Traduction française : nature
Traduction anglaise : nature
Grammaire) : noun, f. (1st decl.)
Exemple d'utilisation
Natura omnibus rebus formas dat.
Natura omnibus rebus formas dat.
## Étymologie
From nascor (be born); root meaning 'birth, essential qualities'
## Contexte linguistique
Le mot latin **natura** appartient à la riche tradition de la langue latine, langue liturgique et classique qui a façonné la culture occidentale pendant plus de deux millénaires.
### Importance dans la tradition
- Utilisé dans les textes liturgiques et doctrinaux
- Racine de nombreux mots français et européens
- Témoin de l'évolution linguistique indo-européenne
## Utilisation dans la liturgie
Le latin **natura** peut apparaître dans les prières, les hymnes et les textes liturgiques de l'Église catholique, témoignant de la richesse du patrimoine linguistique chrétien.
## Références
- Latin classique
- Latin ecclésiastique
- Tradition liturgique
- Étymologie indo-européenne
Cette formule philosophique signifie : "La nature donne leurs formes à toutes choses". Elle exprime un principe fondamental de la philosophie aristotélicienne reprise par saint Thomas : chaque être naturel possède une forme substantielle qui détermine sa nature propre et ses opérations caractéristiques. La nature n'est pas une force aveugle, mais un principe intrinsèque d'ordre et de finalité inscrit dans chaque créature par le Créateur.
## Étymologie
Le terme *natura* dérive du verbe latin *nascor* (naître, être engendré), lui-même issu de la racine indo-européenne *\*gen-* (engendrer). Étymologiquement, *natura* désigne donc "ce qui fait qu'une chose naît et se développe selon son mode propre", c'est-à-dire son essence en tant que principe d'opérations. Cette étymologie révèle le lien intrinsèque entre nature et devenir : la nature d'un être détermine son développement et sa finalité.
Le latin a développé une riche famille lexicale autour de cette racine : *naturalis* (naturel), *nativitas* (nativité, naissance), *natus* (né), *innatus* (inné). En philosophie grecque, *natura* traduit le terme *physis* (φύσις), qui désigne également la nature comme principe interne de croissance et de mouvement. Cicéron forgea le terme *qualitas* (qualité) pour rendre le grec *poiotès*, mais conserva *natura* pour désigner l'essence considérée comme principe d'opérations.
## Nature et essence dans la philosophie thomiste
Dans la métaphysique de saint Thomas d'Aquin, le concept de nature occupe une place centrale. La nature (*natura*) désigne l'essence (*essentia*) d'une chose en tant qu'elle est principe d'opérations et de mouvement. Toute substance possède une nature qui détermine ses propriétés et ses activités caractéristiques. La nature de l'homme, par exemple, est d'être un animal rationnel (*animal rationale*), composé d'un corps matériel et d'une âme spirituelle. De cette nature découlent ses opérations propres : la sensation (commune aux animaux) et l'intellection (propre à l'homme).
Saint Thomas distingue soigneusement entre la nature d'un être et son existence. La nature répond à la question "qu'est-ce que c'est ?" (*quid est*), tandis que l'existence répond à la question "est-ce que cela existe ?" (*an sit*). Dans toutes les créatures, nature et existence sont réellement distinctes : leur nature ne leur confère pas nécessairement l'existence, qu'elles reçoivent de Dieu. Seul Dieu est l'Être subsistant par soi (*Ipsum Esse Subsistens*), en qui essence et existence s'identifient absolument.
## Nature et grâce : l'ordre naturel et l'ordre surnaturel
La théologie catholique, particulièrement dans la synthèse thomiste, distingue rigoureusement l'ordre naturel et l'ordre surnaturel. L'ordre naturel comprend tout ce qui appartient à la nature créée et peut être connu ou accompli par les seules forces naturelles, sans le secours de la grâce divine. L'ordre surnaturel désigne les dons gratuits que Dieu ajoute à la nature : la grâce sanctifiante, les vertus théologales (foi, espérance, charité), les dons du Saint-Esprit, et ultimement la vision béatifique.
Cette distinction ne signifie pas une séparation : la grâce ne détruit pas la nature, mais la perfectionne (*gratia non tollit naturam, sed perficit*). La nature humaine, blessée par le péché originel mais non totalement corrompue, demeure essentiellement bonne. Elle conserve ses facultés naturelles (intelligence, volonté), mais a besoin de la grâce pour atteindre sa fin surnaturelle, qui est la béatitude éternelle en Dieu. La grâce élève la nature au-dessus de ses capacités natives, lui permettant d'accomplir des actes méritoires pour la vie éternelle et de participer à la vie divine elle-même.
Cette doctrine de la nature et de la grâce occupe une place centrale dans les controverses théologiques. Contre les pélagiens, qui affirmaient que la nature humaine suffisait au salut sans la grâce, l'Église a défini la nécessité absolue de la grâce. Contre les protestants, qui enseignaient une corruption totale de la nature par le péché, l'Église a maintenu la bonté fondamentale de la nature créée et sa capacité, sous la motion de la grâce, à coopérer au salut.
## La loi naturelle
De la notion de nature humaine découle la doctrine de la loi naturelle (*lex naturalis*), pierre angulaire de la morale catholique. La loi naturelle désigne la participation de la créature raisonnable à la loi éternelle de Dieu. Elle consiste en des préceptes moraux que la raison humaine peut découvrir en réfléchissant sur la nature humaine et ses inclinations fondamentales. Le premier principe de la loi naturelle est : "Il faut faire le bien et éviter le mal" (*bonum est faciendum et prosequendum, et malum vitandum*).
De ce principe premier dérivent des préceptes plus spécifiques, correspondant aux inclinations naturelles de l'homme : conservation de son être (d'où l'interdiction du suicide), procréation et éducation des enfants, connaissance de la vérité, vie en société. La loi naturelle est universelle, immuable dans ses principes fondamentaux, et accessible à toute raison droite. Elle constitue le fondement rationnel de la morale, antérieur à toute loi positive humaine et valable pour tous les hommes de tous les temps.
Le Catéchisme de l'Église Catholique enseigne que "la loi naturelle exprime le sens moral originel qui permet à l'homme de discerner par la raison ce que sont le bien et le mal, la vérité et le mensonge" (CEC 1954). Cette doctrine fonde l'affirmation de droits humains universels et de devoirs moraux objectifs, indépendants des conventions culturelles ou des législations positives.
## Le mystère des deux natures du Christ
En christologie, le concept de nature revêt une importance dogmatique capitale. Le Concile de Chalcédoine (451) a défini solennellement que le Christ possède deux natures, divine et humaine, unies hypostatiquement dans l'unique Personne du Verbe de Dieu. Cette formulation, *una persona in duabus naturis* (une personne en deux natures), constitue le dogme christologique fondamental de l'orthodoxie catholique.
Le Christ est vrai Dieu et vrai homme : il possède intégralement la nature divine (de toute éternité, en tant que Verbe du Père) et intégralement la nature humaine (assumée dans le temps, au moment de l'Incarnation). Ces deux natures ne se confondent pas (*sine confusione*), ne se changent pas l'une en l'autre (*sine commutatione*), ne se divisent pas (*sine divisione*), et ne se séparent pas (*sine separatione*). Cette union hypostatique permet au Christ d'être médiateur parfait entre Dieu et les hommes, participant des deux natures qu'il réconcilie.
La théologie thomiste explique cette union en distinguant soigneusement nature et personne (*natura* et *persona*). Une nature désigne "ce que quelque chose est" ; une personne désigne "qui quelqu'un est". Dans le Christ, il y a deux natures complètes (divine et humaine), mais une seule Personne (divine) qui subsiste dans ces deux natures. C'est pourquoi l'on peut dire : "Dieu est mort" (en raison de l'union hypostatique, car c'est la Personne divine qui a souffert la mort dans sa nature humaine), sans pour autant affirmer que la nature divine est devenue mortelle.
## Articles connexes
- [Glossaire Latin - Index](/wiki/glossaire-latin-index) - Index complet du glossaire latin
- [essentia](/wiki/glossaire-latin-acedia) - L'essence, synonyme de nature
- [gratia](/wiki/glossaire-latin-gratia) - La grâce, perfection surnaturelle de la nature
- [lex](/wiki/glossaire-latin-lex) - La loi, incluant la loi naturelle
- [persona](/wiki/glossaire-latin-acedia) - La personne, distincte de la nature
- [substantia](/wiki/glossaire-latin-acedia) - La substance, support de la nature
- [ratio](/wiki/glossaire-latin-ratio) - La raison, qui connaît la loi naturelle
- [Incarnatio](/wiki/glossaire-latin-acedia) - L'Incarnation, union des deux natures dans le Christ
## Contexte linguistique
Le mot latin **natura** appartient à la riche tradition de la langue latine, langue liturgique et classique qui a façonné la culture occidentale pendant plus de deux millénaires.
### Importance dans la tradition
- Utilisé dans les textes liturgiques et doctrinaux
- Racine de nombreux mots français et européens
- Témoin de l'évolution linguistique indo-européenne
## Utilisation dans la liturgie
Le latin **natura** peut apparaître dans les prières, les hymnes et les textes liturgiques de l'Église catholique, témoignant de la richesse du patrimoine linguistique chrétien.
## Références
- Latin classique
- Latin ecclésiastique
- Tradition liturgique
- Étymologie indo-européenne
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*Ce mot fait partie du [glossaire latin complet](/wiki/glossaire-latin-index) de l'encyclopédie Tradiland, qui recense les principaux termes latins utilisés dans la tradition chrétienne et classique.*