Manque de respect et d'audace outrecuidante. Vice contre la pudeur et la discrétion.
Introduction
L'effronterie est le vice de celui qui manque du respect dû à autrui, particulièrement envers les supérieurs et les anciens. C'est une forme d'impertinence et d'audace outrageuse qui rejette la pudeur et la discrétion qui doivent caractériser les interactions humaines. L'effronté est celui qui parle et agit sans crainte respectueuse, sans égard pour le caractère sacré de la hiérarchie et de l'ordre établi par Dieu.
La nature du vice d'effronterie
L'effronterie est fondamentalement un manque de respect et de révérence envers ceux à qui le respect est dû. Elle est le contraire de la modestie et de la gravité qui sont les compagnes naturelles de la vertu. L'effronté ne craint pas de braver l'ordre établi, de contredire ses supérieurs, de se moquer de l'autorité, de parler à la légère de choses saintes. C'est un manquement grave à la vertu de respect.
L'audace outrecuidante
L'effronterie se manifeste par une audace qui dépasse toute mesure raisonnable. C'est l'audace de celui qui entreprend ce qui ne lui appartient pas, qui parle de ce qu'il ne comprend pas, qui se permet des libertés qu'aucune situation n'autorise. Cette audace est outrecuidante car elle est animée par l'orgueil et le mépris plutôt que par la prudence et le discernement.
La violation de la pudeur et de la discrétion
La pudeur est la vertu qui nous enseigne à respecter ce qui est sacré et à maintenir une certaine réserve dans nos paroles et nos actions. L'effronterie viole cette pudeur en se permettant une familiarité indue, une impertinence, une liberté de ton qu'aucune relation ne justifie. La discrétion est cette sagesse qui sait quand parler et quand se taire. L'effronté n'a aucune de cette sagesse.
Les manifestations de l'effronterie
L'effronterie se manifeste de nombreuses façons : l'insolence envers les supérieurs, la contradiction disrespectueuse, la légèreté dans le comportement envers ce qui est sacré, la moquerie envers les personnes d'autorité, l'impertinence envers les anciens, la familiarité indue avec ceux de rang supérieur, la parole trop libre et sans frein, l'absence de déférence envers les personnes dignes de respect.
L'orgueil sous-jacent
L'effronterie procède presque toujours de l'orgueil. L'effronté croit ne devoir respect à personne, ou refuse d'admettre la supériorité d'autrui. Il s'élève au-dessus de son rang naturel, refuse les limitations que son état lui impose, et cherche à s'égaler à ceux qui lui sont supérieurs. C'est une forme d'insubordination spirituelle.
Le mépris de l'ordre divin
Mépriser l'ordre établi et la hiérarchie, c'est ultimement mépriser l'ordre divin qui a institué cette hiérarchie. Dieu lui-même a établi l'ordre des choses : des supérieurs et des subordonnés, des maîtres et des serviteurs, des pasteurs et des brebis. L'effronterie qui refuse cet ordre est un péché contre l'ordre divin.
La distinction avec le courage juste
Il ne faut pas confondre l'effronterie avec le courage ou la magnanimité. Le courageux défend la vérité au péril de sa vie. Le magnanime entreprend de grandes choses en vue de la gloire de Dieu. L'effronté, lui, rejette le respect par orgueil et par simple impertinence, sans aucune noble cause.
Le rôle de la conscience et de la charité
Celui qui désire se corriger de l'effronterie doit d'abord cultiver le respect envers Dieu et envers le prochain. Il doit apprendre à écouter plutôt qu'à parler impétueusement. Il doit développer la chasteté du cœur et de la langue, la prudence dans ses paroles, et la mansuétude dans son comportement. Il doit chercher à comprendre son rang dans la création et à y accepter la place que Dieu lui a assignée.
Le chemin de la vertu
La vertu opposée à l'effronterie est la modestie, qui sait garder sa place, qui parle avec respect et discrétion, qui reconnaît la supériorité d'autrui. La modestie est le compagnon de la sagesse et de la gravité. Elle enseigne au cœur humain la beauté du silence respectueux, la puissance du regard baissé en présence de ce qui est supérieur, et la force véritable de celui qui sait se contenir.
Cet article est mentionné dans
- Pudeur et Modestie traite de la vertu opposée
- Orgueil et Superbe expose le vice fondamental
- Discrétion et Réserve encadre la vertu connexe
- Vertus et Vices offre un cadre théologique général