Respect de la sexualité humaine ordonnée au mariage, interdiction de l'adultère, de la fornication, de l'impureté sous toutes ses formes, chasteté selon l'état de vie.
Introduction
Le sixième commandement du Décalogue établit les fondements de la morale sexuelle chrétienne. En proscrivant l'adultère, ce commandement divin protège non seulement la sainteté du mariage, mais oriente toute l'activité sexuelle vers sa fin légitime établie par le Créateur. Cette prescription divine, loin de se limiter à l'interdiction de l'infidélité conjugale, embrasse l'ensemble de la vie morale en matière de chasteté et constitue un rempart contre le désordre des passions charnelles qui a envahi notre époque déchue.
Le fondement scripturaire du commandement
L'Écriture Sainte proclame avec une clarté absolue : "Tu ne commettras pas d'adultère" (Exode 20:14). Ce commandement fut gravé par le doigt de Dieu sur les tables de pierre remises à Moïse au Sinaï. Notre-Seigneur Jésus-Christ n'est pas venu abolir cette loi mais la parfaire, l'étendant même aux pensées et aux désirs du cœur : "Quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis l'adultère avec elle dans son cœur" (Matthieu 5:28). Cette extension de la loi divine aux mouvements intérieurs de l'âme montre que Dieu exige non seulement l'observance extérieure mais la pureté totale du cœur.
L'ordre naturel de la sexualité
La sexualité humaine n'est pas le fruit du hasard ni une simple pulsion animale. Elle participe de l'ordre établi par Dieu lors de la Création, lorsqu'Il créa l'homme et la femme à son image, les bénit et leur dit : "Croissez et multipliez-vous" (Genèse 1:28). La faculté sexuelle possède donc une finalité intrinsèque : l'union des époux dans l'amour conjugal et la procréation d'une nouvelle vie. Détourner cette faculté de sa fin naturelle constitue un désordre grave qui offense le Créateur et corrompt l'ordre établi. C'est pourquoi la loi naturelle elle-même, inscrite dans le cœur de chaque homme, condamne l'usage désordonné de la sexualité.
L'adultère : violation suprême du pacte conjugal
L'adultère représente la transgression la plus directe et la plus grave du sixième commandement. Il constitue une violation du serment conjugal, un parjure envers Dieu qui est témoin du consentement matrimonial, et une injustice criante envers le conjoint innocent. L'adultère brise l'unité exclusive voulue par Dieu entre l'homme et la femme unis dans le mariage sacramentel. Saint Thomas d'Aquin enseigne que l'adultère est doublement criminel : il viole à la fois la justice due au conjoint et la vertu de chasteté qui ordonne l'usage de la sexualité selon la raison droite.
La gravité intrinsèque de la fornication
La fornication, soit les relations charnelles entre personnes non mariées, constitue elle aussi un péché mortel contre le sixième commandement. Même si elle ne comporte pas la dimension de trahison propre à l'adultère, la fornication détourne néanmoins la sexualité de sa fin légitime qui est l'union conjugale stable ordonnée à la procréation. Les partisans du monde moderne prétendent que les relations "consenties" entre adultes non mariés seraient moralement acceptables. C'est là une erreur pernicieuse qui méconnaît totalement l'ordre divin. La Sainte Écriture condamne explicitement la fornication, la rangeant parmi les péchés qui excluent du Royaume de Dieu (1 Corinthiens 6:9-10).
Les péchés d'impureté solitaire
La masturbation, bien que souvent minimisée par la psychologie moderne, demeure un acte intrinsèquement et gravement désordonné selon l'enseignement constant de l'Église. Elle détourne la sexualité vers une satisfaction égoïste, fermant complètement l'acte à toute dimension d'amour conjugal et de procréation. Saint Alphonse de Liguori, Docteur de l'Église et prince des moralistes, enseigne que la pollution volontaire constitue matériellement un péché mortel, bien que la responsabilité puisse être atténuée par l'ignorance, l'habitude invétérée ou la violence de la tentation. La lutte contre ce vice exige la prière, la fréquentation des sacrements et la fuite des occasions de péché.
La pornographie : vice moderne aux effets dévastateurs
Notre époque déchue a vu proliférer un fléau d'une ampleur sans précédent : la pornographie. Ce commerce immonde de l'impureté visuelle constitue une violation grave du sixième commandement sous plusieurs aspects. D'abord, elle offense directement la vertu de chasteté en excitant volontairement les passions désordonnées. Ensuite, elle exploite et dégrade la dignité des personnes réduites à l'état d'objets de convoitise. Enfin, elle crée une addiction spirituelle qui enchaîne l'âme et la rend progressivement incapable de pureté véritable. L'Église a toujours condamné fermement ces représentations obscènes, et le Catéchisme nous enseigne qu'y consentir volontairement constitue un péché grave.
Les actes contre nature et la sodomie
Certains actes sexuels, par leur nature même, s'opposent radicalement à l'ordre établi par Dieu et constituent ce que la théologie morale appelle des péchés contre nature. La sodomie, nommément condamnée dans l'Écriture par le châtiment terrible qui s'abattit sur les villes de Sodome et Gomorrhe (Genèse 19), représente l'une de ces abominations. Ces actes pervertissent totalement la finalité naturelle de la sexualité et manifestent un dérèglement profond de l'appétit sensible. Saint Paul les condamne sans ambiguïté dans l'Épître aux Romains (1:26-27), les présentant comme le fruit et le châtiment de l'abandon de Dieu. L'Église, gardienne de la loi divine, ne saurait jamais approuver ou bénir de telles unions qui contredisent frontalement le plan du Créateur.
La chasteté selon l'état de vie
Le sixième commandement n'impose pas à tous la même forme de chasteté. Les époux sont appelés à la chasteté conjugale, qui consiste dans la fidélité mutuelle absolue et l'ouverture à la vie dans leurs relations intimes. Les personnes consacrées embrassent la chasteté parfaite par le vœu de chasteté, renonçant totalement à l'usage de la sexualité pour se donner entièrement à Dieu. Les célibataires, qu'ils soient dans l'attente du mariage ou appelés au célibat laïc, doivent observer la continence parfaite. Chacun selon son état doit cultiver la pureté du cœur et fuir toute forme d'impureté.
Les moyens de préserver la chasteté
La vertu de chasteté ne s'acquiert ni ne se conserve sans un combat spirituel constant. Plusieurs moyens sont indispensables à cette lutte sainte. La prière quotidienne fortifie la volonté et attire les grâces nécessaires. La fréquentation assidue des sacrements, particulièrement la Confession et l'Eucharistie, purifie l'âme et la nourrit de la vie divine. La mortification des sens, spécialement la garde des yeux et la modération dans la nourriture et la boisson, affaiblit l'empire des passions charnelles. La fuite des occasions de péché - mauvaises fréquentations, lectures impures, spectacles indécents - constitue une prudence élémentaire. La dévotion à la Très Sainte Vierge Marie, modèle de pureté parfaite, obtient des grâces spéciales de chasteté.
La modestie et la pudeur
Le sixième commandement exige également la pratique des vertus annexes de modestie et de pudeur. La modestie règle les paroles, les gestes, les vêtements et toute la conduite extérieure selon les normes de la décence chrétienne. Elle s'oppose à l'impudence moderne qui exhibe sans vergogne ce qui devrait demeurer caché. La pudeur, quant à elle, protège l'intimité de la personne et refuse de dévoiler ce qui appartient au domaine du secret. Ces vertus, loin d'être de simples conventions sociales, constituent des protections essentielles de la chasteté. Une femme chrétienne authentique se vêt avec modestie, évitant les tenues provocantes qui constituent une occasion de péché pour autrui et manifestent un manque de respect envers soi-même.
Le scandale et la coopération au péché d'autrui
Le sixième commandement interdit non seulement de pécher soi-même mais aussi de donner occasion de péché à autrui. Le scandale, soit la parole ou l'action qui incite le prochain au péché, constitue une faute grave contre la charité fraternelle. Celui qui, par son comportement immodeste, ses propos licencieux ou ses conseils pervers, entraîne une autre âme dans le péché d'impureté, se rend coupable devant Dieu non seulement de son propre péché mais aussi de celui d'autrui. Notre-Seigneur prononce des paroles terribles contre ceux qui scandalisent les petits : "Il vaudrait mieux pour lui qu'on lui attachât une meule de moulin au cou et qu'on le jetât dans la mer" (Marc 9:42).
Les conséquences temporelles et éternelles de l'impureté
Les violations du sixième commandement entraînent des conséquences désastreuses tant dans cette vie que pour l'éternité. Sur terre, l'impureté détruit les familles, corrompt la jeunesse, affaiblit la volonté, obscurcit l'intelligence et rend l'âme incapable de contemplation spirituelle. Elle engendre la honte, le remords et souvent des maladies du corps. Mais les châtiments les plus terribles sont ceux de l'éternité. L'Apocalypse nous avertit que "les impudiques, leurs part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, qui est la seconde mort" (Apocalypse 21:8). Ceux qui meurent en état de péché mortel d'impureté sans repentir véritable sont voués à la damnation éternelle.
Cet article est mentionné dans
- Le Sixième Commandement traite du commandement général
- Mariage - Sacrement définit l'union légitime
- Chasteté Conjugale : Théologie du Corps explore la pureté maritale
- Adultère - Infidélité dans le Mariage approfondit cette violation
- Chasteté Sacerdotale et Religieuse traite de la continence parfaite
- Péché Mortel : Mort de l'Âme explique la gravité du péché
- Loi Naturelle : Participation à la Loi Éternelle fonde ce commandement
- Grand Catéchisme de Saint Pie X enseigne cette doctrine
- Confession - Rémission des Péchés offre le pardon
- Pudeur : Protection de l'Intimité garde la chasteté
- Scandale : Pierre d'Achoppement évoque la responsabilité envers autrui