Traduction française : métaphore
Traduction anglaise : metaphor
Grammaire : noun, f, 1st declension
Exemple d'utilisation
Metaphoram aptam invenit.
Étymologie
from Greek metaphora (transfer)
Contexte linguistique
Le mot latin metaphora appartient à la riche tradition-platon-aristote-boece) de la langue latine, langue liturgique et classique qui a façonné la culture occidentale pendant plus de deux millénaires.
Importance dans la tradition
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Utilisé dans les textes liturgiques et doctrinaux
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Racine de nombreux mots français et européens
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Témoin de l'évolution linguistique indo-européenne
Mots apparentés
- metaphysica : métaphysique-premiere)-critique-du-pythagorisme)
Utilisation dans la liturgie
Le latin metaphora peut apparaître dans les prières, les hymnes et les textes liturgiques de l'Église catholique, témoignant de la richesse du patrimoine linguistique chrétien.
Références
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Latin ecclésiastique
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Tradition liturgique
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Étymologie indo-européenne
Sacra Scriptura abundat metaphoris ad mysteria divina illustranda.
Cette phrase signifie : "L'Écriture sainte abonde en métaphores pour illuminer les mystères divins". En effet, le langage biblique utilise constamment la métaphore pour exprimer des réalités spirituelles transcendantes à travers des images sensibles accessibles à l'intelligence humaine. Le Christ lui-même enseigne par métaphores : "Je suis la vigne", "Je suis le bon pasteur", "Je suis la porte". Cette nécessité de la métaphore découle de la condition incarnée de l'homme, qui connaît les réalités spirituelles à partir des réalités matérielles, selon le principe thomiste : *nihil est in intellectu quod non prius fuerit in sensu* (rien n'est dans l'intelligence qui n'ait d'abord été dans les sens).
## Étymologie
Le terme latin *metaphora* est emprunté directement au grec *metaphorá* (μεταφορά), composé de *meta* (au-delà, après) et *pherein* (porter). La métaphore est donc littéralement un "transport", un "transfert" : on transpose le sens propre d'un mot vers un sens figuré par analogie. Aristote, dans sa *Rhétorique* et sa *Poétique*, définit la métaphore comme "le transport à une chose d'un nom qui en désigne une autre". Cicéron et Quintilien adoptent ce terme grec dans leurs traités de rhétorique latine, établissant la métaphore comme figure centrale de l'éloquence.
## La métaphore dans l'Écriture sainte
L'Écriture sainte emploie abondamment la métaphore comme mode d'expression privilégié des réalités divines. Dieu lui-même, dans son infinie transcendance, ne peut être appréhendé directement par l'intelligence humaine durant cette vie terrestre. Les Saintes Écritures utilisent donc des images tirées de l'expérience humaine pour révéler progressivement la nature divine et le dessein du salut. Dieu est comparé à un roi, un berger, un père, une forteresse, un rocher, un feu dévorant. Ces métaphores ne sont pas de simples ornements littéraires, mais constituent le mode nécessaire de la révélation divine qui s'adapte à la faiblesse de notre intelligence (*revelatio accommodata*).
Saint Thomas d'Aquin, dans la *Somme Théologique* (Ia, q. 1, a. 9), justifie théologiquement l'usage des métaphores dans l'Écriture. Il explique que les vérités divines doivent nous être transmises sous le voile de figures sensibles (*sub metaphoris*) pour trois raisons principales. Premièrement, l'Écriture s'adresse à tous, simples et savants, et les images concrètes sont plus facilement saisies par l'homme du peuple. Deuxièmement, notre connaissance commence par les sens, et nous nous élevons du sensible à l'intelligible. Troisièmement, les figures sensibles voilent les mystères divins aux indignes tout en les révélant aux âmes pieuses qui méditent avec foi.
## Les grandes métaphores christologiques
Le Christ se révèle lui-même à travers de puissantes métaphores qui constituent autant de clés pour comprendre le mystère de l'Incarnation et de la Rédemption. Dans l'Évangile de Jean, le Seigneur prononce les célèbres formules "Je suis" (*Ego sum*) suivies de métaphores : "Je suis le pain de vie" (Jn 6, 35), "Je suis la lumière du monde" (Jn 8, 12), "Je suis la porte" (Jn 10, 9), "Je suis le bon pasteur" (Jn 10, 11), "Je suis la résurrection et la vie" (Jn 11, 25), "Je suis le chemin, la vérité et la vie" (Jn 14, 6), "Je suis la vraie vigne" (Jn 15, 1).
Chacune de ces métaphores révèle un aspect du mystère du Christ. Il est le pain qui nourrit spirituellement, la lumière qui dissipe les ténèbres de l'ignorance et du péché, la porte par laquelle on entre dans le Royaume, le pasteur qui guide et protège son troupeau, la résurrection qui vainc la mort, le chemin qui conduit au Père, la vigne dont les fidèles sont les sarments. Ces images ne sont pas de simples comparaisons pédagogiques, mais expriment des vérités ontologiques : le Christ *est* réellement tout cela, non pas littéralement selon la nature matérielle, mais véritablement selon la réalité spirituelle et sacramentelle.
## L'interprétation métaphorique et le sens spirituel
La tradition patristique et médiévale a développé une herméneutique sophistiquée du sens spirituel de l'Écriture, fondée sur la reconnaissance du caractère métaphorique du langage biblique. Origène, dans son *De Principiis*, distingue trois sens de l'Écriture correspondant aux trois parties de l'homme (corps, âme, esprit) : le sens littéral ou historique, le sens moral ou tropologique, et le sens spirituel ou mystique. La tradition occidentale, systématisée par Jean Cassien et perfectionnée au Moyen Âge, parle de quatre sens : littéral, allégorique, tropologique, et anagogique.
Le sens allégorique interprète les réalités de l'Ancien Testament comme des figures (*typoi*) annonçant les mystères du Christ et de l'Église. Ainsi, l'Exode d'Égypte est une métaphore du salut opéré par le Christ ; la traversée de la Mer Rouge préfigure le baptême ; la manne du désert annonce l'Eucharistie. Cette lecture typologique ne nie pas la réalité historique des événements, mais reconnaît que Dieu, auteur de l'histoire, a disposé les événements eux-mêmes comme des métaphores vivantes préfigurant les réalités futures.
## La métaphore dans la prédication patristique
Les Pères de l'Église ont excellé dans l'art d'interpréter et d'utiliser les métaphores bibliques pour nourrir la foi des fidèles. Saint Augustin, dans ses commentaires scripturaires, déploie une virtuosité remarquable dans l'exégèse métaphorique. Commentant le Psaume 103, il médite sur la métaphore divine : "Il a fondé la terre sur ses bases" n'est pas une affirmation cosmologique naïve, mais une métaphore de la stabilité que Dieu confère à la création. "Les montagnes s'élèvent, les vallées s'abaissent" devient sous sa plume une image de l'orgueil qui s'exalte et de l'humilité qui s'abaisse.
Saint Bernard de Clairvaux, dans ses *Sermons sur le Cantique des Cantiques*, développe pendant des années l'exégèse métaphorique de ce livre biblique. Le dialogue d'amour entre l'époux et l'épouse devient la métaphore suprême de l'union de l'âme avec Dieu. Cette lecture sponsale (*lectio sponsalis*) voit dans l'amour humain l'image de l'amour divin, principe herméneutique fondé sur la conviction que toute la création est un vaste système de métaphores révélant le Créateur.
## Le discernement dans l'usage de la métaphore
L'exégèse catholique, tout en reconnaissant la richesse du sens métaphorique, met en garde contre les excès de l'allégorisme arbitraire. Saint Thomas établit le principe que "rien de nécessaire à la foi n'est contenu dans le sens spirituel qui ne soit clairement exprimé ailleurs dans le sens littéral" (*Summa Theologiae* Ia, q. 1, a. 10). Ce principe préserve l'objectivité de la doctrine révélée contre les fantaisies subjectives de l'interprétation allégorique débridée.
La métaphore biblique n'est pas une énigme arbitraire dont chacun pourrait proposer sa solution personnelle, mais un symbole institué par Dieu lui-même, dont le sens véritable est gardé et transmis par la Tradition de l'Église. C'est le Magistère qui authentifie les interprétations légitimes et écarte les lectures fantaisistes. Ainsi, la richesse métaphorique de l'Écriture, loin de relativiser la vérité révélée, la manifeste dans sa plénitude en dévoilant les multiples dimensions du mystère divin.
## Articles connexes
- [Glossaire Latin - Index](/wiki/glossaire-latin-index) - Index complet du glossaire latin
- [allegoria](/wiki/glossaire-latin-acedia) - L'allégorie, métaphore étendue
- [parabola](/wiki/glossaire-latin-acedia) - La parabole, récit métaphorique
- [figura](/wiki/glossaire-latin-figura) - La figure, image symbolique
- [typus](/wiki/glossaire-latin-acedia) - Le type, préfiguration métaphorique
- [sensus](/wiki/glossaire-latin-acedia) - Le sens de l'Écriture
- [interpretatio](/wiki/glossaire-latin-inter) - L'interprétation des métaphores
- [mysterium](/wiki/glossaire-latin-acedia) - Le mystère révélé par métaphore
## Étymologie
from Greek metaphora (transfer)
## Contexte linguistique
Le mot latin **metaphora** appartient à la riche tradition de la langue latine, langue liturgique et classique qui a façonné la culture occidentale pendant plus de deux millénaires.
### Importance dans la tradition
- Utilisé dans les textes liturgiques et doctrinaux
- Racine de nombreux mots français et européens
- Témoin de l'évolution linguistique indo-européenne
## Mots apparentés
- [metaphysica](/wiki/glossaire-latin-metaphysica) : métaphysique
## Utilisation dans la liturgie
Le latin **metaphora** peut apparaître dans les prières, les hymnes et les textes liturgiques de l'Église catholique, témoignant de la richesse du patrimoine linguistique chrétien.
## Références
- Latin classique
- Latin ecclésiastique
- Tradition liturgique
- Étymologie indo-européenne
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*Ce mot fait partie du [glossaire latin complet](/wiki/glossaire-latin-index) de l'encyclopédie Tradiland, qui recense les principaux termes latins utilisés dans la tradition chrétienne et classique.*