Le XXe siècle, que l'histoire moderne a souvent appelé le « siècle du progrès », s'est révélé en réalité un siècle de carnage religieux sans précédent. Plus de chrétiens ont versé leur sang au cours de ces cent années que durant tous les dix-sept siècles précédents de persécution romaine. Ce martyrologe du vingtième siècle, moins connu que celui des premiers chrétiens, brille neanmoins d'une lumière aussi intense et importe une signification eschatologique pour notre époque. Les martyrs missionnaires du XXe siècle sont des témoins surnaturels qui proclament à haute voix, du ciel même où ils reposent, la réalité transcendante du Christ et la vanité des idéologies terrestres.
Le contexte de la persécution au XXe siècle
L'athéisme d'État comme nouvel Moloch
Contrairement aux persécutions du passé, qui provenaient souvent d'une antagonisme religieuse ou d'une intolérance politique ordinaire, les persécutions du XXe siècle émergent d'une adversité idéologique délibérée. L'athéisme d'État, dans ses manifestations communistes et nazies, entreprendra une guerre systématique, organisée, bureaucratiquement minutieuse contre la Foi. Le régime soviétique, le régime chinois communiste, les régimes d'Asie du Sud-Est - tous se sont donné pour mission l'élimination de la religion en tant que telle.
Les colonies et les territoires missionnaires en chaos
Au même temps, les anciennes colonies deviennent des théâtres de guerres civiles, de révolutions, de désordres sanglants. Les missionnaires, spécialement les jésuites et les dominicains, continuent leur apostolat au cœur de ces tempêtes, refusant de fuir, restant avec leurs ouailles. Beaucoup périront aux mains de révolutionnaires, d'armées guerrières, de foules déchaînées.
Les types de martyrs du XXe siècle
Les prêtres tués lors de la persécution communiste
En Union Soviétique, des dizaines de milliers de prêtres orthodoxes et catholiques furent torturés et exécutés. Nombre d'entre eux refusèrent apostasier même face à des tortures inimaginables. Les archives soviétiques, révélées après la chute du Mur, montrent une méticulosité effroyable de la persécution. Les prêtres étaient systématiquement traqués, emprisonnés dans des camps de travail forcé où l'épuisement, le froid, et les sévices les tuaient lentement.
Les missionnaires en Afrique et en Asie
En Afrique, durant les guerres civiles et les mouvements d'indépendance, des missionnaires européens et leurs catéchistes africains furent assassinés. En Asie, spécialement pendant la Révolution chinoise et les guerres d'Indochine, des flots entiers de religieuses et de prêtres marchèrent vers la mort.
Les religieuses et les fidèles laïcs
Bien que l'attention se porte souvent sur les prêtres, le martyrologe du XXe siècle comprend des centaines de religieuses, de vierges consacrées, de mothers et de pères de famille tués simplement parce que ils refusaient d'apostasier ou de participer aux blaspèmes exigés par les régimes.
Les exemples illustres
Saint Maximilien Kolbe et Auschwitz
Le Frère Maximilien Kolbe, Franciscain allemand, se réalisa condamné à mort à Auschwitz. Quand on demanda un prisonnier pour être tué en représailles, Kolbe se porta volontaire. Il endura une mort lente par la faim et les injections mortelles. Jusqu'à la fin, il encouragea ses compagnons de martyrdom, chantant des hymnes, priant le Rosaire. Sa victoire sur la mort par l'abandon total au Christ est un témoignage éternel.
Les Jésuites en Espagne et Chine
Pendant la Révolution espagnole, des centaines de jésuites furent tués. En Chine, les jésuites furent expulsés ou exécutés lors de la Révolution communiste. Père Bede Hofmann, jésuite allemand, fut torturé au-delà de toute limite humaine en Chine mais refusa de collaborer avec les communistes.
Les Martyrs d'Ouganda
Sous le régime du dictateur Idi Amin en Ouganda, une centaine de catéchistes et de chrétiens furent systématiquement tués. Beaucoup moururent en proclamant « Yesu nimuhamilifu! » (Jésus est seigneur!).
Sainte Thérèse Benedicta de la Croix
Edith Stein, philosophe juive converti au catholicisme, entra au Carmel et prit le nom de Thérèse Benedicta. Deportée au camp d'Auschwitz en tant que non-aryenne, elle mourut dans les chambres à gaz, offrant son sacrifice pour son peuple et pour la conversion de l'Allemagne.
L'essence du témoignage martyr
La victoire par l'offrande
Le martyr n'est pas simplement une victime. C'est quelqu'un qui, par la grâce du Saint-Esprit, transforme sa mort en acte d'amour, en offrande à Dieu et pour l'humanité. Le Père Damien, qui mourut de la lèpre aux îles Hawaï, offrait chaque souffrance pour la conversion de ses malades. Cet offrande transforme le supplice en victoire.
L'invincibilité de l'âme
Aucune persécution, aucune torture, aucun Régime ne peut forcer l'âme à renier Dieu. Les bourreaux pouvaient détruire les corps, mais la foi demeurait imprenable. Cela s'oppose aux rationalistes qui croyaient que l'homme était une simple machine mécanique. Non - l'âme humaine, habitée par le Christ, possède une liberté et une dignité que nul pouvoir temporel ne peut anéantir.
L'héritage du martyrologe du XXe siècle
Un défi aux idéologies
Les martyrs du XXe siècle offrent un témoignage silencieux mais dévastateur contre les idéologies totalitaires. Leurs vies versées déclarent que le matérialisme est faux, que l'État n'est pas absolu, que l'homme ne vit pas de pain seul. Chaque dictature qui succombe aux cendres de l'histoire porte le poids du sang de ces martyrs.
Une inspiration pour notre époque
Pour nous qui sommes entourés de sécularisme plus subtil que la persécution violente, les martyrs du XXe siècle offrent un challenge silencieux. Sommes-nous prêts à maintenir notre foi même quand elle nous coûte socialement ou matériellement? Avons-nous la même fermeté?
Une promesse eschatologique
La multitude de martyrs du XXe siècle, vêtus de robes blanches dans la vision de l'Apocalypse, intercèdent pour nous. Leur présence dans les cieux nous assure que l'Église persévérera, que le Christ règne déjà, et que toute persécution temporelle est impuissante face à l'Éternité.
La commémoration comme devoir
Il nous incombe de nous souvenir. L'oubli des martyrs serait un second martyrdom, une effacement de leur témoignage. Les églises doivent proclamer leurs noms, les écoles doivent enseigner leurs histoires, les fidèles doivent prier pour leur intercession. Le martyre du XXe siècle n'est pas un événement passé, mais une realité vivante qui continue à nourrir la foi de l'Église.
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