Traduction française : discorde
Traduction anglaise : discord, strife
Grammaire) : nom. f. (1st declension)
Exemple d'utilisation
Discordia fit carior concordia.
Discordia fit carior concordia.
## Étymologie
From dis- 'apart' + cor 'cœur'. racine de 'discord', 'discordant'.
## Contexte linguistique
Le mot latin **discordia** appartient à la riche tradition de la langue latine, langue liturgique et classique qui a façonné la culture occidentale pendant plus de deux millénaires.
### Importance dans la tradition
- Utilisé dans les textes liturgiques et doctrinaux
- Racine de nombreux mots français et européens
- Témoin de l'évolution linguistique indo-européenne
## Utilisation dans la liturgie
Le latin **discordia** peut apparaître dans les prières, les hymnes et les textes liturgiques de l'Église catholique, témoignant de la richesse du patrimoine linguistique chrétien.
## Références
- Latin classique
- Latin ecclésiastique
- Tradition liturgique
- Étymologie indo-européenne
*"Par la discorde, la concorde devient plus précieuse."*
## Étymologie
Le terme **discordia** provient de la préposition *dis-* (indiquant la séparation, l'éloignement) et de *cor, cordis* (cœur). Littéralement, la discorde désigne donc l'état de cœurs séparés, divisés. Cette construction étymologique révèle la nature profonde du concept : la discorde n'est pas simplement un désaccord intellectuel, mais une rupture de l'unité des cœurs. Le latin classique utilisait ce terme pour désigner tant les conflits politiques que les divisions personnelles. La racine *cor* se retrouve dans les mots français "discord", "discordant", "cordial" (qui unit les cœurs), et "concorde" (l'union des cœurs).
## Contexte historique et littéraire
### Usage dans la littérature classique
Dans la Rome antique, *discordia* désignait les dissensions civiles qui menaçaient l'unité de la République. Cicéron emploie fréquemment ce terme dans ses discours politiques pour dénoncer les factions qui divisent le Sénat. Salluste, dans son analyse de la conjuration de Catilina, attribue la décadence romaine à la *discordia civium*, la discorde entre citoyens qui succède à la destruction de Carthage.
Virgile, dans l'Énéide, personnifie la Discorde (*Discordia demens*) comme une divinité malfaisante résidant aux portes des Enfers, aux côtés du Deuil et de la Vengeance. Cette représentation mythologique influence durablement l'imaginaire chrétien médiéval.
### La discorde dans la pensée patristique
Les Pères de l'Église reprennent le vocabulaire latin classique en lui donnant une dimension spirituelle nouvelle. Saint Augustin, dans *La Cité de Dieu*, oppose la *concordia* de la Cité céleste, fondée sur l'amour de Dieu, à la *discordia* de la cité terrestre, engendrée par l'amour de soi. Pour Augustin, la discorde trouve sa source dans le péché originel qui a brisé l'harmonie initiale entre Dieu et l'homme, entre l'homme et lui-même, entre les hommes.
Saint Jérôme, dans ses commentaires bibliques, utilise *discordia* pour traduire les termes hébreux et grecs désignant les divisions, les schismes et les querelles condamnées par les Écritures. La Vulgate emploie ce terme dans plusieurs passages pauliniens sur l'unité ecclésiale.
## Enseignement magistériel et spirituel
### La discorde comme vice capital
Dans la tradition thomiste, la discorde est analysée comme un vice opposé à la paix et à la charité. Saint Thomas d'Aquin, dans la *Somme théologique* (IIa-IIae, q. 37), traite de la discorde dans sa question sur les vices opposés à la paix. Il distingue la discorde de la dissension : la discorde concerne la division des volontés, tandis que la dissension implique une opposition active des opinions.
La discorde procède du désordre des passions et de l'attachement excessif à son jugement propre. Elle s'oppose directement à la charité qui unit les fidèles dans un même cœur et une même âme (Ac 4, 32). Thomas note que toute discorde n'est pas nécessairement pécheresse : s'opposer au mal par attachement au bien ne constitue pas une discorde coupable, mais une fermeté nécessaire dans la foi.
### La discorde dans les communautés ecclésiales
Le Catéchisme de l'Église catholique (CEC 2539) mentionne la discorde parmi les fruits de l'envie qui blessent la charité fraternelle. Les divisions dans l'Église, qu'il s'agisse de querelles locales ou de schismes majeurs, manifestent l'action du diviseur (*diabolos* en grec signifie "celui qui divise").
Les textes conciliaires, notamment du Concile Vatican II, rappellent que la discorde entre chrétiens contredit ouvertement la volonté du Christ qui a prié "pour que tous soient un" (Jn 17, 21). Le décret *Unitatis Redintegratio* sur l'œcuménisme souligne que les divisions sont un scandale qui affaiblit le témoignage chrétien dans le monde.
### Remèdes spirituels à la discorde
La tradition spirituelle propose plusieurs voies pour surmonter la discorde :
L'humilité, qui permet de renoncer à l'obstination dans son propre jugement. Saint Benoît, dans sa Règle, prescrit l'obéissance mutuelle comme remède aux divisions communautaires.
La prière commune, qui unit les cœurs en les tournant vers Dieu. La liturgie, en rassemblant les fidèles dans une même action cultuelle, réalise visiblement l'unité du Corps mystique.
Le silence et la discrétion, vertus opposées aux paroles qui attisent les querelles. Saint Jacques avertit que "la langue est un feu" capable d'embraser toute une communauté (Jc 3, 6).
La charité fraternelle, qui recherche activement l'unité et supporte les différences légitimes dans un esprit de communion.
## Utilisation liturgique
Le terme *discordia* apparaît dans plusieurs textes liturgiques traditionnels, notamment dans les prières pour la paix et l'unité. L'oraison *pro pace* du Missel romain supplie Dieu d'éloigner toute discorde et d'accorder la paix véritable à son peuple.
Dans l'office divin, les hymnes pénitentielles mentionnent la discorde parmi les péchés dont les fidèles demandent le pardon. Les litanies des saints incluent parfois la demande : *A discordia, libera nos, Domine* ("De la discorde, délivre-nous, Seigneur").
## Implications pastorales contemporaines
À l'ère des divisions idéologiques et des polarisations sociales, le concept de *discordia* retrouve une actualité particulière. L'enseignement de l'Église sur la communion fraternelle appelle les catholiques à être des artisans de paix et d'unité, refusant les logiques de faction et de division.
Le Pape François, dans *Fratelli Tutti*, dénonce les discordes alimentées par les réseaux sociaux et les manipulations médiatiques qui fragmentent le corps social. Il appelle à une "culture de la rencontre" qui surmonte les oppositions stériles par le dialogue et la reconnaissance mutuelle.
## Articles connexes
- [concordia](/wiki/glossaire-latin-concordia) : concorde, harmonie des cœurs
- [pax](/wiki/glossaire-latin-pax) : paix, tranquillité de l'ordre
- [caritas](/wiki/glossaire-latin-caritas) : charité, amour fraternel
- [unitas](/wiki/glossaire-latin-acedia) : unité, communion
- [schisma](/wiki/glossaire-latin-acedia) : schisme, division ecclésiale
- [humilitas](/wiki/glossaire-latin-humilitas) : humilité, modestie
- [superbia](/wiki/glossaire-latin-superbia) : orgueil, source de division
## Contexte linguistique
Le mot latin **discordia** appartient à la riche tradition de la langue latine, langue liturgique et classique qui a façonné la culture occidentale pendant plus de deux millénaires.
### Importance dans la tradition
- Utilisé dans les textes liturgiques et doctrinaux
- Racine de nombreux mots français et européens
- Témoin de l'évolution linguistique indo-européenne
## Utilisation dans la liturgie
Le latin **discordia** peut apparaître dans les prières, les hymnes et les textes liturgiques de l'Église catholique, témoignant de la richesse du patrimoine linguistique chrétien.
## Références
- Latin classique
- Latin ecclésiastique
- Tradition liturgique
- Étymologie indo-européenne
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*Ce mot fait partie du [glossaire latin complet](/wiki/glossaire-latin-index) de l'encyclopédie Tradiland, qui recense les principaux termes latins utilisés dans la tradition chrétienne et classique.*