Traduction française : rédemption
Traduction anglaise : redemption, ransom
Grammaire : noun, f, 3rd declension
Exemple d'utilisation
Redemptio animae maximi pretii est.
Étymologie
from redimere (buy back)
Contexte linguistique
Le mot latin redemptio appartient à la riche tradition de la langue latine, langue liturgique et classique qui a façonné la culture occidentale pendant plus de deux millénaires.
Importance dans la tradition
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Utilisé dans les textes liturgiques et doctrinaux
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Racine de nombreux mots français et européens
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Témoin de l'évolution linguistique indo-européenne
Utilisation dans la liturgie
Le latin redemptio peut apparaître dans les prières, les hymnes et les textes liturgiques de l'Église catholique, témoignant de la richesse du patrimoine linguistique chrétien.
Références
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Latin ecclésiastique
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Tradition liturgique
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Étymologie indo-européenne
Traduction française : rédemption, rachat
Traduction anglaise : redemption, ransom
Grammaire : nom féminin, 3ème déclinaison (redemptio, redemptionis)
Exemple d'utilisation
Redemptio animae maximi pretii est.
La rédemption de l'âme est d'un prix très élevé.
Étymologie
Le terme redemptio dérive du verbe latin redimere (racheter, délivrer), composé du préfixe re- (de nouveau, en arrière) et emere (acheter). Cette construction étymologique exprime parfaitement l'idée de "racheter" ou "acheter de nouveau", évoquant la libération d'un esclave ou d'un captif moyennant rançon. Le mot latin s'est imposé dans la théologie chrétienne pour désigner l'œuvre salvifique du Christ qui rachète l'humanité du péché.
Contexte biblique et patristique
Dans l'Écriture Sainte
Le concept de rédemption traverse toute l'Écriture, depuis l'Ancien Testament où Dieu se révèle comme le Go'el d'Israël, le rédempteur qui libère son peuple de l'esclavage égyptien, jusqu'au Nouveau Testament où saint Paul affirme : "En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés" (Éphésiens 1, 7). La Vulgate latine emploie systématiquement redemptio pour traduire l'hébreu ge'ullah et le grec apolytrôsis.
Chez les Pères de l'Église
Les Pères latins ont développé une théologie approfondie de la rédemption. Saint Augustin enseigne que le Christ, étant sans péché, n'était pas soumis à la mort, et que sa mort volontaire constitue donc un prix surabondant payé pour notre libération. Saint Ambroise souligne la dimension commerciale du terme : l'humanité, vendue au péché, est rachetée par le sang du Christ.
Théologie de la rédemption
Enseignement de saint Thomas d'Aquin
Dans la Somme Théologique (III, q. 48-49), saint Thomas d'Aquin analyse la rédemption comme une œuvre de justice et de miséricorde. Le Christ, en tant qu'homme-Dieu, offre une satisfaction surabondante pour les péchés de l'humanité. Sa Passion constitue à la fois un sacrifice propitiatoire, une rédemption au sens strict (libération moyennant rançon), et une réconciliation entre Dieu et l'homme.
Doctrine du Magistère
Le Catéchisme de l'Église catholique enseigne : "Jésus n'a pas connu la réprobation comme s'il avait lui-même péché. Mais dans l'amour rédempteur qui l'unissait toujours au Père, il nous a assumés dans l'égarement de notre péché par rapport à Dieu" (CEC 603). La rédemption n'est pas un simple pardon juridique, mais une recréation ontologique de l'humanité dans le Christ.
Usage liturgique et sacramentel
Dans la liturgie romaine
Le terme redemptio apparaît fréquemment dans la liturgie latine traditionnelle. Dans le Te Deum, on chante : "Tu, ad liberandum suscepturus hominem, non horruisti Virginis uterum" (Pour accomplir la rédemption de l'homme, tu n'as pas dédaigné le sein de la Vierge). L'hymne Vexilla Regis proclame : "Impleta sunt quae concinit David fideli carmine, dicendo nationibus: regnavit a ligno Deus" - célébrant la rédemption accomplie sur la Croix.
Dimension sacramentelle
La rédemption objectivement accomplie par le Christ sur la Croix est appliquée subjectivement aux âmes par les sacrements, particulièrement le Baptême qui nous incorpore à la mort et à la résurrection du Christ, et l'Eucharistie qui actualise le sacrifice rédempteur. Le Vendredi Saint, la liturgie proclame : "Ecce lignum Crucis, in quo salus mundi pependit" (Voici le bois de la Croix, auquel fut attaché le salut du monde).
Temps liturgiques
Le mystère de la rédemption structure l'année liturgique : le temps de l'Avent prépare la venue du Rédempteur, le Carême nous dispose à célébrer dignement la Pâque rédemptrice, et le Triduum pascal célèbre l'accomplissement de l'œuvre de salut. Chaque messe actualise sacramentellement ce mystère : "Mysterium fidei : mortem tuam annuntiamus, Domine, et tuam resurrectionem confitemur, donec venias".
Implications spirituelles
La rédemption opérée par le Christ établit l'homme dans une dignité nouvelle : de serviteur du péché, il devient fils adoptif de Dieu. Cette libération implique une réponse libre de l'homme qui doit coopérer à sa propre sanctification par la grâce. Comme l'enseigne le Concile de Trente, la rédemption nous libère du péché mais requiert notre collaboration active dans l'œuvre de notre salut.
Articles connexes
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Salvatio : Le salut accompli par la rédemption
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Sacrificium : Le sacrifice rédempteur du Christ
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Passio : La Passion, instrument de la rédemption
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Gratia : La grâce, fruit de la rédemption
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Reconciliatio : La réconciliation opérée par la rédemption
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Christus : Le Christ Rédempteur
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Sanguis : Le sang rédempteur
Références
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Latin classique et ecclésiastique
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Somme Théologique, IIIa Pars, q. 48-49
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Catéchisme de l'Église catholique, nn. 599-623
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Concile de Trente, Décret sur la justification
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Tradition patristique latine