pale, purificatoire
Le corporal : linge du Corps du Christ
Le corporal (du latin corporale, relatif au corps) est un linge carré en lin blanc, généralement d'environ 50 cm de côté, que le prêtre déplie au centre de l'autel avant l'Offertoire. C'est sur le corporal que reposent directement l'hostie consacrée et le calice ; il est donc considéré comme très sacré, car il touche le Corps du Christ. Le corporal doit être d'un blanc immaculé, sans broderie ni ornement qui pourraient retenir des parcelles. Il est plié en neuf parties (trois fois en trois), et soigneusement conservé dans une bourse (bursa), étui rigide recouvert de tissu liturgique.
Soin du corporal
Si une parcelle consacrée tombe sur le corporal, on la ramasse avec soin ; si le corporal est taché de vin consacré, on le lave trois fois dans un bassin spécial et l'eau de ces ablutions est ensuite jetée dans la piscine de la sacristie (ou à défaut, dans la terre près de l'église), jamais dans les égouts ordinaires.
La pale et le purificatoire
La pale (du latin palla, voile) est un carton rigide carré (environ 15 cm de côté) recouvert de lin blanc, servant à couvrir le calice pour empêcher toute poussière ou insecte d'y tomber. Elle est posée sur le calice après l'Offertoire et retirée avant la Consécration. Le purificatoire (du latin purificare, purifier) est un petit linge rectangulaire blanc servant à essuyer le calice et les doigts du prêtre après la communion. Le prêtre l'utilise pour absorber les dernières gouttes du Précieux Sang après les ablutions. Ces linges, touchant directement les Saintes Espèces, doivent être lavés avec un soin particulier, d'abord séparément (les premières eaux de lavage étant jetées dans la piscine), puis avec le linge ordinaire.
Le voile du calice et la bourse
Le voile du calice
Le voile du calice (velum calicis) est un carré de tissu, généralement en soie ou en autre tissu noble, de la couleur liturgique du jour (blanc, rouge, vert, violet, noir, ou rose), servant à recouvrir le calice préparé lorsqu'on l'apporte à l'autel au début de la Messe et qu'on le remporte à la fin. Ce voile peut être orné de broderies représentant des symboles eucharistiques (calice, hostie, croix, IHS, blé et raisin), souvent avec un motif central particulièrement riche. Le voile manifeste le respect dû aux vases sacrés et rappelle le voile du Temple qui cachait le Saint des Saints.
La bourse et son usage
Sur le voile repose la bourse (bursa), étui cartonné rigide recouvert du même tissu liturgique que le voile, contenant le corporal plié. La bourse est aussi souvent ornée de broderies. Au début de la Messe, le prêtre retire le voile et la bourse, dépose le corporal sur l'autel, puis place le voile et la bourse au côté droit de l'autel. À la fin de la Messe, il effectue les opérations inverses. Ces gestes rituels, accomplis avec soin et révérence, rappellent que nous manipulons des objets destinés au culte divin et méritant donc notre plus grand respect.
L'encensoir et la navette
L'encensoir : vase de la prière
L'encensoir (ou thurible, du latin thus, encens) est un vase métallique suspendu à des chaînettes, dans lequel on brûle de l'encens durant les Messes solennelles et les cérémonies liturgiques. Il comprend une partie inférieure (cassolette) contenant les charbons ardents, et un couvercle ajouré (coupole) qu'on soulève pour ajouter l'encens et qu'on abaisse ensuite, laissant échapper la fumée odorante par les ouvertures. Le servant (thuriféraire) porte l'encensoir et le balance doucement pour activer la combustion.
Symbolisme de l'encens
L'encens, résine aromatique provenant de certains arbres d'Orient, symbolise la prière qui monte vers Dieu ("Que ma prière monte devant Toi comme l'encens", Ps 140, 2), la bonne odeur des vertus, et l'honneur rendu aux personnes et aux choses sacrées. À la Messe Tridentine solennelle, on encense : les oblates à l'Offertoire, l'autel, le crucifix, le célébrant, les autres clercs, et le peuple. On encense aussi l'Évangéliaire avant la proclamation de l'Évangile, et le Saint-Sacrement lors de l'élévation et de la bénédiction.
La navette
La navette (du latin navicula, petite nef) est un petit récipient en forme de barque, avec un couvercle, contenant l'encens en grains. Le servant présente la navette ouverte au prêtre, qui bénit l'encens avant de le déposer sur les charbons avec une petite cuillère fixée à la navette. L'usage de l'encens, très ancien dans la liturgie chrétienne (il était déjà prescrit dans le culte juif de l'Ancien Testament), ajoute une dimension sensorielle à la prière et élève l'esprit vers les réalités célestes.
Les clochettes et autres objets liturgiques
La clochette d'autel
La clochette d'autel (ou sonnette) est une petite cloche (ou parfois un ensemble de trois ou cinq clochettes) placée au pied de l'autel, que le servant agite à certains moments de la Messe pour attirer l'attention des fidèles sur les moments les plus sacrés. Traditionnellement, on sonne la clochette trois fois : au Sanctus (pour annoncer l'approche de la Consécration), à chaque élévation (de l'Hostie et du Calice consacrés), et parfois avant la communion du prêtre. Ces sonneries, d'un usage très ancien, servent surtout lorsque le prêtre célèbre à voix basse (comme dans le Canon) et que les fidèles ne peuvent suivre exactement le déroulement de la liturgie ; elles les invitent à s'agenouiller, à adorer, et à unir leurs cœurs au sacrifice.
Autres objets liturgiques
Parmi les autres objets liturgiques, mentionnons : le missel (livre liturgique contenant toutes les prières de la Messe), généralement de grand format et richement relié, placé sur un coussin ou un support du côté droit puis du côté gauche de l'autel selon les moments de la Messe ; les chandeliers d'autel, dont nous avons déjà parlé ; la crosse (bâton pastoral) portée par l'évêque ; la mitre (coiffe épiscopale) ; le manipule, l'étole et la chasuble portés par le prêtre ; et enfin les objets pour la bénédiction de l'eau (seau et aspersoir) lors de l'Asperges me dominical.
Signification théologique
Tous ces objets, loin d'être de simples accessoires, ont une signification théologique et contribuent à la beauté et à la solennité du culte divin, élevant les âmes vers Dieu.