Retable
2 articles
Le Retable d'Issenheim de Grünewald
Le Retable d'Issenheim constitue l'une des expressions les plus puissantes de la souffrance humaine et de la rédemption divine dans l'art occidental. Matthias Grünewald peint une Crucifixion qui interroge le mystère de la souffrance du Christ avec une intensité rarement atteinte. Le corps du Christ, couvert de plaies suppurantes, tordus de douleur, s'oppose à l'arrière-plan doré de la Résurrection. Cette œuvre magistrale, destinée à un hôpital pour malades des plaies et du feu sacré, allie l'expressionnisme gothique tardif à une théologie profonde de la Passion et de la consolation.
Le Retable de Beaune de Van der Weyden
Le Retable du Jugement Dernier de Rogier van der Weyden à l'Hôtel-Dieu de Beaune constitue une déclaration magistrale de l'art flamand du XVe siècle et de la foi catholique triomphante. Ce polyptique géant, peint vers 1450, divise rigoureusement l'humanité en élus et damnés, en sauvés et perdus, avec une clarté eschatologique presque primitive. Chaque figure révèle une psychologie profonde : la dignité tranquille des élus, la douleur et la désespérance des damnés, et au centre, le Christ juge tenant la balance où se pèsent les âmes. C'est une déclaration visuelle de la cosmologie chrétienne, destinée à consoler les malades et les mourants qui le contemplent.