Partie de : La Doctrine Catholique - Partie 3
Introduction
Le mariage chrétien occupe une place centrale dans la doctrine catholique. Institué par Dieu dès la création de l'homme et de la femme, élevé par Notre-Seigneur Jésus-Christ à la dignité de sacrement, le mariage est à la fois une réalité naturelle et une réalité surnaturelle. L'Église a toujours défendu la sainteté du mariage contre toutes les erreurs qui, à travers les siècles, ont cherché à le dénaturer, le dissoudre ou l'avilir.
Nature et définition du mariage
Institution divine
Le mariage a été institué par Dieu lui-même au Paradis terrestre. Après avoir créé Adam, Dieu dit : "Il n'est pas bon que l'homme soit seul ; je lui ferai une aide semblable à lui". Et après avoir créé Ève, il les bénit en disant : "Croissez et multipliez-vous, et remplissez la terre". Cette institution originelle manifeste la volonté divine concernant l'union de l'homme et de la femme. Le mariage appartient donc à l'ordre de la création, antérieur à toute législation humaine et indépendant de la volonté des États.
Unité et indissolubilité
Notre-Seigneur Jésus-Christ a confirmé et restauré l'unité et l'indissolubilité originelles du mariage. Interrogé par les Pharisiens sur le divorce, il répondit : "N'avez-vous pas lu que celui qui créa l'homme au commencement les fit homme et femme, et qu'il dit : À cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et ils seront deux dans une seule chair ? Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Que l'homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni". L'indissolubilité du mariage découle de sa nature même : l'union totale et définitive de deux personnes qui deviennent une seule chair ne peut être rompue que par la mort.
Le mariage comme sacrement
Jésus-Christ a élevé le mariage entre baptisés à la dignité de sacrement. Saint Paul enseigne : "C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et les deux ne seront qu'une seule chair. Ce mystère est grand ; je dis cela par rapport au Christ et à l'Église". Le mariage sacramentel signifie et réalise l'union du Christ et de l'Église. Il confère aux époux la grâce sanctifiante nécessaire pour accomplir fidèlement leurs devoirs mutuels et élever chrétiennement leurs enfants. Entre baptisés, il ne peut y avoir de mariage véritable qui ne soit en même temps sacrement.
Les fins du mariage
La procréation et l'éducation des enfants
La fin première du mariage est la procréation et l'éducation des enfants. Dieu créa l'homme et la femme pour qu'ils transmettent la vie et forment de nouveaux membres de l'Église. Cette fin essentielle ne peut être exclue du mariage sans en détruire la nature. Ceux qui contractent mariage en excluant positivement la procréation ne contractent pas un mariage valide. L'éducation des enfants comprend non seulement leur nourriture et leur instruction naturelle, mais surtout leur formation chrétienne et leur conduite vers le salut éternel. Les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants et ont le droit inaliénable de les élever selon leur foi.
L'aide mutuelle et le remède à la concupiscence
Les fins secondaires du mariage sont l'aide mutuelle des époux et le remède à la concupiscence. L'homme et la femme, créés complémentaires, doivent s'entraider dans les épreuves de la vie terrestre et se soutenir mutuellement dans la poursuite de leur sanctification. Le mariage offre aussi un cadre légitime à l'expression de la sexualité humaine, ordonnant celle-ci à sa fin naturelle et protégeant contre les désordres de la concupiscence. Ces fins, bien que secondaires par rapport à la procréation, demeurent essentielles au bien complet du mariage.
Les propriétés essentielles du mariage
L'unité : la monogamie
Le mariage chrétien est essentiellement monogame : l'union d'un seul homme avec une seule femme. La polygamie, bien que tolérée dans l'Ancien Testament pour des raisons particulières de l'économie divine, est contraire au droit naturel et absolument interdite sous la Loi nouvelle. L'unité du mariage découle de l'égale dignité de l'homme et de la femme, créés tous deux à l'image de Dieu, et de la nature même de l'amour conjugal qui exige le don total et exclusif de soi. Un homme ne peut appartenir totalement à plusieurs femmes, ni une femme à plusieurs hommes.
L'indissolubilité absolue
Le mariage chrétien consommé est absolument indissoluble. Aucune autorité humaine, pas même l'Église, ne peut le dissoudre. Seule la mort d'un des époux rompt le lien matrimonial. Le divorce avec possibilité de remariage du vivant des deux conjoints est absolument contraire à la loi divine. L'Église peut déclarer la nullité d'un mariage s'il s'avère qu'il n'a jamais été valide pour un empêchement dirimant ou un défaut de consentement, mais elle ne peut dissoudre un mariage valide et consommé. Cette indissolubilité protège les époux, spécialement la femme, garantit la stabilité nécessaire à l'éducation des enfants, et manifeste la fidélité absolue du Christ envers son Église.
Le consentement matrimonial
Nature du consentement
Le mariage se réalise par le consentement mutuel des époux, manifesté légitimement. Ce consentement doit être un acte de volonté par lequel l'homme et la femme se donnent et se reçoivent mutuellement pour constituer le mariage. Il doit être libre, conscient, et porter sur le mariage authentique avec ses propriétés essentielles et ses fins naturelles. Un consentement vicié par l'ignorance grave, l'erreur sur la personne ou ses qualités essentielles, la violence, la crainte grave, la simulation, ou une condition contraire à la nature du mariage, rendrait le mariage nul.
Les empêchements dirimants
Certains empêchements, établis par le droit divin ou ecclésiastique, rendent le mariage nul s'ils ne sont pas dispensés préalablement. Les empêchements de droit divin, comme le lien d'un mariage antérieur ou la consanguinité en ligne directe, ne peuvent être dispensés. Les empêchements de droit ecclésiastique, comme certains degrés de parenté ou d'affinité, peuvent être dispensés par l'autorité compétente pour des raisons graves. Ces empêchements protègent la dignité du mariage et le bien des époux et de leurs enfants.
Les devoirs des époux
La fidélité conjugale
Les époux se doivent mutuellement une fidélité absolue. L'adultère, qui viole cette fidélité, est un péché grave contre la justice et contre le sacrement. Cette fidélité ne concerne pas seulement les actes extérieurs, mais aussi les pensées et les désirs du cœur. Les époux doivent éviter toutes les occasions qui pourraient mettre en danger leur fidélité mutuelle. La chasteté conjugale, qui ordonne l'usage du mariage à ses fins naturelles et l'accomplit dans le respect mutuel, est une vertu nécessaire à tous les époux.
La cohabitation et l'assistance mutuelle
Les époux doivent vivre ensemble et s'entraider dans tous les aspects de la vie. Cette cohabitation n'est pas simplement matérielle, mais implique une véritable communion de vie. Ils doivent partager les joies et les peines, se soutenir dans les épreuves, pourvoir ensemble aux besoins du ménage selon leurs possibilités respectives. Le mari, chef de la famille, doit aimer son épouse comme le Christ aime l'Église, exercer son autorité avec douceur et sagesse. L'épouse doit respecter et obéir à son mari dans les choses légitimes, gérer sagement la maison, être le cœur du foyer domestique.
L'éducation chrétienne des enfants
Le devoir premier des parents est d'élever leurs enfants dans la foi catholique. Ils doivent leur enseigner les vérités de la foi, les conduire régulièrement aux sacrements, leur donner l'exemple d'une vie chrétienne authentique. Ils ont l'obligation de veiller à ce que leurs enfants reçoivent une éducation conforme à la doctrine catholique et de les protéger contre toutes les influences corruptrices du monde moderne. Ce droit-devoir d'éducation est antérieur et supérieur à tout droit de l'État en la matière.
Les erreurs modernes contre le mariage
Le divorce et le remariage
Le divorce civil avec remariage du vivant du premier conjoint constitue l'une des plaies les plus graves de la société moderne. Il détruit la stabilité des familles, traumatise les enfants, avilit l'amour conjugal, et établit dans la loi civile une contradiction directe avec la loi divine. Les catholiques divorcés remariés civilement vivent en état d'adultère public et ne peuvent recevoir les sacrements tant qu'ils persistent dans cette situation. L'Église, tout en manifestant sa compassion pastorale envers ces personnes, ne peut renoncer à la vérité de l'indissolubilité du mariage sans trahir le Christ lui-même.
La contraception
La contraception artificielle, qui sépare volontairement l'acte conjugal de sa finalité procréatrice, est intrinsèquement mauvaise et gravement peccamineuse. Elle contredit la nature même de l'acte conjugal et la donation totale que les époux se font mutuellement. L'encyclique Humanae Vitae du pape Paul VI a réaffirmé solennellement cette doctrine constante de l'Église. La régulation naturelle des naissances par la continence périodique peut être licite pour de justes raisons, car elle respecte la nature de l'acte conjugal et n'interpose aucun obstacle artificiel à la transmission de la vie.
Les unions de fait et le concubinage
Les unions libres sans mariage, de plus en plus répandues dans la société moderne, sont contraires à la loi divine et constituent un état habituel de péché grave. Elles privent les partenaires des grâces du sacrement, exposent la femme à l'abandon, nuisent gravement aux enfants qui peuvent naître de ces unions, et donnent le scandale public. L'Église ne peut reconnaître ni bénir ces unions, qui parodient le mariage sans en accepter les exigences. Les catholiques vivant en concubinage doivent régulariser leur situation par un mariage valide ou se séparer.
Articles connexes
- Le sacrement du mariage et sa théologie
- La famille chrétienne dans la société
- L'indissolubilité du mariage selon l'Écriture Sainte
- Les devoirs des époux selon saint Paul
- La doctrine de l'Église sur la procréation responsable