La participation silencieuse ou active au vice d'un autre, partageant sa culpabilité morale.
Introduction
La connivence avec le péché d'autrui constitue un vice spirituel grave qui consiste à participer, encourager ou tolérer le mal qu'un autre commet. C'est accepter la culpabilité du pécheur en devenant son complice. La morale chrétienne enseigne que celui qui connaît le péché d'autrui et le laisse faire sans le reprendre, ou pire, qui l'encourage ou y participe, en partage la responsabilité morale devant Dieu.
La nature de ce vice
La connivence est une forme de participation au péché d'autrui, soit passivement en le tolérant, soit activement en l'encourageant ou en l'aidant directement. Elle naît de la complicité consciente et volontaire avec le mal. Le complice devient responsable devant Dieu du péché auquel il consent, car il refuse d'utiliser son influence et son autorité pour l'empêcher.
Les manifestations
Ce vice se manifeste par le silence coupable face à l'injustice, l'acceptation tacite du péché d'autrui, l'encouragement explicite ou implicite à mal faire, ou la participation directe aux actes malveillants. La connivence peut être le fait d'amis qui ferment les yeux, de responsables qui tolérent l'abus, ou de complices qui profitent du vice d'un autre pour en tirer avantage.
Les causes profondes
Procède de la lâcheté face aux puissants, de la peur des représailles, ou du refus d'affronter la vérité inconfortable. Peut aussi naître de l'attachement affectif à une personne, du désir de ne pas perdre l'amitié, ou de la recherche du profit personnel aux dépens de la vertu et de la justice.
Les conséquences spirituelles
Entraîne une dégradation morale progressive de l'âme, prive de la grâce divine et compromet profondément l'intégrité spirituelle. Le complice devient responsable devant le jugement divin non seulement de ses propres péchés mais aussi de ceux auxquels il a consenti. L'habitude de la complaisance durcit le cœur et l'éloigne toujours davantage de la vertu.
L'enseignement de l'Église
L'Église enseigne solennellement qu'il ne faut jamais coopérer au mal commis par autrui, notamment lorsqu'on a le devoir et le pouvoir d'y résister. La complaisance face au péché est elle-même un péché grave. On doit reprendre celui qui pèche avec charité et douceur, dénoncer l'injustice, et refuser toute participation à la culpabilité d'autrui.
La vertu opposée
La vertu opposée est la fortitude qui donne le courage de refuser la connivence et de résister au mal, même au prix de sacrifices personnels. C'est aussi la justice qui pousse à défendre les droits des victimes et à s'opposer à l'injustice. La prudence accompagne ces vertus en guidant vers l'action appropriée et efficace.
Le combat spirituel
Demande de cultiver le courage moral pour refuser toute complaisance face au mal et à l'injustice. Il faut examiner sa conscience scrupuleusement pour déceler les formes cachées de connivence. On doit chercher la force de Dieu par la prière pour trouver le courage de dire non, même quand cela coûte personnellement.
Le chemin de la conversion
Passe d'abord par la reconnaissance humble de sa complicité passée et la repentance sincère devant le Seigneur. Il faut demander pardon à Dieu et, si possible, réparation aux victimes du mal auquel on a participé. Le converti s'engage fermement à refuser toute connivence future et à devenir un instrument de justice dans la morale chrétienne.
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