Echmiadzin, siège du Catholicos de l'Église apostolique arménienne, abrite la plus ancienne cathédrale d'État du monde chrétien, construite entre 301 et 303. Ce sanctuaire, centre spirituel du peuple arménien, conserve des reliques insignes et incarne la fidélité arménienne au Christ malgré quinze siècles de persécutions.
Introduction
L'Arménie, premier État officiellement chrétien (301), construisit sa cathédrale primatiale à Echmiadzin sur le lieu où, selon la tradition, le Christ descendit du Ciel et indiqua à saint Grégoire l'Illuminateur l'emplacement de l'église à édifier. Cette vision fondatrice fait d'Echmiadzin un lieu sacré entre tous pour les Arméniens.
La cathédrale, reconstruite et embellie au fil des siècles, conserve son plan originel paléochrétien. Les khatchkars (croix de pierre sculptées), art arménien par excellence, ornent l'enceinte. Le trésor comprend des reliques majeures : fragment de l'Arche de Noé (selon la tradition), pointe de la Lance de Longin qui perça le côté du Christ, reliques des apôtres.
L'Église arménienne, bien que séparée de Rome depuis le concile de Chalcédoine (451) pour des raisons théologiques et linguistiques, conserva la foi apostolique et résista héroïquement aux persécutions : invasions arabes, mongoles, ottomanes, soviétiques. Le génocide arménien de 1915, perpétré par les Turcs musulmans, massacra 1,5 million de chrétiens arméniens.
Signification spirituelle
Echmiadzin témoigne de la fidélité du peuple arménien au Christ à travers les siècles de persécutions. Premier peuple chrétien, les Arméniens payèrent très cher leur foi, subissant invasions, massacres, génocide. Leur survie miraculeuse et leur attachement indéfectible à la foi apostolique manifestent que Dieu protège ceux qui demeurent fidèles. Le dialogue œcuménique avec l'Église arménienne doit viser la pleine communion dans la vérité, non le compromis doctrinal.