Summa Theologiae, Prima Secundae, Q. 39
Présentation
Cette question traite de : De la bonté et de la malice de la tristesse
Structure scolastique
La réponse à cette question suit la méthode scolastique traditionnelle :
- Objections : Arguments contre la position qu'on défendra
- Sed Contra : Arguments en faveur de la position défendue
- Corpus : La réponse développée de Saint Thomas
- Responsiones : Réfutations des objections
Contenu détaillé
Nature et définition de la tristesse
La tristesse est une passion de l'âme sensible qui consiste dans une certaine répugnance face à ce qui est présent et considéré comme mauvais. Saint Thomas d'Aquin l'analyse comme une réaction naturelle de l'âme face à un bien perdu ou à un mal subit. La question examine comment cette passion peut être à la fois bonne et mauvaise selon les circonstances et les intentions.
Types de tristesse
Il existe plusieurs formes de tristesse selon Saint Thomas :
- La tristesse selon la chair : celle qui naît de la privation de plaisirs sensibles
- La tristesse spirituelle : celle qui provient de l'éloignement du bien divin
- La tristesse utile : celle qui incite à la pénitence et à l'amélioration morale
- La tristesse destructrice : celle qui mène au désespoir et paralyse l'action vertueuse
La tristesse et la vertu
La malice de la tristesse réside principalement dans son excès. Une certaine tristesse est nécessaire-contingent) et vertueuse, notamment face au péché et à l'éloignement du bien. Cependant, elle devient vicieuse lorsqu'elle devient disproportionnée ou qu'elle s'oppose à la joie qui doit caractériser l'âme unie à Dieu. La modération de cette passion par les vertus est donc essentielle.
Les effets et conséquences de la tristesse
La tristesse produit divers effets sur l'âme et le corps. Elle peut affaiblir la volonté, diminuer la capacité d'agir, et même conduire à la désespérance si elle n'est pas régulée par la raison et la vertu. C'est pourquoi Saint Thomas examine attentivement comment la tristesse doit être intégrée dans une vie morale équilibrée et conforme à la vertu.
La tristesse face à la division des biens
Une question centrale est celle de savoir comment on doit se comporter face à la perte de biens terrestres. La réponse scolastique distingue entre une juste tristesse proportionnée au bien perdu et une attachement excessif aux choses du monde. La vertu chrétienne exige que nous portions notre tristesse avec dignité et que nous gardions notre regard tourné vers les biens éternels.
Connexions thématiques
Cette question s'inscrit dans la Première Partie de la Seconde Partie de la Somme Théologique, qui traite de la moralité, des vertus, des passions et de la loi. Elle est intimement liée à d'autres passions comme la joie et la douleur, ainsi qu'aux vertus cardinales qui régulent nos émotions et nos actions.
Références
- Saint Thomas d'Aquin, Summa Theologiae, Prima Secundae, Question 39
- Summa Theologiae - Prima Secundae
- Traité des Passions
Q. 39 - De la bonté et de la malice de la tristesse
De la bonté et de la malice de la tristesse - Question 39 de la Summa Theologiae, Prima Secundae
Introduction
De la bonté et de la malice de la tristesse - Question 39 de la Summa Theologiae, Prima Secundae
Cet article est mentionné dans
- Les Attributs Divins mentionne ce concept
- Q. 6 - De la bonté de Dieu mentionne ce concept
- Q. 20 - De la bonté et de la malice de l'acte extérieur mentionne ce concept
- Q. 19 - De la bonté et de la malice de l'acte intérieur de la volonté mentionne ce concept
- Q. 39 - De la bonté et de la malice de la tristesse mentionne ce concept
- Q. 34 - De la bonté ou malice des plaisirs mentionne ce concept
- Q. 74 - De la cause du péché du côté de la malice mentionne ce concept
- Q. 35 - De la douleur ou tristesse mentionne ce concept
- Q. 63 - De la malice des anges déchus (démons) mentionne ce concept
- Q. 36 - Des causes de la tristesse mentionne ce concept