Summa Theologiae, Secunda Secundae, Q. 99
Présentation
Vue d'ensemble
Cette question traite de : De la superstition par excès (clarification)
Contexte moral
La superstition représente un vice opposé à la vertu de religion par excès, c'est-à-dire en rendant à Dieu un culte désordonné ou en rendant un culte divin à ce qui ne le mérite pas. Saint Thomas analyse ici les différentes formes de superstition et leur gravité morale.
Structure scolastique
Méthode thomiste
La réponse à cette question suit la méthode scolastique traditionnelle :
- Objections : Arguments contre la position qu'on défendra
- Sed Contra : Arguments en faveur de la position défendue
- Corpus : La réponse développée de Saint Thomas
- Responsiones : Réfutations des objections
Division de la matière
Saint Thomas distingue systématiquement les diverses espèces de superstition : l'idolâtrie, la divination, les pratiques superstitieuses vaines et observances illicites.
Contenu détaillé
La nature de la superstition
La superstition est un vice contraire à la vertu de religion. Elle consiste à rendre à Dieu un culte indu (par exemple, selon un mode non approuvé par l'Église) ou à rendre un culte divin à une créature. C'est un péché grave car elle détourne de Dieu l'honneur qui lui est dû ou corrompt le culte légitime. La superstition peut procéder de l'ignorance, de la malice, ou de la vaine curiosité.
Les formes principales de superstition
Saint Thomas identifie plusieurs formes de superstition : l'idolâtrie (culte rendu aux idoles ou aux créatures), la divination (recherche illicite de la connaissance de l'avenir ou des choses cachées par des moyens démoniaques), les pratiques magiques (invocation des démons, sortilèges, malédictions), et les observances vaines (attribution de pouvoirs surnaturels à des objets ou pratiques sans fondement légitime). Chacune de ces formes est analysée quant à sa nature et sa gravité.
La gravité de la superstition
La superstition est un péché mortel par son genre, car elle offense directement Dieu dans ce qui lui est le plus dû : le culte et l'honneur. Cependant, la gravité peut varier selon les circonstances : l'idolâtrie avec pacte démoniaque explicite est plus grave que les simples observances vaines faites par ignorance. L'Église a toujours condamné fermement toutes les formes de superstition comme contraires au premier commandement.
Les remèdes contre la superstition
Le remède principal contre la superstition est l'instruction dans la vraie foi et le culte légitime de Dieu. Il faut cultiver la vertu de religion authentique, qui rend à Dieu le culte qui lui est dû selon les formes prescrites par l'Église. La prière, les sacrements, et la dévotion aux saints selon les normes de l'Église constituent le culte véritable qui exclut toute superstition.
Connexions thématiques
Place dans la Somme
Cette question s'inscrit dans la Seconde Partie de la Seconde Partie de la Somme Théologique, qui traite des vertus théologales et cardinales.
Liens théologiques
La superstition est intimement liée aux questions sur la vertu de religion, l'idolâtrie, le premier commandement, et l'opposition entre le vrai culte de Dieu et les pratiques démoniaques ou simplement vaines.
Références
- Saint Thomas d'Aquin, Summa Theologiae, Secunda Secundae, Question 99
Articles connexes
- La vertu de religion
- L'idolâtrie
- Les commandements de Dieu
- La magie et l'occultisme
- Le culte des saints
Q. 99 - De la superstition par excès (clarification)
De la superstition par excès (clarification) - Question 99 de la Summa Theologiae, Secunda Secundae
Introduction
De la superstition par excès (clarification) - Question 99 de la Summa Theologiae, Secunda Secundae
Cet article est mentionné dans
- Q. 92 - De la superstition en général mentionne ce concept
- Q. 94 - Des pratiques divinatoires (superstition) mentionne ce concept
- Q. 95 - De la superstition par observances mentionne ce concept
- La Gourmandise mentionne ce concept