Traduction française : citoyen
Traduction anglaise : citizen
Grammaire : noun, m./f., 3rd declension
Exemple d'utilisation
Cives leges observare debent.
Cives leges observare debent.
Étymologie
Du proto-indo-européen *kei- 'être couché, settle', un who dwells
Contexte linguistique
Le mot latin civis appartient à la riche tradition de la langue latine, langue liturgique et classique qui a façonné la culture occidentale pendant plus de deux millénaires.
Importance dans la tradition
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Utilisé dans les textes liturgiques et doctrinaux
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Racine de nombreux mots français et européens
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Témoin de l'évolution linguistique indo-européenne
Mots apparentés
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civitas : cité, état
Utilisation dans la liturgie
Le latin civis peut apparaître dans les prières, les hymnes et les textes liturgiques de l'Église catholique, témoignant de la richesse du patrimoine linguistique chrétien.
Références
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Latin ecclésiastique
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Tradition liturgique
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Étymologie indo-européenne
Les citoyens doivent observer les lois.
Civis Romanus sum.
Je suis citoyen romain. (Formule célèbre proclamée par saint Paul)
Étymologie
Le terme civis dérive de la racine proto-indo-européenne *kei- signifiant "être couché, être établi, habiter". Cette racine évoque l'idée de résidence permanente, de fixation en un lieu, fondement du concept de citoyenneté. Le civis est étymologiquement celui qui demeure, qui a établi sa résidence dans une communauté politique.
Cette même racine a donné le grec κεῖμαι (keimai, "être couché, résider") et le sanscrit śáyate ("il repose"). En latin, la famille lexicale comprend civitas (cité), civicus (civique), civilitas (civilité, citoyenneté).
Le mot a donné en français "citoyen", "civique", "civil", "civilisation" ; en anglais "citizen", "civic", "civil" ; et dans toutes les langues romanes des dérivés similaires, témoignant de l'importance fondamentale du concept dans la culture occidentale.
Contexte historique et politique romain
La citoyenneté romaine
Dans l'Antiquité romaine, le statut de civis Romanus (citoyen romain) constituait un privilège juridique majeur conférant des droits politiques et des protections légales. Le civis possédait le ius suffragii (droit de vote), le ius honorum (droit aux charges publiques), et surtout le ius provocationis (droit d'appel devant le peuple ou l'empereur), protection capitale contre l'arbitraire.
L'histoire de Rome est marquée par l'extension progressive de la citoyenneté : d'abord réservée aux patriciens, puis étendue aux plébéiens après les luttes sociales, elle sera finalement accordée à tous les habitants libres de l'Empire par l'Édit de Caracalla en 212 après J.-C. Cette universalisation de la citoyenneté romaine préfigure, dans l'ordre politique, l'universalisme chrétien dans l'ordre spirituel.
Droits et devoirs du civis
Le civis romain n'était pas seulement titulaire de droits, mais aussi porteur d'obligations : le service militaire (militia), le paiement des impôts (tributa), la participation à la vie publique. Cette conception républicaine de la citoyenneté comme ensemble de droits et de devoirs réciproques influencera profondément la pensée politique occidentale jusqu'à nos jours.
Cicéron, dans le De officiis et le De re publica, développe une philosophie du civis comme être politique par nature, dont l'accomplissement passe par la participation active à la res publica. Cette vision humaniste de la citoyenneté sera redécouverte et réactivée à la Renaissance et aux temps modernes.
Dimension théologique : citoyenneté terrestre et céleste
La double citoyenneté selon saint Paul
Saint Paul, pharisien de Tarse et citoyen romain, développe une théologie remarquable de la citoyenneté en tension entre deux cités. Dans les Actes des Apôtres (22, 25-28), il revendique son statut de civis Romanus pour échapper à la flagellation, illustrant l'usage stratégique des droits civiques. Cependant, dans l'épître aux Philippiens (3, 20), il affirme une citoyenneté supérieure : "Nostra autem conversatio in caelis est" (Notre citoyenneté, elle, est dans les cieux).
Cette dialectique paulinienne établit la condition chrétienne comme double appartenance : citoyens de la cité terrestre par nécessité, mais citoyens de la Jérusalem céleste par vocation ultime. Le chrétien est peregrinus (pèlerin, étranger) en ce monde, tendant vers sa vraie patrie (patria) qui est le Royaume de Dieu.
Saint Augustin et les deux cités
Saint Augustin, dans son œuvre magistrale De civitate Dei (La Cité de Dieu), systématise cette dualité en distinguant radicalement la civitas terrena (cité terrestre) et la civitas Dei (cité de Dieu). Chaque être humain est civis de l'une ou l'autre cité selon l'orientation fondamentale de son amour : amour de soi jusqu'au mépris de Dieu (amor sui) ou amour de Dieu jusqu'au mépris de soi (amor Dei).
Cette vision augustinienne structure toute la pensée politique médiévale et influence encore aujourd'hui la théologie politique chrétienne. Elle établit une hiérarchie claire : le chrétien, bien que civis de la cité temporelle et soumis à ses lois justes, garde sa loyauté première envers la cité éternelle. "Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu" (Mt 22, 21) trouve ici son commentaire théologique.
Les citoyens du Royaume
Dans la littérature patristique, l'Église elle-même est conçue comme une civitas, une communauté de cives unis non par le sang ou le territoire, mais par la foi et les sacrements. Les baptisés sont cives sanctorum (citoyens des saints, Éphésiens 2, 19), membres à part entière de la communauté ecclésiale qui transcende les divisions ethniques et politiques.
Cette conception universaliste contraste radicalement avec les citoyennetés particularistes de l'Antiquité. Comme l'affirme saint Paul : "Il n'y a plus ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme, car tous vous ne faites qu'un dans le Christ Jésus" (Galates 3, 28). La citoyenneté chrétienne abolit les distinctions mondaines tout en les assumant dans un ordre transfiguré.
Usage liturgique et spirituel
Dans l'hymnologie chrétienne, particulièrement les hymnes de la Jérusalem céleste, les fidèles sont invités à se considérer comme cives de la patrie céleste. L'hymne médiévale Urbs beata Jerusalem chante la cité bienheureuse dont les saints sont les citoyens glorieux.
La liturgie des défunts exprime l'espérance que le défunt soit accueilli dans la civitas sanctorum, rejoignant la communauté des bienheureux. Cette dimension eschatologique de la citoyenneté traverse toute la spiritualité chrétienne.
Développement en philosophie politique chrétienne
Pensée médiévale
Thomas d'Aquin, dans son commentaire de la Politique d'Aristote et dans la Somme théologique, développe une théorie de la citoyenneté qui intègre l'héritage gréco-romain et la révélation chrétienne. Le civis participe au bien commun (bonum commune) de la civitas, mais ce bien commun temporel est ordonné au bien suprême qu'est Dieu.
La scolastique distingue la citoyenneté parfaite (civis simpliciter), impliquant la pleine participation politique, de la citoyenneté partielle ou analogique. Cette réflexion nourrit les débats sur les droits des différentes catégories de personnes dans la société médiévale.
Modernité et droits de l'homme
La Doctrine sociale de l'Église, notamment depuis Rerum novarum (1891), développe une conception de la citoyenneté fondée sur la dignité humaine et le bien commun. Le civis moderne possède des droits inaliénables découlant de sa nature d'être créé à l'image de Dieu, mais aussi des devoirs de solidarité et de participation au bien commun.
Articles connexes
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civitas : cité, état, citoyenneté
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populus : peuple
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patria : patrie
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lex : loi
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iustitia : justice
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libertas : liberté
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res publica : république, chose publique
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communitas : communauté
Contexte linguistique
Le mot latin civis appartient à la riche tradition de la langue latine, langue liturgique et classique qui a façonné la culture occidentale pendant plus de deux millénaires.
Importance dans la tradition
- Utilisé dans les textes liturgiques et doctrinaux
- Racine de nombreux mots français et européens
- Témoin de l'évolution linguistique indo-européenne
Mots apparentés
Utilisation dans la liturgie
Le latin civis peut apparaître dans les prières, les hymnes et les textes liturgiques de l'Église catholique, témoignant de la richesse du patrimoine linguistique chrétien.
Références
- Latin classique
- Latin ecclésiastique
- Tradition liturgique
- Étymologie indo-européenne
Ce mot fait partie du glossaire latin complet de l'encyclopédie Tradiland, qui recense les principaux termes latins utilisés dans la tradition chrétienne et classique.