Partie de : La Doctrine Catholique - Partie 3
Partie de : La Doctrine Catholique - Partie 3
Introduction
La communion eucharistique est l'acte par lequel le chrétien reçoit le Corps et le Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ sous les espèces sacramentelles du pain et du vin. Elle constitue le troisième sacrement d'initiation chrétienne, après le Baptême et la Confirmation, et représente le sommet de la vie sacramentelle. Par la communion, le fidèle s'unit intimement au Christ, participe à son sacrifice rédempteur, et reçoit la nourriture spirituelle indispensable à la vie de l'âme.
Notre-Seigneur lui-même a institué ce sacrement lors de la Dernière Cène et en a commandé la réception : "Prenez et mangez, ceci est mon Corps... Buvez-en tous, car ceci est mon Sang" (Mt 26, 26-28). La communion n'est donc pas une simple dévotion facultative, mais un commandement divin et une nécessité spirituelle pour obtenir la vie éternelle.
Institution et commandement de la communion
Les paroles de l'institution
Lors de la Dernière Cène, après avoir consacré le pain et le vin, Jésus les donna à ses disciples en leur disant : "Prenez et mangez... Buvez-en tous." Ces paroles ne sont pas une simple invitation, mais un commandement. Le Christ veut que nous recevions son Corps et son Sang, non seulement pour nous sanctifier, mais pour nous unir à lui dans une communion d'amour.
Cette institution trouve son explication et sa préparation dans le discours sur le Pain de Vie (Jn 6), où Jésus affirme avec insistance la nécessité de manger sa chair et de boire son sang : "Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous" (Jn 6, 53). Cette parole souligne le caractère absolument nécessaire de la communion eucharistique pour obtenir la vie éternelle.
Le précepte de la communion
L'Église, interprétant le commandement divin, prescrit de communier au moins une fois l'an, au temps pascal. C'est le minimum absolu exigé sous peine de péché mortel. Mais ce minimum ne doit pas être considéré comme un idéal : l'Église recommande vivement la communion fréquente, voire quotidienne, pour ceux qui sont en état de grâce et bien disposés.
Saint Pie X, dans son décret sur la communion fréquente (1905), a rappelé que le Christ a institué l'Eucharistie comme nourriture quotidienne de l'âme. Il est donc normal et souhaitable de communier aussi souvent que possible, pourvu qu'on le fasse avec les dispositions requises.
Dispositions requises pour communier dignement
L'état de grâce
La première et principale condition pour communier dignement est d'être en état de grâce sanctifiante, c'est-à-dire exempt de tout péché mortel. Saint Paul met en garde avec une extrême sévérité : "Quiconque mange le pain ou boit la coupe du Seigneur indignement se rend coupable envers le corps et le sang du Seigneur... Car celui qui mange et boit sans discerner le corps mange et boit sa propre condamnation" (1 Co 11, 27-29).
Celui qui communie en état de péché mortel commet un sacrilège, offense gravement la majesté du Christ présent dans l'Eucharistie, et ajoute un nouveau péché mortel aux précédents. Avant de communier, il faut donc s'assurer d'être en état de grâce. Si l'on a conscience d'un péché mortel, il faut absolument se confesser avant de communier, sauf en cas de nécessité grave avec acte de contrition parfaite.
Le jeûne eucharistique
L'Église prescrit le jeûne eucharistique : on ne doit rien manger ni boire (à l'exception de l'eau et des médicaments) pendant une heure avant la communion. Ce jeûne, bien qu'allégé par rapport à l'ancien usage (jeûne depuis minuit), manifeste le respect dû au Saint-Sacrement et la préparation spirituelle requise.
Ce jeûne prépare l'âme à recevoir la nourriture céleste en la détachant des nourritures terrestres. Il rappelle aussi que le Christ est l'unique nécessaire, la vraie nourriture sans laquelle l'âme meurt de faim spirituelle.
L'intention droite et la dévotion
Il faut communier avec une intention droite, c'est-à-dire dans le but de s'unir au Christ, de recevoir ses grâces, de progresser dans la sainteté. Communier par routine, par respect humain, ou pour des motifs purement naturels (habitude sociale, conformisme) diminue grandement le fruit du sacrement.
La dévotion, c'est-à-dire la ferveur et le recueillement intérieur, bien que non strictement nécessaire à la validité, est indispensable pour recevoir pleinement les fruits de la communion. Il faut communier avec foi, amour, humilité et désir, en méditant sur la grandeur du mystère et l'amour infini du Christ qui se donne à nous.
La préparation et l'action de grâces
La préparation immédiate à la communion consiste à examiner sa conscience, à exciter en son cœur les actes de foi, d'espérance, de charité et de désir. On peut réciter des prières préparatoires ou méditer sur la Passion du Christ, sur sa présence réelle, sur l'amour qui le pousse à se donner en nourriture.
L'action de grâces après la communion est également essentielle. C'est le moment privilégié de l'union intime avec le Christ présent corporellement en nous. Il faut consacrer au moins quelques minutes à converser avec lui, à le remercier, à lui demander ses grâces, à lui offrir sa vie. Négliger l'action de grâces serait une grave ingratitude.
Effets de la communion eucharistique
Union intime avec le Christ
L'effet premier et principal de la communion est l'union intime avec Jésus-Christ. Celui qui communie devient littéralement "un seul corps avec le Christ", comme l'enseigne saint Paul. Cette union dépasse toute union purement spirituelle : c'est une union substantielle, bien que mystérieuse, par laquelle le Christ habite en nous et nous en lui.
Notre-Seigneur lui-même enseigne : "Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui" (Jn 6, 56). Cette demeure mutuelle transforme l'âme, la configure au Christ, la remplit de sa vie divine. C'est une anticipation de l'union béatifique du Ciel.
Augmentation de la grâce sanctifiante
La communion augmente la grâce sanctifiante dans l'âme. Comme une nourriture fortifie le corps, l'Eucharistie fortifie et développe la vie divine en nous. Elle augmente les vertus théologales) et morales, intensifie les dons du Saint-Esprit, accroît notre capacité d'aimer Dieu et de lui plaire.
Cette augmentation est proportionnelle aux dispositions du communiant. Celui qui communie avec grande ferveur reçoit plus de grâce que celui qui communie avec tiédeur. C'est pourquoi il faut s'efforcer de communier avec les meilleures dispositions possibles.
Affaiblissement de la concupiscence et remise des péchés véniels
La communion affaiblit la concupiscence et les inclinations mauvaises héritées du péché originel. Elle fortifie la volonté contre les tentations, préserve des chutes dans le péché, et détache progressivement des affections terrestres. C'est un remède puissant contre la tiédeur spirituelle et l'attachement au péché.
Elle remet aussi les péchés véniels, pourvu que le communiant soit contrit et ne leur soit pas attaché. Recevoir le Christ, source de toute pureté, purifie l'âme de ses souillures légères et ravive la charité.
Gage de la résurrection future
La communion est le gage de la résurrection glorieuse et de la vie éternelle. Jésus le promet formellement : "Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour" (Jn 6, 54). Celui qui se nourrit du Corps du Christ participe dès maintenant à sa vie immortelle et porte en lui le germe de la résurrection.
C'est pourquoi l'Église a coutume de donner le Viatique (la dernière communion) aux mourants : ce sacrement est la nourriture du voyage vers l'éternité, le gage de la vie bienheureuse qui commence après la mort.
Union au Corps mystique de l'Église
La communion unit non seulement au Christ, mais aussi à tous les membres de son Corps mystique qu'est l'Église. En communiant au même pain, nous devenons un seul corps, comme l'enseigne saint Paul : "Le pain que nous rompons, n'est-il pas communion au corps du Christ ? Puisqu'il y a un seul pain, nous sommes tous un seul corps, car nous participons tous à cet unique pain" (1 Co 10, 16-17).
Cette union ecclésiale nous engage à la charité fraternelle, au service des pauvres, à la prière pour tous les membres de l'Église. Communier au Christ, c'est s'engager à vivre en communion avec nos frères.
La communion fréquente et quotidienne
Enseignement de saint Pie X
Saint Pie X, dans son décret Sacra Tridentina Synodus (1905), a encouragé vivement la communion fréquente et même quotidienne. Il enseigne que la communion quotidienne est conforme à la volonté du Christ qui a institué l'Eucharistie comme nourriture quotidienne de l'âme.
Les deux conditions requises pour la communion fréquente sont : être en état de grâce et avoir une intention droite. Il n'est pas nécessaire d'être parfait ni exempt de tout péché véniel, car l'Eucharistie est précisément le remède à nos faiblesses. La communion fréquente, loin d'être réservée aux âmes parfaites, est au contraire le moyen privilégié de progresser vers la perfection.
Fruits de la communion fréquente
Les saints et les auteurs spirituels témoignent unanimement des fruits merveilleux de la communion fréquente : croissance rapide dans la sainteté, fortification contre les tentations, détachement progressif du monde, union intime avec Dieu, joie spirituelle profonde, zèle pour le salut des âmes.
Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus écrivait : "L'Eucharistie, c'est Jésus qui se donne à nous pour nous transformer en lui." Cette transformation s'opère d'autant plus efficacement que les communions sont plus fréquentes et plus ferventes.
La communion sous les deux espèces
Doctrine catholique
L'Église enseigne que celui qui communie sous une seule espèce (pain ou vin) reçoit le Christ tout entier, avec son Corps, son Sang, son Âme et sa Divinité. En vertu de la concomitance naturelle, le Christ ne peut être divisé : où est son Corps, là est aussi son Sang, et inversement.
La communion sous les deux espèces n'est donc pas nécessaire à la plénitude du sacrement. Cependant, elle possède une valeur symbolique plus expressive, manifestant plus clairement la distinction entre le Corps et le Sang du Christ, et rappelant le sacrifice du Calvaire.
Pratique de l'Église
Dans l'Église latine, la communion des fidèles se fait ordinairement sous la seule espèce du pain, pour des raisons pratiques et par respect pour le Précieux Sang. Dans les Églises orientales, la communion se donne sous les deux espèces simultanément, le pain consacré étant trempé dans le Précieux Sang.
Le Concile Vatican II a permis la communion sous les deux espèces dans certaines circonstances particulières, à la discrétion des évêques. Mais la communion sous une seule espèce demeure la norme ordinaire et suffit pleinement.
Articles connexes
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La Présence Réelle : Le Christ présent dans l'Eucharistie
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La Messe : Le sacrifice eucharistique
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L'Eucharistie : Le sacrement dans son ensemble
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Le Viatique : La communion des mourants
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Le Jeûne Eucharistique : La préparation à la communion
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Le Sacrilège : La communion indigne
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La Première Communion : L'initiation à l'Eucharistie
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L'Action de Grâces : La prière après la communion
Conclusion
La communion eucharistique est le trésor le plus précieux de l'Église catholique. Par elle, nous recevons le Christ lui-même, nous nous unissons à son sacrifice rédempteur, nous participons à sa vie divine. C'est la source de toute sainteté, le remède à nos faiblesses, le gage de la vie éternelle.
Que les fidèles apprennent à communier fréquemment, voire quotidiennement si possible, toujours avec les dispositions requises : état de grâce, jeûne eucharistique, dévotion intérieure, action de grâces fervente. La communion fréquente et digne est le chemin royal de la sainteté et le moyen le plus efficace d'arriver au Ciel.