Le monastère de Kykkos, fondé au XIe siècle dans les montagnes de Chypre, conserve une icône miraculeuse de la Vierge Marie attribuée à saint Luc l'évangéliste. Ce sanctuaire, le plus vénéré de Chypre, attire pèlerins orthodoxes et catholiques dans une dévotion mariale séculaire.
Introduction
Selon la tradition, l'empereur byzantin Alexis Comnène offrit l'icône miraculeuse peinte par saint Luc au monastère nouvellement fondé. Recouverte d'argent selon la coutume orthodoxe, seules les mains de la Vierge et de l'Enfant demeurent visibles. Cette icône "Eleousa" (de tendresse), jamais photographiée ni exposée directement, est vénérée derrière un voile, ajoutant au mystère et à la révérence.
Les miracles attribués à l'icône se comptent par milliers. Les Chypriotes invoquent particulièrement la "Panagia de Kykkos" pour la pluie en période de sécheresse, la guérison des malades, la protection de l'île. Cette dévotion populaire intense manifeste la foi vivace de l'orthodoxie chypriote.
Le monastère, incendié à plusieurs reprises, fut toujours reconstruit, l'icône miraculeuse demeurant intacte à chaque fois. Cette préservation miraculeuse renforce la vénération portée à l'image sacrée et témoigne de la protection divine sur le sanctuaire.
Signification spirituelle
Kykkos perpétue la tradition orthodoxe de vénération des icônes, fenêtres sur le Ciel rendant présent le mystère divin. Cette dévotion, condamnée par les iconoclastes et les protestants, manifeste que l'Incarnation autorise la représentation du divin et que les images sacrées, correctement vénérées, élèvent l'âme vers les réalités invisibles. L'icône de Kykkos, attribuée à saint Luc qui vit la Vierge de ses yeux, établit un lien direct avec l'époque apostolique.