Partie de : La Doctrine Catholique - Partie 3
Partie de : La Doctrine Catholique - Partie 3
Introduction
La Confirmation est le second des sacrements d'initiation chrétienne, après le Baptême et avant l'Eucharistie. Par ce sacrement, le baptisé reçoit la plénitude de l'Esprit Saint, est fortifié dans la grâce sanctifiante, et devient soldat du Christ, appelé à témoigner courageusement de sa foi. La Confirmation achève l'œuvre baptismale et confère au chrétien la force nécessaire pour professer et défendre la foi catholique face au monde.
Ce sacrement imprime dans l'âme un caractère spirituel indélébile, marquant le confirmé du sceau de l'Esprit Saint. Il est nécessaire à la perfection de la vie chrétienne et au plein développement de la grâce baptismale, bien qu'il ne soit pas strictement indispensable au salut comme l'est le Baptême.
Institution divine et fondements scripturaires
L'institution par le Christ
La Confirmation a été instituée par Notre-Seigneur Jésus-Christ, bien que le moment précis ne soit pas explicitement relaté dans l'Évangile. La tradition théologique reconnaît que le Christ a institué ce sacrement soit implicitement lors de sa promesse de l'Esprit Saint aux Apôtres, soit explicitement après sa Résurrection. Le commandement du Christ d'attendre à Jérusalem la venue de l'Esprit Saint (Ac 1, 4-5) manifeste l'importance de ce don pour la mission apostolique.
La Pentecôte constitue le modèle et la réalisation première de la Confirmation : les Apôtres, déjà baptisés, reçoivent l'Esprit Saint sous forme de langues de feu, sont transformés et remplis de courage pour annoncer l'Évangile. Ce qui fut visible et extraordinaire pour les Apôtres se réalise de manière invisible mais réelle dans chaque Confirmation.
La pratique apostolique
Les Actes des Apôtres attestent clairement la pratique de la Confirmation dans l'Église primitive. En Samarie, après que Philippe eut baptisé les nouveaux convertis, "Pierre et Jean descendirent chez eux et prièrent pour eux afin qu'ils reçoivent l'Esprit Saint : car il n'était encore tombé sur aucun d'eux ; ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus. Alors ils leur imposaient les mains et ils recevaient l'Esprit Saint" (Ac 8, 14-17).
De même, saint Paul, rencontrant à Éphèse des disciples qui n'avaient reçu que le baptême de Jean, les baptisa au nom du Seigneur Jésus, puis "quand Paul leur eut imposé les mains, l'Esprit Saint vint sur eux" (Ac 19, 6). Ces textes manifestent que la Confirmation, distincte du Baptême, était pratiquée dès l'origine de l'Église.
Enseignement patristique et magistériel
Les Pères de l'Église témoignent unanimement de la pratique de la Confirmation. Tertullien, saint Cyprien, saint Cyrille de Jérusalem, saint Ambroise et saint Augustin en parlent comme d'un sacrement distinct conférant l'Esprit Saint par l'imposition des mains et l'onction du Saint Chrême.
Le Concile de Trente (1545-1563) a solennellement défini la Confirmation comme l'un des sept sacrements institués par le Christ. Il a condamné les erreurs protestantes qui niaient la nature sacramentelle de la Confirmation ou la réduisaient à une simple cérémonie ecclésiastique.
Matière et forme du sacrement
La matière éloignée : le Saint Chrême
La matière éloignée de la Confirmation est le Saint Chrême, huile d'olive mélangée à du baume, consacrée par l'évêque le Jeudi Saint. Cette huile symbolise l'onction de l'Esprit Saint, la force spirituelle communiquée, et le parfum des vertus que doit répandre le confirmé. L'usage du Chrême signifie que le confirmé devient, à l'image du Christ (dont le nom signifie "Oint"), un "chrétien accompli", consacré et fortifié par l'Esprit.
La matière prochaine : l'onction et l'imposition des mains
La matière prochaine consiste en l'onction du Saint Chrême sur le front du confirmand, accompagnée de l'imposition de la main. Le front, partie la plus visible du corps, symbolise le témoignage public que le chrétien doit rendre sans crainte ni honte. L'imposition de la main rappelle le geste des Apôtres et signifie la communication de l'Esprit Saint.
Traditionnellement, l'évêque donnait aussi une légère tape sur la joue (soufflet) pour rappeler au confirmé qu'il doit être prêt à souffrir pour la foi, comme un soldat du Christ.
La forme du sacrement
La forme du sacrement, prononcée par l'évêque au moment de l'onction, est : "N., sois marqué de l'Esprit Saint, le don de Dieu" (ou dans la forme latine traditionnelle : "N., je te marque du signe de la Croix, et je te confirme du Chrême du salut, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit").
Ces paroles expriment clairement l'effet du sacrement : l'impression du caractère spirituel et le don de l'Esprit Saint avec ses grâces propres.
Les effets de la Confirmation
Le caractère sacramentel
La Confirmation imprime dans l'âme un caractère spirituel indélébile, distinct de celui du Baptême. Ce caractère est une marque spirituelle qui configure plus parfaitement au Christ et habilite le chrétien à professer publiquement sa foi. Comme le caractère baptismal, il demeure même en cas de péché mortel ou d'apostasie, c'est pourquoi la Confirmation ne peut jamais être réitérée.
L'augmentation de la grâce sanctifiante
La Confirmation augmente la grâce sanctifiante reçue au Baptême. Elle perfectionne la vie divine dans l'âme et fortifie les vertus théologales) et morales. Le confirmé reçoit une grâce spéciale qui lui donne la force de vivre courageusement sa foi, de résister aux tentations, et de témoigner de l'Évangile même au prix de sa vie.
Les dons de l'Esprit Saint
La Confirmation développe particulièrement les sept dons du Saint-Esprit infusés au Baptême : sagesse, intelligence, conseil, force, science, piété et crainte de Dieu. Ces dons rendent l'âme docile aux inspirations de l'Esprit Saint et lui permettent d'agir non plus seulement selon la raison humaine, mais selon la motion divine.
Le don de force, en particulier, est communiqué de manière spéciale par la Confirmation. Il donne au chrétien le courage de confesser la foi malgré la persécution, le respect humain ou les difficultés. C'est ce don qui transforma les Apôtres craintifs en prédicateurs intrépides après la Pentecôte.
L'union plus parfaite à l'Église
La Confirmation incorpore plus parfaitement le chrétien à l'Église et à sa mission. Le confirmé devient soldat du Christ dans l'armée de l'Église militante. Il est envoyé en mission pour témoigner de sa foi par ses paroles et ses actes, pour défendre l'Église contre ses ennemis, et pour travailler à l'extension du Royaume de Dieu.
Le ministre et les sujets de la Confirmation
Le ministre ordinaire : l'évêque
Le ministre ordinaire de la Confirmation est l'évêque. Cette réserve manifeste l'unité de l'Église autour de l'évêque et rappelle l'origine apostolique du sacrement. Dans l'Église latine, seul l'évêque confère habituellement la Confirmation, sauf cas exceptionnels où il peut déléguer cette faculté à un prêtre.
Cette pratique souligne l'importance de la Confirmation et son lien avec l'apostolicité de l'Église. Recevoir la Confirmation de l'évêque, successeur des Apôtres, unit visiblement le confirmé à l'Église universelle.
Les sujets de la Confirmation
Tout baptisé non encore confirmé peut et doit recevoir la Confirmation. Pour les adultes, il convient d'être en état de grâce (avoir confessé ses péchés mortels), d'avoir une connaissance suffisante de la foi catholique, et de désirer sincèrement recevoir le sacrement. La Confirmation sans dispositions intérieures appropriées serait sacrilège.
Pour les enfants, l'Église latine a traditionnellement conféré la Confirmation vers l'âge de raison (7 ans) ou à l'adolescence, afin que le confirmand puisse comprendre la nature du sacrement et y consentir personnellement. Dans les Églises orientales, la Confirmation (appelée Chrismation) est conférée immédiatement après le Baptême, même aux nouveaux-nés, soulignant ainsi l'unité des trois sacrements d'initiation.
Le parrain de Confirmation
Il est recommandé d'avoir un parrain ou une marraine pour la Confirmation. Idéalement, ce devrait être le parrain de Baptême, pour manifester l'unité des deux sacrements. Le parrain doit être un catholique confirmé, vivant conformément à la foi, capable d'assister spirituellement le confirmé dans sa vie chrétienne.
La nécessité et l'opportunité de la Confirmation
Nécessité morale
Bien que la Confirmation ne soit pas absolument nécessaire au salut (comme l'est le Baptême), elle est moralement nécessaire à la perfection de la vie chrétienne. Négliger de recevoir la Confirmation sans raison grave serait un péché, car ce serait mépriser un don de Dieu et se priver volontairement des grâces nécessaires à la vie spirituelle.
Les parents ont l'obligation de faire confirmer leurs enfants au temps opportun. Retarder indûment la Confirmation, c'est priver l'enfant des forces spirituelles nécessaires pour affronter les tentations et les dangers de la vie moderne.
Le moment opportun
Traditionnellement, la Confirmation était conférée peu après le Baptême, ou dès l'âge de raison. La pratique actuelle de différer la Confirmation jusqu'à l'adolescence a des avantages pédagogiques (permettre un engagement plus conscient), mais présente le risque que certains jeunes ne la reçoivent jamais.
Le Catéchisme de l'Église Catholique rappelle qu'en danger de mort, tout baptisé doit être confirmé, même un enfant en bas âge, pour lui donner la plénitude de la grâce et le secours de l'Esprit Saint à l'heure suprême.
Les obligations du confirmé
Professer courageusement la foi
Le confirmé a le devoir de professer ouvertement sa foi catholique, sans crainte du respect humain ou de la persécution. Il ne doit pas rougir d'être chrétien, mais au contraire témoigner de sa foi par ses paroles et ses actes. Dans une société de plus en plus hostile à la foi, cette obligation prend une importance particulière.
Défendre l'Église et la doctrine
Le confirmé devient soldat du Christ et doit défendre l'Église contre ses ennemis : les hérésies, les erreurs modernes, les attaques contre la morale chrétienne. Il doit se former solidement dans la doctrine pour pouvoir répondre à ceux qui contestent la foi et rendre raison de son espérance (1 P 3, 15).
Pratiquer l'apostolat
La Confirmation engage le chrétien à l'apostolat sous toutes ses formes : apostolat familial auprès des proches, apostolat professionnel dans son milieu de travail, apostolat paroissial par la participation active à la vie de l'Église. Chaque confirmé, selon ses talents et sa situation, doit contribuer à l'extension du Règne du Christ.
Cultiver les dons de l'Esprit Saint
Le confirmé doit cultiver les dons de l'Esprit Saint par la prière, la fréquentation des sacrements, la méditation de la Parole de Dieu, et la pratique des vertus. Ces dons, infusés au Baptême et développés par la Confirmation, doivent porter du fruit dans une vie chrétienne authentique et rayonnante.
Articles connexes
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Le Baptême : Premier sacrement d'initiation chrétienne
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Les Sept Sacrements : Vue d'ensemble des sacrements institués par le Christ
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L'Esprit Saint : La troisième Personne de la Sainte Trinité
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La Grâce Sanctifiante : Nature et effets de la grâce divine
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Les Dons du Saint-Esprit : Les sept dons communiqués au baptisé
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Le Caractère Sacramentel : La marque indélébile imprimée dans l'âme
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L'Apostolat des Laïcs : La mission du chrétien dans le monde
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La Pentecôte : La venue de l'Esprit Saint sur les Apôtres
Conclusion
La Confirmation est un trésor souvent méconnu ou négligé, alors qu'elle est indispensable à la maturité de la vie chrétienne. Dans un monde qui s'éloigne de plus en plus de Dieu et persécute, ouvertement ou subtilement, les disciples du Christ, les grâces de force et de courage communiquées par ce sacrement sont plus nécessaires que jamais.
Que les chrétiens redécouvrent la grandeur de leur Confirmation et vivent en véritables soldats du Christ, prêts à témoigner de leur foi jusqu'au martyre s'il le faut. C'est par l'Esprit Saint que l'Église a converti le monde païen, c'est par lui qu'elle le reconvertira.